Le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) prend acte de la publication du nouveau décret régissant les activités minières en Haïti, adopté par le gouvernement de transition et publié dans le journal officiel Le Moniteur du 30 mars 2026.
Le RDNP reconnaît que les ressources minières peuvent constituer, dans certains pays, un levier de création d’emplois, de diversification économique et d’investissements stratégiques. Haïti ne peut rester éternellement en marge des transformations économiques mondiales ni ignorer le potentiel de son sous-sol. Cependant, le RDNP considère que la manière dont ce décret a été adopté soulève de graves inquiétudes démocratiques, environnementales, institutionnelles et sociales.
Dans un contexte marqué par l’effondrement des institutions publiques, l’insécurité généralisée, l’absence de Parlement fonctionnel, la faiblesse des capacités de contrôle de l’État et la crise profonde de confiance entre citoyens et autorités publiques, engager le pays sur la voie de l’exploitation minière à grande échelle sans débat national constitue une décision lourde de conséquences.
Le RDNP dénonce particulièrement :
1- l’absence de consultation nationale préalable avec les collectivités territoriales, les organisations paysannes, les universités, les organisations environnementales et les communautés concernées ;
2- le risque de voir les richesses minières captées par des intérêts divers au détriment de la population haïtienne ;
3- la faiblesse actuelle des institutions chargées de la protection de l’environnement et du contrôle public ;
4- le danger que représentent certaines dispositions limitant l’accès public aux informations minières pendant de longues périodes ;
5- les risques majeurs de pollution des nappes phréatiques, de destruction des terres agricoles, de déforestation et de déplacement des populations rurales ;
6- l’absence d’une vision claire sur le partage des revenus miniers avec les collectivités locales et les communautés affectées.
Le RDNP rappelle que l’expérience internationale démontre qu’en l’absence d’institutions solides, de transparence et de mécanismes de redevabilité, l’exploitation minière devient souvent une source de corruption, de conflits sociaux, d’aggravation des inégalités et de destruction environnementale plutôt qu’un moteur de développement.
Le RDNP estime qu’Haïti doit s’inspirer des meilleures pratiques internationales en matière de gouvernance des ressources naturelles, notamment, l’obligation d’études d’impact environnemental et social indépendantes avant tout permis d’exploitation, la transparence totale des contrats et conventions minières, l’adhésion effective aux standards internationaux de transparence des industries extractives et éventuellement la création d’un fonds souverain ou fonds national de développement alimenté par les revenus miniers.
Le RDNP appelle donc à :
1- la suspension de toute mise en œuvre précipitée du décret ;
2- la publication intégrale de tous les permis, conventions et engagements liés au secteur ;
3- le renforcement des institutions environnementales, judiciaires et de contrôle ;
4- l’élaboration d’une véritable politique nationale des ressources extractives adoptée dans un cadre démocratique et constitutionnel normal.
Le RDNP, tout en réaffirmant son engagement en faveur des investissements, de la création d’emplois et de la modernisation économique du pays, refuse qu’Haïti entre dans une nouvelle phase d’exploitation de ses ressources naturelles sans garanties suffisantes pour la protection de l’environnement, la transparence, la souveraineté nationale et les intérêts des générations futures non ceux des grandes compagnies multinationales. Le gouvernement de facto actuel n’a aucune légitimité pour engager le pays sur une question aussi stratégique. Les richesses du sous-sol haïtien doivent servir d’abord au développement du peuple haïtien, et non devenir une nouvelle frontière d’opacité, de prédation et de dépendance. C’est pourquoi, le RDNP exige que cette nouvelle législation sur l’exploitation des mines haïtiennes fasse l’objet de consultations publiques, d’évaluations environnementales, la création de comités pour impliquer les communautés locales.
Fait à Delmas, le 28 mai 2026.
Ensemble, ensemble, ensemble jusqu’à la victoire finale !!!
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