Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 08 juillet 2026
Le Programme d’Appui à l’Innovation Technologique de l’Agroforesterie (PITAG) est aujourd’hui au centre d’interrogations grandissantes dans le département du Nord. Plusieurs acteurs du secteur agricole, des producteurs et des observateurs de la gestion publique dénoncent une gouvernance qu’ils jugent opaque et réclament l’ouverture d’une enquête par l’ (ULCC).
Selon ces critiques, des ressources importantes auraient été mobilisées dans le cadre du PITAG sans que les résultats attendus soient clairement visibles sur le terrain. Les interrogations portent notamment sur la sélection des bénéficiaires, la réalisation des activités, les dépenses engagées ainsi que l’impact réel du projet sur les communautés agricoles.
Les « tables sectorielles » au cœur des interrogations
Parmi les activités les plus contestées figurent les tables sectorielles organisées sous la supervision de la Direction départementale du Nord de l’Agriculture.
Des acteurs du secteur soutiennent que ces rencontres auraient mobilisé des ressources financières importantes sans produire les retombées annoncées en matière de planification agricole, de concertation ou d’accompagnement des producteurs. Ces critiques alimentent les demandes d’un audit indépendant portant sur les coûts, les procédures administratives, les contrats conclus et les résultats effectivement obtenus.
Ces allégations n’ont pas été établies par une décision judiciaire et appellent donc des vérifications approfondies.
Un appel à la transparence
Dans ce contexte, des informations circulent selon lesquelles Dieu Francene, directeur départemental de la Planification, aurait exprimé la nécessité d’une rupture avec certaines pratiques administratives et d’un renforcement de la transparence dans la gestion des projets de développement agricole. Si ces déclarations sont confirmées, elles traduiraient une volonté d’améliorer les mécanismes de contrôle et de redevabilité.
Pourquoi une enquête de l’ULCC est demandée
Les personnes qui réclament l’intervention de l’ULCC estiment qu’une enquête devrait notamment examiner : la gestion financière du PITAG dans le département du Nord ; les procédures de passation des marchés et d’engagement des dépenses ; les critères de sélection des bénéficiaires ; les rapports d’exécution et les pièces justificatives ; l’organisation et le financement des tables sectorielles ; la conformité entre les activités annoncées et les réalisations effectivement observées.
Une telle démarche permettrait soit d’écarter les soupçons si les procédures ont été respectées, soit d’identifier d’éventuelles irrégularités et les responsabilités qui en découleraient.
La nécessité de faire toute la lumière
Les projets de développement agricole sont financés pour améliorer les conditions de vie des producteurs et renforcer la sécurité alimentaire. Toute interrogation sur leur gestion mérite donc une réponse claire et documentée.
C’est pourquoi les appels à un audit indépendant et à une enquête de l’ULCC se multiplient. Dans un État de droit, la transparence protège autant les institutions contre les accusations infondées qu’elle permet de sanctionner les irrégularités lorsqu’elles sont démontrées.
La confiance des agriculteurs, des contribuables et des partenaires techniques dépend de cette exigence de vérité. Seule une enquête rigoureuse permettra d’établir les faits et, le cas échéant, de situer les responsabilités dans le strict respect de la loi.
Reynoldson Mompoint
Avocat au Barreau de Mirebalais
Journaliste
Communicateur Social
+50937186284

