Haïti : près de 1,5 million de déplacés, l’OIM appelle à un engagement durable
Port-au-Prince, 7 juin 2026 — La violence armée en Haïti a porté le nombre de déplacés internes à près de 1,5 million de personnes, selon de nouvelles données publiées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’agence onusienne avertit que la crise humanitaire atteint un niveau inédit, avec des familles contraintes de fuir à plusieurs reprises, sans perspective immédiate de sécurité.
En mai, de nouvelles attaques à Cité Soleil, à Port-au-Prince, ont déplacé plus de 18 000 personnes en quelques jours. Pour la première fois, le nombre de déplacés internes dans la capitale dépasse les 300 000. Le chef de mission de l’OIM en Haïti, Grégoire Goodstein, décrit une crise « de plus en plus alarmante », marquée par des trajectoires de fuite extrêmes, parfois à travers la mer, les champs boueux et les zones contrôlées par les gangs.
L’insécurité gagne désormais des zones jusqu’ici considérées comme des espaces de refuge. Dans le Sud-Est, plus de 5 000 personnes ont été déplacées après des attaques armées récentes, confirmant l’effritement des derniers points d’accueil pour les populations en fuite. À cette pression s’ajoutent plus de 110 000 Haïtiens renvoyés vers le pays depuis le début de 2026, dont des enfants non accompagnés, des femmes enceintes et des mères en période postnatale.
Les besoins humanitaires demeurent massifs : abris, nourriture, eau potable, soins de santé, accompagnement psychosocial et protection contre l’exploitation. L’arrivée de la saison cyclonique accroît les risques pour les familles vivant dans des abris temporaires surpeuplés. L’OIM et ses partenaires poursuivent l’assistance d’urgence, mais rappellent que la réponse doit dépasser le secours immédiat : sécurité, services de base, documents d’identité et accès au travail sont nécessaires pour éviter l’enlisement d’une crise devenue structurelle.


