1 juin 2026
L’IDHDH officiellement lancé au Cap-Haïtien sous le signe des droits humains et de l’engagement citoyen
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L’IDHDH officiellement lancé au Cap-Haïtien sous le signe des droits humains et de l’engagement citoyen

Le lancement officiel de l’Institut pour les Droits Humains et le Développement Durable en Haïti (IDHDH) s’est tenu ce dimanche 31 mai 2026 au Cap-Haïtien, lors d’une cérémonie marquée par des appels en faveur de la justice, du respect des droits fondamentaux et du renforcement de l’État de droit.

L’activité a débuté avec l’accueil des invités, avant que l’assistance n’entonne l’hymne national haïtien sous la conduite d’AliX Salomon, avocat au Barreau du Cap-Haïtien et conseiller de l’IDHDH. Ce dernier a ensuite procédé à la présentation de l’intervenant principal, Me Jean-Bernard Élie, avocat, professeur d’université, ancien substitut commissaire du gouvernement et secrétaire général de l’organisation.

Prenant la parole devant des membres du Cabinet Jean-Bernard Élie, des défenseurs des droits humains et des représentants de la presse, Me Élie a replacé la création de l’IDHDH dans le contexte de la crise que traverse le pays.

Selon lui, la naissance de l’institution constitue une réponse citoyenne aux difficultés auxquelles fait face Haïti, notamment l’insécurité, l’impunité et les atteintes répétées aux droits fondamentaux.

« Prendre l’initiative de créer un tel institut en Haïti aujourd’hui n’est pas un acte ordinaire. C’est un acte de foi, de résistance et de responsabilité civile », a déclaré Me Jean-Bernard Élie.

Le secrétaire général de l’IDHDH a également expliqué le choix symbolique de la date du lancement, coïncidant avec la célébration de la Fête des Mères. Il a rendu hommage au rôle des femmes dans la défense quotidienne de la dignité humaine et rappelé les difficultés auxquelles elles demeurent confrontées.

« Les mères sont les premières gardiennes de la dignité humaine », a soutenu l’ancien substitut commissaire du gouvernement, soulignant que la défense des droits humains commence souvent dans les familles et les communautés.

Au cours de son intervention, Me Élie a présenté les principaux axes d’intervention de l’IDHDH. L’organisation entend notamment promouvoir l’éducation aux droits humains, assister les personnes arrêtées arbitrairement en situation de vulnérabilité économique, dénoncer les cas de corruption et d’impunité, exiger la reddition de comptes des autorités publiques, soutenir les femmes victimes d’agressions sexuelles et collaborer avec différents secteurs autour du développement durable.

L’intervenant a insisté sur la mission de l’institution, qu’il a décrite comme « claire, ferme et non négociable », visant à assurer la protection et la promotion des droits fondamentaux de tous les citoyens sans distinction.

La cérémonie a également servi de cadre à la présentation de données statistiques relatives aux prisons civiles du Cap-Haïtien et de Fort-Liberté. Les chiffres dévoilés mettent en évidence l’ampleur de la détention préventive prolongée dans ces établissements carcéraux. Selon les données exposées, près de 88 % des détenus de la prison civile du Cap-Haïtien et environ 90 % de ceux de Fort-Liberté se trouvent en détention sans condamnation définitive.

Pour Me Élie, ces statistiques illustrent les difficultés structurelles du système judiciaire haïtien et renforcent la nécessité d’une mobilisation institutionnelle et citoyenne.

S’adressant enfin à l’État et à la jeunesse haïtienne, le secrétaire général de l’IDHDH a plaidé pour une collaboration constructive tout en appelant à un engagement collectif autour de la défense des droits humains.

« Les droits ne se donnent pas, ils se défendent ensemble », a affirmé Me Jean-Bernard Élie, invitant citoyens, professionnels et organisations à accompagner l’initiative.

La cérémonie s’est achevée sur un message d’espoir et un hommage aux mères, tandis que les responsables de l’IDHDH ont réaffirmé leur volonté de faire de cette institution un espace de plaidoyer, d’accompagnement et de promotion des droits humains en Haïti.

Gislène Guerrier
gislene.guerrier@gmail.com

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