10 mai 2026
18 mai : Fils-Aimé sera-t-il assez courageux pour défier les gangs et célébrer le drapeau à l’Arcahaie?
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18 mai : Fils-Aimé sera-t-il assez courageux pour défier les gangs et célébrer le drapeau à l’Arcahaie?

Alix Didier Fils-Aimé se rendra-t-il à l’Arcahaie ce 18 mai pour commémorer le 220ᵉ anniversaire de la création du drapeau ?

Le drapeau haïtien, taché du sang des martyrs de 1804 et des victimes de 2026, flottera plus dignement dans les bidonvilles de Martissant, dans les plaines martyrisées de l’Artibonite et dans le cœur des Haïtiens qui refusent encore la capitulation, que dans les mains molles d’un superviseur en chef en mission à Rome ou en villégiature à Miami.

L’heure n’est plus aux euphémismes. Face à la tragédie documentée par le BINUH, cette préférence pour les destinations de soumission constitue une insulte quotidienne au sang versé depuis 220 ans. Haïti ne mourra pas parce que ses ennemis sont forts, mais parce que ses « dirigeants » ont choisi d’être les coursiers zélés de sa liquidation.

Que tous ceux qui portent encore le bicolore dans leur âme le célèbrent avec rage et détermination le 18 mai prochain.

Le vrai anniversaire du drapeau ne se fera pas dans les capitales étrangères où l’on livre la souveraineté. Il se fera le jour où le peuple haïtien reprendra, par tous les moyens nécessaires, ce qui lui a été volé.


La commémoration du 18 mai, jour sacré de la souveraineté haïtienne et de la rupture anticoloniale, résonne aujourd’hui comme une insupportable contradiction face à un gouvernement de transition perçu comme installé et piloté par des intérêts étrangers.

En 1803 à l’Arcahaie, Jean-Jacques Dessalines, dans un geste fondateur de dignité nationale, déchira le drapeau tricolore français pour en expulser le blanc, symbole de la domination. Catherine Flon unit ensuite le bleu et le rouge, scellant l’alliance des enfants du pays contre l’occupant.

Ce drapeau naquit du refus absolu de toute tutelle extérieure et de la volonté farouche d’un peuple de reprendre son destin en main. Or, célébrer cet héritage avec un Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, issu d’un processus de transition largement conçu, soutenu et financé par la communauté internationale – États-Unis, CARICOM et ONU en tête – relève de l’ironie amère et du déni historique.

Comment honorer les pères fondateurs qui ont combattu pour l’indépendance totale quand le pouvoir exécutif actuel tire une grande partie de sa légitimité et de son maintien d’un consensus externe plutôt que de la seule volonté populaire souveraine ?

Cette contradiction devient criante et douloureuse lorsque l’on constate la dépendance structurelle du gouvernement actuel : appels répétés à l’aide internationale, missions diplomatiques incessantes à Washington et coordination étroite avec des forces multinationales.

Au moment précis où le bicolore devrait incarner fierté, autodétermination et résistance, l’État haïtien apparaît comme un exécutif de transition dont les marges de manœuvre réelles sont étroitement encadrées par des bailleurs et puissances étrangères.

Les décisions stratégiques en matière de sécurité, d’élections et d’économie portent souvent l’empreinte d’influences extérieures, loin, très loin de l’esprit rebelle et intransigeant de l’Arcahaie.

Célébrer le 18 mai dans ces conditions risque de transformer une journée de fierté nationale en un spectacle vide et hypocrite, qui masque la perte progressive de souveraineté réelle et souligne l’abîme grandissant entre le mythe fondateur de 1803 et la gouvernance post-2024.

Seul un retour courageux à une légitimité populaire authentique pourrait réconcilier le symbole glorieux du drapeau avec la réalité du pouvoir.


Pourquoi le « superviseur en chef du service de livraison de la souveraineté haïtienne » préfère Rome ou Miami à l’Arcahaie

Le 18 mai 2026 devait être une date sacrée : le 220ᵉ anniversaire du drapeau haïtien, ce bicolore arraché dans le sang et la gloire de 1804 par des esclaves devenus libres, qui ont humilié les armées napoléoniennes et proclamé au monde qu’un peuple noir pouvait être souverain.

Au lieu de cela, dans un Haïti qui saigne comme jamais, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, autoproclamé « superviseur en chef du service de livraison de la souveraineté haïtienne », choisira ostensiblement de snober toute commémoration digne.

Sa destination de prédilection ?

Rome, Miami, New York ou n’importe quelle capitale occidentale où l’on sait recevoir les gestionnaires dociles.

Quelques jours seulement après la publication, le 8 mai 2026, du rapport accablant du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), ce choix pue le mépris, l’indifférence criminelle et la trahison assumée.

Le rapport du BINUH est un réquisitoire sanglant. Au premier trimestre 2026 seulement (janvier-mars), au moins 1 642 personnes ont été tuées et 745 blessées.

Un carnage quotidien.

Les gangs portent 27 % de ces morts, avec plus de 292 victimes de violences sexuelles – viols collectifs, exploitation systématique – surtout des femmes et des filles de 12 à 17 ans, utilisées comme armes de guerre et de domination territoriale.

On y exécute un enfant de 13 ans, simple « guetteur », pour avoir fait voler un cerf-volant. Dans le Bas-Artibonite, des attaques coordonnées sur 16 localités fin mars ont laissé 83 morts et 38 blessés : des familles sorties de leur lit en pleine nuit et abattues devant chez elles.

Mais le plus scandaleux, selon le BINUH : plus de 69 % des victimes tombent sous les balles et les drones des « forces de sécurité » elles-mêmes, parfois épaulées par des mercenaires privés étrangers.

Soixante-neuf civils ont été tués, dont cinq enfants. Deux fillettes de 7 et 9 ans ont été grièvement blessées par la chute d’un drone à Martissant. Trente-trois exécutions sommaires et sept blessés sont imputables à des policiers, avec des enquêtes molles ouvertes par l’Inspection générale.

Pendant ce temps, les pôles judiciaires spécialisés avancent à pas de tortue, et le vetting de la police reste une promesse vide.

Face à cette apocalypse humanitaire, que fait le « superviseur en chef » ? Il prépare probablement tranquillement d’autres déplacements à l’étranger pendant que le pays brûle.

Le superviseur préfère Rome : la photo pieuse avec le Saint-Père, les ors du Vatican, le discours creux sur la « mobilisation spirituelle » pendant que des fillettes haïtiennes sont violées et que des enfants sont exécutés.

Il préfère Miami : les hôtels de luxe, les lobbies haïtiano-américains, les églises pentecôtistes de la diaspora, les cocktails avec les investisseurs floridiens qui profitent du chaos.

Là-bas, on peut parler « attractivité », « stabilité » et « partenariats » sans jamais prononcer les mots « dignité nationale », « fin de l’occupation de fait » ou « récupération de la souveraineté perdue ».

Cette préférence n’est pas une coïncidence. Elle est structurelle. Didier Fils-Aimé incarne la continuité d’une élite qui a fait de la livraison progressive des ressources et intérêts de l’État haïtien une spécialité.

Contrats opaques avec des firmes étrangères, recours à des sociétés militaires privées pour « sécuriser » le pays (tout en tuant des civils selon le BINUH), marginalisation systématique des voix patriotiques, et une diplomatie réduite à une mendicité sélective auprès des bailleurs traditionnels.

Le rapport de l’ONU le crie : la violence s’étend à l’Artibonite et au Centre, l’État est absent, les gangs et les forces « officielles » se partagent le territoire et les cadavres.

À Rome et Miami, le drapeau devient un accessoire folklorique, un bout de tissu que l’on agite pour attendrir les donateurs et justifier de nouveaux prêts, de nouvelles missions, de nouvelles tutelles.

Le superviseur en chef sait parfaitement où se trouvent ses centres de pouvoir réels : dans les salons climatisés où l’on négocie la mise sous perfusion permanente d’un Haïti maintenu volontairement faible, dépendant et ingouvernable.

Pendant que plus de 1 600 Haïtiens tombent en trois mois, pendant que des enfants de 7 ans sont mutilés par des drones, pendant que des femmes sont réduites à l’esclavage sexuel par les gangs, le chef du gouvernement choisit le confort, le prestige facile et la fuite en avant.

Il fuit les espaces où l’on pourrait encore exiger de lui un discours de dignité. Il fuit les partenaires qui ne se contentent pas de belles paroles et de promesses non tenues.

Ce 18 mai 2026 restera donc marqué par l’absence criante de leadership.

Le drapeau haïtien, taché du sang des martyrs de 1804 et des victimes de 2026, flottera plus dignement dans les bidonvilles de Martissant, dans les plaines martyrisées de l’Artibonite et dans le cœur des Haïtiens qui refusent encore la capitulation, que dans les mains molles d’un superviseur en chef en mission à Rome ou en villégiature à Miami.

L’heure n’est plus aux euphémismes. Face à la tragédie documentée par le BINUH, cette préférence pour les destinations de soumission constitue une insulte quotidienne au sang versé depuis 220 ans. Haïti ne mourra pas parce que ses ennemis sont forts, mais parce que ses « dirigeants » ont choisi d’être les coursiers zélés de sa liquidation.

Que tous ceux et toutes celles qui portent encore le bicolore dans leur âme le célèbrent avec rage et détermination le 18 mai prochain.

Le vrai anniversaire du drapeau ne se fera pas dans les capitales étrangères où l’on livre la souveraineté haïtienne. Il se fera le jour où le peuple haïtien reprendra, par tous les moyens nécessaires, ce qui lui a été volé.

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