3 mars 2026
LE LEADER FANTÔME QUI PARLE UNE FOIS L’AN… ET DISPARAÎT DANS LES COULOIRS DU POUVOIR
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LE LEADER FANTÔME QUI PARLE UNE FOIS L’AN… ET DISPARAÎT DANS LES COULOIRS DU POUVOIR

Une fois par an.
Pas plus.

Il surgit, costume impeccable, ton grave, regard levé vers l’horizon comme s’il portait à lui seul le destin d’Haïti. Il parle. Il déclame. Il lance des phrases codées, des allusions sibyllines, des avertissements enveloppés de mystère. Puis… silence radio.

Douze mois d’absence.

Peut-on appeler cela du leadership ?

Un leader qui parle une fois l’an, qui distribue des critiques enrobées de prudence, qui évoque “la situation” sans jamais nommer les responsables, qui condamne sans condamner. Qui promet sans s’engager. Qui avertit sans agir.

Pendant ce temps, les routes nationales restent coupées.
Les “territoires perdus” demeurent sous contrôle.
Les promesses sécuritaires s’évaporent comme la brume du matin.

Mais le plus fascinant ?
Ce tribun annuel n’est pas en exil. Il n’est pas en marge. Il n’est pas exclu. Il gravite. Il rôde. Il opère par avatars. Il influence par relais. Il n’est jamais loin des centres de décision.

Alors la question claque comme une gifle :
Comment peut-on dénoncer un pouvoir dont on respire l’oxygène ?

Le 7 février, lorsqu’un pouvoir à légitimité contestée a été béni avec des sourires diplomatiques et des bénédictions calculées, où était la voix forte ? Où était la rupture ? Où était la ligne rouge ?

Carton rouge pour qui ?
Quand tout le terrain est sous contrôle et que personne ne quitte le match ?

On critique le système.
On évoque la “dégradation”.
On parle de juguler l’insécurité.

Mais rien ne change.

Les riches deviennent plus riches.
Les pauvres s’enfoncent davantage.
Les discours se répètent.
Les messages se voilent.

Et chaque année, la même scène :
Une déclaration solennelle.
Des phrases qui font vibrer les réseaux.
Des analyses qui tentent de décrypter les sous-entendus.

Puis le vide.

Le leadership n’est pas une apparition annuelle.
Le leadership ne se pratique pas à travers des murmures calculés.
Le leadership assume. Il tranche. Il rompt, si nécessaire.

Sinon, ce n’est pas du leadership.
C’est une posture.

Et le pays, lui, n’a plus le luxe des postures.

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