À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Bureau des Avocats Internationaux (BAI) a dénoncé l’impunité persistante des violences commises contre les femmes et les filles en Haïti et exigé des mesures concrètes de la part de l’État.
Dans une note publique, l’organisation de défense des droits humains souligne que la crise sécuritaire et institutionnelle affecte particulièrement les femmes, exposées à des agressions sexuelles, des violences domestiques et, dans certains cas, à des féminicides, notamment dans les zones contrôlées par des groupes armés.
Selon des données du Sous-Cluster Violence basée sur le genre, plus de 7 400 cas ont été enregistrés entre janvier et septembre 2025, soit environ 27 cas par jour, dont une majorité de violences sexuelles. L’Organisation des Nations unies évoque également plusieurs centaines de victimes sur une période de quelques mois, souvent dans des attaques collectives attribuées à des gangs.
Le BAI déplore que ces crimes prospèrent dans un climat d’impunité, marqué par un accès limité à la justice, la méfiance envers les institutions et la stigmatisation des survivantes. L’organisation souligne aussi la marginalisation persistante des femmes dans les sphères économique et politique, aggravée par l’insécurité et la précarité.
Pour remédier à cette situation, le BAI appelle notamment à l’application effective des conventions internationales ratifiées par Haïti, au renforcement du cadre juridique et judiciaire, à l’intégration de la dimension de genre dans les politiques publiques et à la mise en place de programmes de prévention et de soutien aux victimes.
Selon l’organisation, garantir la sécurité et les droits des femmes constitue une condition essentielle pour l’avenir démocratique du pays.

