18 mai 2026
Haïti-France: restituer n’est pas réparer
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Haïti-France: restituer n’est pas réparer

Il est une erreur commise souvent par des intervenants même haïtiens sur la double dette de l’indépendance infligée par la France à Haïti, c’est, comme jadis l’a fait exprès François Hollande en visite en Haïti, de dire récurremment le mot « réparation » là où il s’agit de restitution à Haïti de la somme extorquée par la France, alors ignoble et ignominieuse métropole colonialiste et raciste. Une confusion servant le modèle de prédation française de disculpation de ce crime historique. En vérité, cette confusion des lemmes restitution et réparation est sciemment érigée par des français en art du déni de ladite double dette de la France, une France, débitrice bien actuelle envers Haïti pour l’énorme somme arbitrairement soutirée de la victime Haïti. Une France agresseuse prédatrice, bourreau colonialo-esclavagiste d’Haïti. Il est temps qu’Haïti, forcée de payer en empruntant à la France, maudite métropole de toutes les ignominies, sous menace de la canonnière, parle d’une seule voix pour réclamer son dû!

En fait, dès qu’il s’agit de rendre pécuniairement ces 21 milliards de dollars correspondant au montant pris criminellement à Haïti au 19ème siècle pour indemniser ses colons – l’État français, et malheureusement ses multiples manipulés sémantiques haïtiens, semblent confondre les lemmes Réparer et Restituer! C’est pourquoi, il nous faut donc ici repréciser pour l’État français et ses manipulés haïtiens ce qui suit sur les deux termes concernés, à savoir: Réparer et Restituer.

1) Réparer

La véritable réparation n’existe logiquement qu’en cas de préjudice matériel ou de la perte de certaines positions sociales subis par la faute d’un individu ou d’un système. Réparer, c’est réhabiliter la jouissance légitime et légale d’un objet ou d’une situation sociale d’autrui que l’on a empêchée soit en lui consentant une somme convenable pour remplacer ledit bien, soit en lui rendant le bien multiplié ou la place sociale qui lui revient et dont il fut injustement écarté, indignement privé par une personne morale ou physique (un individu, la société, l’État, la commune, une compagnie…).

Nous devons rappeler que réparer, quand il s’agit de reconnaître des torts causés à autrui, tient toujours d’une forme de dédommagement. Par exemple, un enfant dont le père est tué par un chauffard brûlant le feu rouge, recevra un dédommagement qui ne répare rien, parce que ne ramenant pas vivant à l’enfant son père mort! Là, il est simplement question du minimum de justice et de reconnaissance de droit assumé comme dette à la victime du préjudice causé par l’acte criminel irresponsable dudit chauffard coupable de l’accident. Pas plus que l’on ne répare les années perdues par un accusé emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis. Ce qu’on lui verse pour le dédommager après reconnaissance tardive d’innocence, ne sera qu’une manière pour la société de s’excuser et de lui faire sentir qu’il y a un peu de la justice parmi les hommes, que l’on ne vit pas parmi d’immondes monstres qui crient justice et moralité mais foulent au pied tout principe d’équité. Là, ce que l’on versera au prisonnier innocenté, sans réparer le temps de vie perdu en prison, atténuera ses douleurs par réhabilitation de son nom tout en l’aidant à avoir une vie pécuniairement acceptable à sa sortie de prison. 

2) Restituer

Restituer, c’est rendre un bien volé ou ravi par des voies arbitraires.

On ne répare que les dommages ayant trait à l’avoir, on ne saurait réparer ce qui touche à l’être. On ne peut réparer des sévices physiques, des morts provoquées, des humiliations infrabestiales, des années détruites, quand on se reconnaît coupable de tels préjudices contre autrui; l’on dédommage les victimes de ces souffrances, ces injustices causées pour s’acquitter de la part possible de justice en ces occurrences. Par contre, la restitution comme reconnaissance-honoration de dette, intervient dans le contexte d’une expropriation arbitraire, d’un vol, il s’agit en toute justice et simplicité de rendre l’argent ou le bien ravi ou volé à son propriétaire.

Sachant que si la France devait dédommager en toute justice les victimes de son colonialo-esclavagisme – sans doute le plus barbare, le plus rétrograde, le plus inhumain de l’histoire – elle serait rendue parmi les derniers pays du tiers-monde, nous ne devrions lui demander, pour l’instant, aucun dédommagement pour ses crimes et génocides esclavagistes en Haïti, non, pour l’heure, ce que nous voulons recevoir, en restitution, c’est l’équivalent d’à peu près 21 milliards de dollars étasuniens pris à Haïti par l’État voyou français du 19ème siècle; cas spécifique pour un pays vainqueur des armées napoléoniennes que la France a pillé.

Nous demandons restitution à la prestigieuse France, pour sa propre dignité, pour que ses intervenants plutôt affectés avec leur manière compassée de petits colons attardés en plein 21ème siècle, qui osent faire leçon de civilisation aux victimes du colonialisme français, dont un certain histrion président appelé Micron, pardon Macron, grossier éhonté, ose traiter autrui de colonialistes, feignant d’ignorer que, pour un tant soit peu de crédibilité, un chef d’État français devrait se garder de prononcer ce mot et encore moins de l’attribuer à d’autres! Un État français toxique, malfaisant dont la prétendue démocratie qu’il prétend promouvoir par guerres et interventions, est une calamité pour des peuples entiers tels celui de Libye, pays jadis si prospère, étrillé par la France, sans oublier l’actuel cas du Sahel persécuté par de prétendus terroristes à la solde de la France parce que des pays sahéliens ont expulsé leurs présidents marionnettes placés par une France à la fois grossièrement paternaliste et prédatrice boulimique à leurs dépens.

Cette restitution montrera au monde le sérieux du statut de défenseur des droits de l’homme de l’État français car la démocratie, c’est aussi en substance, le respect et la promotion des droits économiques des peuples; c’est, par des gestes dignes, enrayer de son propre passé, les ignominies criminelles en restituant ce qui fut pris crapuleusement et criminellement dans le but de détruire et d’appauvrir par haine raciale et aigreur raciste, un petit pays dont la seule faute est d’avoir forcé, précipité l’abolition de l’esclavage tout en montrant à l’humanité occidentale que le colonialo-esclavagisme constitue un crime qui jette hors de l’humanité, bien avant l’esclave, les civilisés racistes qui l’ont instauré comme trait marquant pérenne de leur prétendue civilisation.  

 CAMILLE LOTY MALEBRANCHE 

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