Sous les auspices de son président impotent, la FIFA s’infantilise et se discrédite dans une allégeance voilée sinon une collusion suspicieuse vis-à-vis d’une Maison Blanche intrusive pilotée grossièrement par un POTUS rebelle aux principes des superstructures internationales. À travers des interférences obliques tout au long de cette aventure mondialiste, le Bureau ovale franchit les frontières de la sphère géopolitique pour fourrer son nez pointu – belle longueur – dans les affaires autonomes de la fédération internationale du football. Cette ultime couche d’omnipotence scellée par une connivence athlétique-politique insidieuse octroie à l’Aigle la latitude de prendre des altitudes vers de nouveaux horizons. Plus précisément, vers l’industrie florissante du football, dont les revenus du Mondial 2026 sont projetés à environ treize milliards de dollars. Une telle pactole ne saurait laisser la mafia inoffensive. D’autant que l’un des artisans de la flibusterie internationale est hôte de ces festivités footballistiques qui ont des effets d’entraînement sur plusieurs secteurs incluant marketing, droits de diffusion télévisée, hospitalité et billetterie, etc. Ainsi, dans une fière allure, l’oiseau de proie étale ses ailes sur la planète du Football avec la même condescendance qu’on lui connaît dans l’arène géopolitique. Mauvais signe pour cette belle industrie.
L’amitié fallacieuse entre Gianni et Donald est génératrice d’une série de scénarios grotesques qui se prêtent à des enjeux mesquins et d’un antijeu pernicieux qui forcent un double-standard, toxique alors pour la saine ambiance du football. Depuis les annonces du Mondial 2026, devant être accueilli par le trio de l’Amérique du Nord, le président de la FIFA s’avilit dans l’exercice périlleux de caresser l’animal détraqué dans le sens de son dernier poil décati. En se prêtant au jeu nocif d’approuver les caprices d’un POTUS vaniteux entêté à paraître élégant et tout-puissant en mode réel et virtuel, le patron de la FIFA compromet le fairplay, l’objectivité et la loyauté qui imprègnent ce beau cercle sportif.
Tabernacle ! Le fait d’être hôte de ce méga évènement estival n’autorise ni les USA, le Canada ou le Mexique à tricher ou à dévier le jeu à leurs envies de bas étages. Contrairement à d’autres champs pris en otage par le sophisme et les coups bas, le sport ne se brille que par l’intégrité et la méritocratie. Il est dans l’intérêt du progrès et du capital humain que les pratiques du sport se transmettent aux autres sphères, particulièrement la politique. Pas l’inverse. Pour le bonheur suprême des institutions sacrées qui fondent le socle des interactions humaines, l’intégrité ne doit courber l’échine devant ni la royauté ni la papauté. Peu importe le prix à payer, les vrais leaders demeurent intransigeants au regard de certaines valeurs. Au risque de se vilipender, la FIFA s’incline avec une facilité déconcertante aux injonctions d’une Maison Blanche souillée par l’ambition aveugle de tout dominer. Observateurs et amateurs du sport, notamment du football, nous nous attendions au contraire à un minimum de limites infrangibles à dresser par les dirigeants de la FIFA. Dommage.
Dans tous les types de jeux, si les balises devaient être appliquées à géométrie variable, les funérailles de la confiance entre les acteurs auraient été chantées. Aucune compétition loyale ne serait plus possible. Définitivement, faudrait-il attendre la fin de la Coupe du Monde pour envoyer le signal que le football a regagné ses lettres de noblesse ? Primauté du collectif sur l’individuel, périssent tous ceux par qui le scandale est arrivé pour que toute institution sacrée soit sauvée. En raison de ses multiples ivresses, Gianni Infantino ne devrait-il pas signer sa lettre de démission à la tête de la FIFA ?
Une carte blanche pleine de taches
L’on ne sait par quel chantage ou en contrepartie de quels privilèges indus, la Maison Blanche aurait reçu une carte blanche pour blanchir le rouge ou noircir le blanc, comme bon lui semble. Tout au long du périple du World Cup, les yeux naïfs comme de lynx ont perçu un Infantino bon enfant envers un Trump chthonien. Autour des stades, dans les vestiaires comme sur la pelouse, les USA n’y observent aucune limite. Ils y interfèrent avec arrogance. Tantôt juge, tantôt partie, ce feu-vert à pouvoir traverser même des feux rouges nourrit des suspicions de conflits d’intérêts.
C’est depuis l’aube de l’aventure du Mondial que Gianni Infantino a suscité de vives controverses dans en décernant à Donald Trump un trophée honorifique de la paix. Sans conteste, ce geste relevait d’une volonté manifeste de flatter l’égo surdimensionné d’une créature narcissique. Les esprits censés, tant du cercle sportif qu’académique, étaient stupéfaits devant l’intermède solennel en l’honneur d’un Donald accablé, consolé par Gianni qui lui a remis un proxy du Prix Nobel de la paix de 2026.
Les plus curieux continuent de s’interroger pour quels services rendus à l’humanité Donald Trump mériterait-il un titre honorifique qui vise à récompenser la décence, l’excellence et la magnificence dans les dynamiques de société. Alors que le constat est qu’au cours de son existence humaine et politique, Donald Trump adopte plutôt une attitude diamétralement opposée à de telles valeurs. En dépit de sa position prestigieuse qui requiert une posture irréprochable, Donald Trump maintient son imposture obsessionnelle d’antan incarnée dans son slogan « You Are Fired ». Il humilie la gente féminine, il persécute les communautés sous-représentées, il perturbe l’équilibre de la planète, il défie la science. Donald Trump se révèle un champion de la confusion, la discorde et la déstabilisation des institutions sacrées.
Serait-ce alors en vertu de sa mysogine, sa xénophobie et sa ténacité à multiplier les hostilités militaires, les incidences diplomatiques et les dispersions économiques dans un syndrome MAGA que la FIFA perçoit en cet homme une âme à la Mandela ou à la Mère Teresa ? Come on ! Au cours de cette gouvernance d’une extrême droite extrémiste qui transforme la doctrine Monroe en une version plus cruelle baptisée de Donroe, les actes arbitraires avalent du terrain.
Les invasions et intrusions transatlantiques ont débordé le périmètre de l’Amérique pour s’étendre vers l’Europe et l’Asie avec une grandiloquence inédite. Jugez-en par les taxes douanières irrégulières, les convoitises démesurées pour l’or noir ou les gisement de terres rares dans le Groenland. Que dire des multiples menaces et interventions cavalières de l’Aigle qui envisage de dévorer tous les poussins qui ne s’alignent pas sur ses pratiques asymétriques ?
Mille fois déjà, l’attitude despotique de l’actuelle administration a été vue à l’œuvre sur le plan commercial, politique et diplomatique. Depuis son investiture, Donald Trump s’illustre par ses maladresses sur le terrain des institutions internationales comme un éléphant dans un magasin de faïence. Tout au long de son passage cyclonique, il dévalise, désacralise et déstabilise tout ce qui est sacré. Son point fort consiste à créer la pagaille entre les nations et les institutions internationales. De prestigieuses agences telles que l’OMS et l’OTAN en ont fait les frais.
Aujourd’hui, le président de la FIFA semble nager dans l’ivresse en livrant à ce président en démence les clés et les secrets de la FIFA comme a été offerte la tête de Jean Baptiste sur un plateau d’argent. Les dieux seraient-ils tombés sur la tête ?
Faux-pas inexpiables
Devant l’opulence et l’omnipotence de sa majesté, la lâcheté et la partialité font rage au cours du déroulement de la Coupe du Monde 2026. De multiples impairs ont été recensés, dont particulièrement les abus contre plusieurs travailleurs accrédités ainsi que des délégations officielles du Mondial interdites de fouler le sol des USA. Dans la mesure où de telles discriminations n’avaient pas soulevé la colère de la FIFA, le monde y respirait dans ce rendez-vous Mondial un zeste d’indignité. En particulier, la communauté du football n’a rien compris de l’attitude passive de la FIFA vis-à-vis de l’humiliation de l’arbitre somalien contraint de retourner à son pays sans pouvoir honorer son contrat d’arbitrage au Mondial.
Cet arbitre officiel pris dans l’œil du cyclone de la bêtise migratoire n’a pas été convenablement défendu par l’administration de la FIFA. S’ajoute à cette liste défavorable à l’image d’Infantino l’accueil xénophobe de certaines sélections. La mesure tardive de l’extinction de la lumière de Vertières sur le maillot des Grenadiers n’a pas été anodine non plus. Enfin, Infantino aurait pu également éviter les scandales de la cécité volontaire ou la vision jaillissante du VAR selon que cette revue de la vidéo pénalise telle équipe nationale ou avantage telle autre.
Cerise sur le gâteau empoisonné. Le paroxysme de la bêtise a été atteint lorsqu’en plein milieu de la planète du Football, un extraterrestre y est atterri pour déréguler et imposer ses propres lois. Cet électrochoc d’un carton rouge écopé par Folarin Balogun grossièrement annulé sous les pressions de Donald Trump, a été encaissé comme la frappe d’un géant astéroïde tombé sur notre globe. Donald Trump y a été très loin dans son ingérence dans les six mètres de la FIFA. Sans nul doute, il s’agit de l’apothéose de la bêtise de cette amitié présidentielle tissée par des liens frauduleux.
Dans cette partialité flagrante où la FIFA a endossé plusieurs contraintes défavorables à des équipes nationales, l’avenir de l’industrie du football serait en péril. Le monde sportif continue de se questionner sur les intérêts du mutisme de la FIFA face à nombreux incidents provoqués par les USA. Alors que comme la justice, le football ne saurait vivre de scandales, le patron de la FIFA n’est pourtant pas enclin à y apporter des clarifications. Car, pendant que les vacarmes s’intensifient, les deux présidents de l’ovale et du rond coulent du vodka et mangent du caviar dans les parages de la Maison Blanche ou au Trump Tower. La FIFA y est d’ailleurs logée pendant ce Mondial dont les revenus sont estimés à plus de dix milliards de dollars.
Jamais la fédération internationale du football n’a été aussi scandalisée au cours de l’ère moderne du sport roi. Tandis que l’administration de la FIFA requiert autonomie et un niveau d’objectivité indéfectible, Infantino s’est montré à la hauteur d’un gamin de la classe enfantine-un. Autant que Donald Trump, Gianni Infantino est aujourd’hui très décrié. Ses détracteurs prédisent déjà qu’à défaut de sa démission, ce sera uniquement par les couloirs de la corruption et de la cooptation que ce président indécent sera réélu à la tête de la FIFA.
Carly Dollin

