15 mai 2026
“Sous le haut patronage…” : le retour rampant du culte de la personnalité en Haïti ?
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“Sous le haut patronage…” : le retour rampant du culte de la personnalité en Haïti ?

Au pays d’Alix, TOUT se fait par lui avec lui et en lui!

À Port-au-Prince, les communiqués officiels recommencent à emprunter un vocabulaire que beaucoup croyaient enseveli depuis le 7 février 1986. Ministres, directeurs généraux et hauts fonctionnaires rivalisent désormais de formules laudatives pour remercier Alix Didier Fils-Aimé de les avoir “honorés” d’un poste public, comme si l’administration nationale relevait d’une faveur personnelle et non d’un mandat républicain. Plusieurs de ces responsables, souvent dépourvus d’expertise reconnue dans leurs domaines respectifs, traînent pourtant derrière eux des controverses de gestion, des accusations d’irrégularités ou des bilans administratifs contestés.

Le plus inquiétant demeure cette résurgence d’une formule à forte résonance historique : « sous le haut patronage du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ». Une rhétorique qui rappelle les décennies antérieures à la Constitution de 1987, lorsque les institutions publiques évoluaient dans l’orbite d’un pouvoir personnalisé : « sous le haut patronage du Président à vie », « sous le haut patronage de la Première Dame », voire jadis « sous le haut patronage de la gardienne de la Révolution ». La Constitution de 1987 avait précisément tenté de rompre avec cette liturgie politique héritée du duvaliérisme, en rejetant toute glorification d’un individu au-dessus de l’État.

Or, à entendre certains hauts commis de l’administration actuelle, la République semblerait désormais reposer sur une seule silhouette. Pourtant, les fonds publics ne proviennent ni d’un Premier ministre ni d’un clan politique. Ils appartiennent à la nation. Haïti n’a pas vocation à redevenir une cour monarchique où chaque décret, chaque cérémonie et chaque nomination doivent être enveloppés d’encens protocolaire. Beaucoup rappellent encore cette vieille conviction historique : depuis Jean-Jacques Dessalines, nul ne devrait prétendre incarner seul la majesté d’Haïti.

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