13 juillet 2026
ECOSOC | L’ONU trace la voie vers 2030 : Haïti, pays sous assistanat et sans autorité légitime depuis 2021, peut-elle prétendre avancer vers cet horizon ?
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ECOSOC | L’ONU trace la voie vers 2030 : Haïti, pays sous assistanat et sans autorité légitime depuis 2021, peut-elle prétendre avancer vers cet horizon ?

High-level Segment, including the three-day Ministerial Segment of the HLPF | Economic and Social Council

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New York, 13 juillet 2026 — L’ECOSOC débat à New York de transformation économique, d’équité sociale, d’innovation publique et de coordination internationale à l’horizon 2030. Haïti s’y présente pourtant avec un pouvoir dépourvu de mandat électoral, un Parlement inexistant, une administration désarticulée, une économie sous contrainte et plus d’un million de déplacés vivant sous des tentes ou dans des abris provisoires. La ministre de facto de la Planification, Sandra Paulemon, peut-elle défendre une trajectoire de développement durable lorsque l’État qu’elle représente, plongé dans une « opacité totale« , ne garantit plus la sécurité, la continuité institutionnelle ni la reddition de comptes ?

Les indicateurs macroéconomiques traduisent une dégradation prolongée. L’inflation érode le pouvoir d’achat, le coût du transport alimente la hausse générale des prix et les carburants figurent parmi les plus chers de la région. Cette pression renchérit les coûts de production, ampute les marges des rares entreprises qui refusent toute complaisance avec le gouvernement de doublure, fragilise les petits commerçants et accélère l’informalisation de l’économie. Les gangs, en contrôlant des axes routiers et des zones commerciales, imposent une prime de risque qui fonctionne comme une taxe clandestine sur les ménages et les entreprises.

Un pays placé sous assistanat peut-il sérieusement se projeter vers l’horizon 2030 ? La crise des déplacés constitue, elle aussi, un choc économique durable. Des familles entières ont perdu leur logement, leur emploi, leur commerce, leurs terres agricoles et leurs réseaux de solidarité. La promiscuité, l’insalubrité et la dépendance à l’aide humanitaire se substituent progressivement à l’autonomie productive. Cette désorganisation affaiblit le capital humain, contracte la productivité et accroît les besoins futurs en matière de santé, de logement et de protection sociale.

Le déficit de légitimité politique aggrave cette paralysie. Depuis 2021, aucun pouvoir issu des urnes ne gouverne effectivement le pays. L’absence de Parlement prive l’action publique de contrôle budgétaire, limite l’évaluation des dépenses et favorise les décisions par décret ou arrangements administratifs. Parallèlement, l’affaiblissement de l’ULCC réduit la capacité d’enquêter sur les membres du gouvernement et les hauts responsables de l’État, augmentant les risques de captation des ressources, de favoritisme contractuel et de corruption institutionnelle.

Haïti peut participer à l’ECOSOC, mais sa présence ne vaut ni réforme, ni financement, ni progrès. Au retour de New York, Sandra Paulemon devra publier le coût de la mission, la composition de la délégation, les projets soumis, les montants sollicités et les engagements obtenus. Sans ces données, l’Agenda 2030 restera un slogan diplomatique de plus, pendant que le pays s’enfonce dans la récession institutionnelle, la fragmentation territoriale et la pauvreté de masse.

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