Le gouvernement devrait fixer le prix du gallon d’essence à 250 gourdes afin de contribuer à atténuer les effets de la crise économique et de l’inflation qui frappent le pays.
Nous saluons toutefois l’initiative visant à ajuster le prix des carburants en fonction de l’évolution des cours sur le marché international.
Cependant, compte tenu du caractère transversal de la question du carburant en Haïti, une baisse plus importante du prix de l’essence profiterait à l’ensemble de la population : les ménages, les élèves, les étudiants, les fonctionnaires de l’administration publique, les transporteurs ainsi que les couches les plus défavorisées.
C’est pourquoi nous demandons au gouvernement et au Comité de normalisation de poser un geste historique en fixant le prix du gallon d’essence à 250 gourdes. Une telle mesure contribuerait à soulager la population, à réduire le coût des transports et à soutenir le pouvoir d’achat des citoyens dans un contexte économique particulièrement difficile.
D’un point de vue économique, cette proposition s’inscrit dans plusieurs approches théoriques. Selon la théorie du coût de production, une diminution du prix de l’énergie peut contribuer à réduire les coûts de transport et de production, ce qui peut, dans certaines conditions, limiter les pressions sur les prix des biens et services. Par ailleurs, l’approche keynésienne considère que des mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat des ménages peuvent soutenir la consommation et favoriser l’activité économique, en particulier en période de ralentissement.
Enfin, la théorie de l’État-providence rappelle que les pouvoirs publics peuvent intervenir sur certains biens stratégiques afin d’atténuer les effets des crises économiques sur les populations les plus vulnérables. Dans le contexte haïtien, où le carburant influence directement les coûts du transport, de l’alimentation et de nombreuses activités économiques, une politique de réduction du prix de l’essence pourrait constituer un instrument de soutien social et économique, à condition qu’elle soit accompagnée d’une gestion budgétaire responsable et durable.
Chaque pays dispose de ses propres instruments et politiques économiques pour lutter contre l’inflation. Selon sa situation économique, son niveau de développement et ses priorités, l’État peut agir par des politiques monétaires, budgétaires, fiscales ou encore par des interventions ciblées sur les prix de certains biens stratégiques afin de préserver le pouvoir d’achat de la population et de soutenir l’activité économique.
Alceus Dilson
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