L’inquiétude grandit au sein de la diaspora haïtienne après les récentes décisions judiciaires ouvrant la voie à la suppression du statut de protection temporaire (TPS) dont bénéficient plus de 330 000 ressortissants haïtiens établis aux États-Unis.
Cette protection, instaurée après le séisme de 2010 puis renouvelée à plusieurs reprises en raison de la dégradation continue de la situation en Haïti, leur permettait jusqu’à présent de travailler légalement et d’échapper aux procédures d’expulsion
La décision de la Supreme Court of the United States favorable à l’administration du président Donald Trump autorise désormais le gouvernement fédéral à mettre fin à ces protections, malgré les recours introduits devant plusieurs juridictions fédérales. Les organisations de défense des droits humains redoutent une accélération des expulsions dans les prochains mois.
Plusieurs associations, dont Human Rights Watch, estiment que ces renvois pourraient intervenir alors qu’Haïti traverse l’une des crises sécuritaires et humanitaires les plus sévères de son histoire récente, marquée par l’expansion des groupes armés, les déplacements massifs de population et l’effondrement d’importants services publics.
Présente principalement en Florida, dans l’État de New York, au Massachusetts ainsi qu’au New Jersey, la communauté haïtienne se prépare désormais à une longue bataille juridique et politique afin de préserver un statut qui, pour beaucoup de familles installées depuis plus d’une décennie, constitue la seule base légale de leur présence sur le territoire américain.

