minute de la rédaction
Une détention qui s’enlise, des soins inexistants ;
La pression des armes, érigée en levier de libération ;
L’égalité devant la loi, désormais en question.
D’un côté, la policière Roselyne Benjamin, interpellée le 24 janvier 2024, reléguée depuis plus de deux ans dans une cellule insalubre de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, malade, sans soins appropriés, son dossier figé depuis février 2025. De l’autre, des policiers brièvement écroués… puis libérés sous la pression d’hommes en armes à cagoule, avec la ritournelle d’une « enquête en cours » que s’empressent d’entériner des hauts gradés. Le signal est sans ambiguïté : sans démonstration de force, point de justice.
Et tandis que la détention se prolonge pour les plus vulnérables, une question claque : Alix Didier Fils-Aimé, publiquement associé à des dossiers de contrats « secrets » contestés, sera-t-il un jour confronté à la justice pénale ? Le tableau demeure sévère : enfermement prolongé et privation de soins pour les sans-voix — surtout lorsqu’on ne s’appelle ni Magalie ni Rosemila —, quand des protections informelles ouvrent des issues rapides à d’autres. Une justice différenciée, façonnée par les rapports de force.
À voir ce visage, jadis éclairé par le sourire, on mesure l’ampleur de la fracture : Roselyne Benjamin n’en porte plus la trace. Elle ne saurait, non plus, prétendre à une quelconque amnistie, puisqu’elle ne s’appelle ni Jimmy Chérizier, ni Johnson André, ni Vitel’Homme Innocent, ni encore Lanmò Sanjou. Dans cet ordre inversé, la clémence paraît réservée aux plus redoutés, tandis que la rigueur s’abat sur les plus démunis.


