12 juillet 2026
Basketball – AmeriCup : ces 5 Grenadiers font sensation au Guyana cette semaine
Actualités Sport

Basketball – AmeriCup : ces 5 Grenadiers font sensation au Guyana cette semaine

Huit ans après leur dernière sortie officielle, les Grenadiers ont retrouvé le chemin des parquets internationaux. Du 8 au 12 juillet 2026, la sélection masculine haïtienne de basketball 5×5 dispute au Cliff Anderson Sports Hall de Georgetown les pré-qualifications caribéennes de la FIBA AmeriCup 2029, un tournoi qui doit désigner l’unique billet du groupe B pour le tour suivant des éliminatoires.

Un retour à haut risque, mais un sursaut collectif

Placée dans le groupe B aux côtés de la Barbade, de la Grenade, des Îles Caïmans et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Haïti a immédiatement mesuré la difficulté de l’exercice. Pour ce baptême du feu, l’équipe a tenu tête à la Barbade pendant la première mi-temps, ne concédant que deux points d’écart à la pause, avant de céder en seconde période et de s’incliner 91 à 68 le 9 juillet.

La réaction n’a pas tardé. Dès le lendemain, portés par une défense solide et une bonne circulation de balle, les Grenadiers ont dominé la Grenade 89 à 70, avec un Lee Dort auteur d’un double-double à 22 points et 10 rebonds. Le lendemain, Haïti a enchaîné une deuxième victoire consécutive, 100 à 66 face à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, dépassant pour la première fois de la campagne la barre des 100 points, Ronaldo Segu terminant la rencontre avec 24 points, 7 rebonds, 5 passes décisives et une interception. Ce dimanche 12 juillet, la sélection affronte les Îles Caïmans dans un match qui doit sceller son sort dans cette phase de groupes.

Au-delà du résultat sportif, ce retour porte une charge symbolique forte pour la fédération haïtienne. Sébastien Sanon, directeur général de l’équipe nationale et recruteur pour les Philadelphia 76ers en NBA, présente cette campagne comme le premier pas d’une renaissance du basketball haïtien, conçue comme un mouvement dépassant le seul cadre sportif. Le groupe, composé de douze joueurs, dont dix évoluant à l’étranger et deux dans le championnat national, s’est rassemblé à Miami le 1er juillet avant de rallier le Guyana</cite>, un déplacement rendu possible grâce au soutien de partenaires et de la diaspora.

Voici les portraits de cinq Grenadiers qui font parler d’eux à Georgetown — une sélection établie à partir des statistiques individuelles officielles publiées par la FIBA sur l’ensemble des trois premières journées du tournoi.

Cady Lalanne, le vétéran pivot qui a déjà tout vu

Âge : 34 ans (né le 22 avril 1992) · Taille : 2,08 m · Poste : Pivot · Club actuel : NLEX Road Warriors (PBA, Philippines)

Cady Lalanne est, de loin, le nom le plus connu de cette sélection. Né à Port-au-Prince, il déménage aux États-Unis à l’âge de 7 ans et grandit à Orlando, en Floride, où il se révèle au lycée Oak Ridge. Il rejoint ensuite l’université du Massachusetts (UMass) en 2011, où il devient l’un des trois seuls joueurs de l’histoire du programme à cumuler plus de 1 000 points, 800 rebonds et 100 contres, avant d’être nommé dans la meilleure équipe de l’Atlantic 10 lors de sa dernière saison. Ce parcours universitaire lui vaut d’être sélectionné par les Spurs de San Antonio au deuxième tour (55e choix) de la draft NBA 2015.

Depuis, direction le monde entier : il a porté les couleurs de clubs en Chine, en Italie, en Turquie, en Espagne, en Corée du Sud, au Liban et à Taïwan, avant de s’engager en 2026 dans le championnat philippin. Après avoir été libéré par le club taïwanais de Kaohsiung en janvier, il a signé chez les NLEX Road Warriors pour la Commissioner’s Cup de la PBA, avec en prime un prêt éclair à Meralco lors de la East Asia Super League, où il a terminé meilleur marqueur des Bolts avec 18 points lors de son unique apparition sous ce maillot — un club (NLEX Road Warriors, Philippines) que la FIBA confirme d’ailleurs comme son équipe actuelle pour ce tournoi. À Georgetown, l’intérieur haïtien a lancé la campagne des Grenadiers en patron : 18 points, 7 rebonds et 4 passes décisives dès le match d’ouverture contre la Barbade, la meilleure sortie individuelle haïtienne de la rencontre. Sur l’ensemble des trois premières journées, ses statistiques officielles FIBA s’établissent à 15,0 points, 5,0 rebonds et 3,7 passes décisives de moyenne par match, avec 50 % de réussite aux tirs.

Lee Dort, l’espoir universitaire de Californie

Âge : 23 ans (né le 25 novembre 2002) · Taille : 2,08 m · Poste : Pivot/Ailier fort · Club actuel : California Golden Bears (NCAA)

Lee Dort est né à Saint-Marc, en Haïti, avant de s’installer avec sa famille à McKinney, au Texas, où il a grandi. Fils de Gessie Augustin Dort et de Kider Dort, il attribue à cette double culture haïtienne et texane une partie de sa discipline et de son état d’esprit. Il se révèle au lycée Greenhill School d’Addison, où il tourne en moyenne à 16,8 points et 11,8 rebonds par match lors de sa dernière année, ce qui le fait entrer dans le top 100 national des recrues.

Son parcours universitaire l’a mené de Vanderbilt à la University of California, Berkeley : signé par les Golden Bears en 2024 comme transfert, il rejoint le programme après deux saisons chez les Commodores, où il a affiché 12 contres et 65 % de réussite au tir en 17 matchs lors de sa première année. Sous les couleurs de Cal, sa progression est nette : sur la saison 2025-2026, il tourne à 8,1 points, 7,8 rebonds et 0,9 passe décisive par rencontre. En Haïti, où il porte désormais le maillot national pour la première fois dans une compétition FIBA officielle, il s’est immédiatement imposé comme le meilleur rebondeur du tournoi, toutes équipes confondues : auteur d’un double-double décisif face à la Grenade (22 points, 10 rebonds, une interception), il a ensuite signé une performance retentissante de 22 rebonds captés face à Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Sur l’ensemble des trois premières journées, les statistiques officielles FIBA le créditent de 13,0 points et surtout 15,3 rebonds de moyenne par match — la meilleure marque de toute la compétition — pour la meilleure évaluation individuelle de l’équipe (25,0 d’efficacité par match).

Ronaldo Segu, le métronome passé par la Grèce, la Serbie et l’Allemagne

Âge : 26 ans (né le 16 septembre 1999) · Taille : 1,83 m · Poste : Meneur · Club actuel : Iraklis (Grèce, Stoiximan GBL)

Né à Orlando, en Floride, d’ascendance haïtienne, Ronaldo Segu a disputé son basketball universitaire chez les Buffalo Bulls, de 2018 à 2022. Sa carrière professionnelle s’est ensuite construite en Europe, club après club : un premier passage remarqué en Grèce avec Psychiko, où il est élu MVP du championnat de deuxième division, puis des étapes en Serbie avec Borac Čačak, en Allemagne avec Bamberg, et en Israël avec le club de Ramat Gan. Fin mars 2026, il s’est engagé avec Iraklis, en première division grecque, après avoir tourné à 16,9 points et 6,2 passes décisives de moyenne en Israël — la fiche officielle du tournoi le crédite toutefois encore de son club précédent, le Maccabi Ironi Ramat Gan, signe que son enregistrement en sélection remonte à avant ce dernier transfert.

Sur le parquet du Cliff Anderson Sports Hall, le meneur haïtien a rapidement pris les commandes de l’attaque des Grenadiers, au point d’en devenir le meilleur marqueur. Sa prestation référence reste sa sortie à 24 points, 7 rebonds, 5 passes décisives et une interception face à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, une performance qui a contribué à faire franchir à Haïti la barre symbolique des 100 points. Sur l’ensemble des trois premières journées, les statistiques officielles FIBA le placent en tête de l’équipe avec 18,3 points de moyenne par match, tout en étant également le meilleur passeur des Grenadiers avec 4,7 passes décisives par rencontre.

Webster Simeus, l’intérieur voyageur devenu sentinelle défensive

Âge : 27 ans (né fin 1998/début 1999 selon les sources) · Taille : 2,03 m · Poste : Ailier fort/Pivot · Club actuel : un club lituanien de deuxième division

Né à North Miami, en Floride, de parents haïtiens, Webster Simeus a construit son parcours universitaire aux États-Unis avant de sortir diplômé de York University, dans le Nebraska, en 2022. Sa carrière professionnelle l’a depuis promené sur plusieurs continents : il a joué en Azerbaïdjan, au Danemark, en Grèce, et même en Palestine, avant de rejoindre le championnat lituanien de deuxième division, où il évolue actuellement (à noter : les sources consultées ne s’accordent pas exactement sur le nom de son club lituanien actuel ni sur sa date de naissance précise, deux détails à traiter avec prudence pour un joueur qui change fréquemment de championnat). Sa saison lituanienne a été marquée par plusieurs pics statistiques : 24 points inscrits en décembre 2025 contre M Basket-Delamode, puis 17 rebonds captés début janvier 2026 face à Žalgiris Kaunas II</cite>.

En sélection, Simeus s’est imposé comme le rempart défensif des Grenadiers et l’un des joueurs les plus efficaces de l’équipe. Sur l’ensemble des trois premières journées, les statistiques officielles FIBA le créditent de 9,7 points, 6,0 rebonds et 3,0 passes décisives de moyenne, avec un remarquable 75 % de réussite aux tirs. Il est également le meilleur intercepteur de la sélection (2,0 interceptions par match) et l’un de ses meilleurs contreurs (1,3 contre par match), pour la troisième meilleure évaluation individuelle de l’équipe (19,0 d’efficacité par match).

Jean Woodlay Ulysse, l’arrière local le plus efficace du groupe

Âge : 26 ans (né le 9 mai 2000) · Taille : 1,91 m · Poste : Arrière · Club actuel : championnat national haïtien (cité comme Mache Ti Tony par la Fédération haïtienne de basketball)

Avec Wadson Ambroise, Jean Woodlay Ulysse est l’un des deux seuls joueurs de cette sélection à évoluer encore dans le championnat national haïtien — une rareté dans un effectif largement composé de binationaux et de joueurs de la diaspora installés en Amérique du Nord, en Europe ou en Océanie. Son arrivée dans la délégation n’a d’ailleurs pas été de tout repos : la Fédération haïtienne de basketball a indiqué que lui et Ambroise avaient rejoint le groupe avec retard, en raison de difficultés liées à leur autorisation de transit par la République dominicaine.

Une fois sur le parquet, l’arrière haïtien a répondu présent. Absent de la feuille de match lors de la défaite inaugurale contre la Barbade, il est entré dans la rotation dès le match suivant et n’a plus quitté le cinq de Nick Friedman. Les statistiques officielles du tournoi le créditent, sur ses deux sorties, de 7,0 points, 1,7 passe décisive et 1,0 interception de moyenne — avec un très solide 56,3 % de réussite aux tirs, la meilleure adresse de toute l’équipe haïtienne parmi les joueurs à volume de tirs significatif. Rapporté à son temps de jeu (à peine 14 minutes en moyenne), son évaluation individuelle (7,3 d’efficacité par match) dépasse celle de plusieurs cadres plus expérimentés du groupe, preuve qu’un jeune joueur formé et resté au pays peut, minute pour minute, rivaliser avec les binationaux professionnels de la sélection.


Haïti dispute ce dimanche 12 juillet son dernier match de la phase de groupes face aux Îles Caïmans, à Georgetown. Seule la première place du groupe B offre une place pour le tour suivant des pré-qualifications de la FIBA AmeriCup 2029.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.