Le United Nations a été le théâtre mardi d’un rare avertissement sur l’état du système international, alors que le secrétaire général António Guterres a dénoncé devant le Conseil de sécurité une « dangereuse érosion » du droit international et des divisions menaçant la stabilité mondiale.
Réuni sous présidence chinoise pour débattre de l’avenir du multilatéralisme et du respect de la Charte des Nations Unies, le Conseil a vu défiler plus d’une centaine de délégations dans un contexte marqué par les guerres en Ukraine, à Gaza et au Soudan, ainsi que par les tensions croissantes entre grandes puissances.
« Nous faisons face aujourd’hui au plus grand nombre de conflits depuis la création des Nations Unies », a averti M. Guterres, estimant que les principes fondamentaux de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’interdiction du recours à la force sont désormais « contestés ou ignorés ».
Le chef de l’ONU a également dénoncé l’impuissance croissante d’un Conseil de sécurité profondément divisé. « Trop souvent, ce Conseil ne parvient pas à agir avec unité et détermination », a-t-il déclaré.
La China, qui présidait la séance par la voix de son ministre des affaires étrangères Wang Yi, a appelé les grandes puissances à abandonner « la loi de la jungle » et à respecter l’autorité du Conseil.
Les débats ont aussi mis en lumière les fractures géopolitiques persistantes entre les United States, la Russia et plusieurs pays du Sud global sur les guerres, les sanctions et l’usage du veto.
De nombreux États, dont la France, l’India et la Somalia, ont réclamé une réforme du Conseil de sécurité afin de mieux refléter les équilibres géopolitiques actuels, notamment par une représentation permanente de l’Afrique.
« Le monde observe — et exige des actes, pas seulement des paroles », a conclu António Guterres.

