L’INDDESC LANCE UN APPEL SOLENNEL À LA NATION ET À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
L’Institut National pour la Défense des Droits Économiques, Sociaux et Culturels (INDDESC) exprime sa plus vive inquiétude face à l’aggravation sans précédent de la situation des droits humains en Haïti.
Des massacres de La Saline, Grand-Ravine, Tokyo, Liancourt, Pont-Sondé, etc. Des attaques contre des institutions vitales comme l’Hôpital Général, en passant par l’expansion des violences armées jusqu’à Kenscoff, des viols collectifs réalisés dans des circonstances cruelles, notre pays assiste depuis plusieurs années à une succession tragique de crimes qui témoignent de l’effondrement progressif de l’autorité publique et de l’État de droit.
Les chiffres disponibles auprès des organismes internationaux sont alarmants : plus de 5 600 personnes tuées en 2024 ; Plus de 2 200 blessés ; Près de 1 500 enlèvements contre rançon ; plus de 1,3 million de déplacés internes ; Des milliers de victimes de violences sexuelles, dont de nombreux cas de viols collectifs ; Des dizaines de détenus morts dans des prisons caractérisées par des conditions inhumaines et dégradantes.
Derrière ces statistiques se cachent des vies brisées, des familles détruites, des enfants traumatisés, des femmes violentées, des communautés abandonnées et une nation plongée dans une souffrance profonde.
L’INDDESC considère que la répétition des massacres, l’utilisation systématique de la terreur contre les populations civiles, l’occupation de vastes territoires par des groupes armés, les déplacements forcés de populations et l’impunité persistante constituent l’une des plus graves crises de droits humains de l’histoire contemporaine d’Haïti.
Pendant que des milliers de citoyens sont contraints de fuir leurs maisons, que des quartiers entiers disparaissent sous la violence et que des institutions publiques cessent progressivement de fonctionner, la population haïtienne continue de payer le prix le plus élevé de l’échec collectif des autorités nationales et de l’insuffisance des réponses internationales.
L’INDDESC estime que le silence n’est plus une option. Le silence face aux massacres nourrit l’impunité. Le silence face aux déplacements forcés normalise la souffrance. Le silence face aux violences sexuelles abandonne les victimes. Le silence face à l’effondrement des institutions prépare l’effondrement de la République elle-même.
En conséquence, l’INDDESC :
- Exige l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les massacres et crimes graves commis contre les populations civiles ;
- Demande la mise en place de mécanismes effectifs de protection pour les personnes déplacées internes ;
- Appelle au renforcement urgent des institutions judiciaires afin de combattre l’impunité ;
- Exige des mesures immédiates pour garantir le respect de la dignité humaine dans les centres de détention ;
- Invite la communauté internationale à soutenir les efforts visant à restaurer la sécurité, la justice et les droits fondamentaux du peuple haïtien.
L’histoire jugera sévèrement l’inaction face à la tragédie que traverse actuellement Haïti.
Face à l’effondrement sécuritaire, à la crise humanitaire et à la progression continue des violations des droits humains, il est du devoir de chaque citoyen, de chaque institution et de chaque acteur national ou international de refuser l’indifférence.
Frédo Jean Charles, Avocat.

