10 mai 2026
Protéger les femmes et filles déplacées : 20 acteurs locaux formés à Léogâne par le CAPAC et l’UNICEF 
Actualités Société

Protéger les femmes et filles déplacées : 20 acteurs locaux formés à Léogâne par le CAPAC et l’UNICEF 

Par: Vitalème ACCÉUS 

Face à la montée inquiétante de l’insécurité et aux déplacements forcés de population dans les communes de Léogâne et Gressier, le Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire (CAPAC), avec l’appui technique et financier de l’UNICEF Haïti, a organisé une formation intensive de deux jours les 8 et 9 mai 2026. Vingt acteurs locaux de protection ont ainsi été outillés pour mieux répondre aux Violences Basées sur le Genre (VBG), fléau silencieux qui s’aggrave dans le sillage de la crise humanitaire.

La région des Palmes n’échappe pas à la spirale de violences qui secoue le pays. Avec l’arrivée massive de familles contraintes de fuir leurs foyers pour trouver refuge dans des zones réputées plus calmes, la pression sur les mécanismes communautaires s’est intensifiée. Ces mouvements de population riment trop souvent avec une rupture d’accès aux services essentiels et une exposition dramatique des femmes et des filles aux violences sexuelles, à l’exploitation et aux abus en tout genre, en particulier dans les sites d’accueil temporaires.

C’est pour répondre à ce besoin urgent de protection que le CAPAC , en partenariat avec l’UNICEF Haiti a réuni des participants issus d’institutions publiques, d’organisations de la société civile, de structures communautaires et de comités locaux de protection. Durant deux jours, ces acteurs de première ligne ont renforcé leurs compétences pour mieux identifier les risques spécifiques de VBG liés aux déplacements. La formation a mis l’accent sur la prise en charge digne, confidentielle et respectueuse des survivantes, ainsi que sur l’optimisation des circuits de référencement vers les services médicaux, psychosociaux, juridiques et d’hébergement d’urgence disponibles dans la zone.

« Il ne s’agit pas seulement de réagir après un cas de VBG, mais de construire un filet de sécurité capable de prévenir ces violences et de détecter précocement les situations à risque », a souligné Ermitha Jean-François, responsable Genre et Protection  du CAPAC lors de l’ouverture de l’atelier. Les participants ont approfondi les principes fondamentaux de la protection, les normes de sécurité et de confidentialité, ainsi que les bonnes pratiques pour une orientation rapide et efficace des victimes.

Une attention toute particulière a été accordée aux besoins spécifiques des adolescentes, des femmes enceintes, des personnes vivant avec un handicap et des familles déplacées.

 L’objectif affiché : ne laisser personne de côté dans la réponse aux VBG, en veillant à ce que les plus vulnérables ne soient pas oubliés dans un contexte où les ressources se raréfient.

Cette initiative s’inscrit dans un effort plus large de coordination et de renforcement des capacités des acteurs de terrain dans la Région des Palmes. En travaillant main dans la main avec les autorités locales, les organisations communautaires et les leaders d’opinion, le CAPAC et l’UNICEF Haïti entendent consolider un réseau local de protection résilient.

Enfin,  l’ambition est de bâtir un environnement plus sûr pour les femmes et les filles affectées par la crise, où la réponse aux violences est rapide, concertée et surtout humaine.

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