28 février 2026
Paraison court-circuite le CEP et revendique un plan électoral pour 2026 en pleine emprise des gangs
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Paraison court-circuite le CEP et revendique un plan électoral pour 2026 en pleine emprise des gangs

Entre-temps, M. Paraison accompagnera-t-il le Premier ministre à l’Arcahaie pour la Fête du Drapeau, le 18 mai prochain ? Les fêtes patronales retrouveront-elles leur plein exercice dès l’été à venir ? Pourra-t-il garantir aux Haïtiens de la diaspora un retour sans inquiétude au pays, la majorité d’entre eux transitant par l’aéroport international Toussaint-Louverture ? Enfin, au regard des 800 000 doublons signalés dans le système électoral, ce processus pourra-t-il être qualifié de « sincère et crédible » au sens des exigences démocratiques ?

The Independent : Haiti police chief says a plan is underway for elections this year despite gang violence

Le directeur de facto de la Police Nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, a déclaré à l’Associated Press que les autorités disposent d’un plan visant à organiser des élections générales en 2026, en dépit de la violence persistante des groupes armés qui contrôlent une large partie du territoire national.

Entré en fonction en août dernier sans l’aval d’un Parlement, conformément aux prescriptions de la Constitution, M. Paraison, déjà cité dans le dossier controversé des armes illégales à la Douane de Saint-Marc, a indiqué que ce dispositif sécuritaire est « encore en préparation » et que des précisions seront communiquées ultérieurement. Interrogé sur la capacité effective du pays à organiser des scrutins cette année, il a éludé la question, se limitant à affirmer que les forces de l’ordre œuvrent au rétablissement des conditions de sécurité.

Le gouvernement de doublure a annoncé son intention de tenir des élections générales à la fin du mois d’août, avec un second tour prévu en décembre. Le Conseil Electoral provisoire (CEP) a pour sa part annoncé l’ouverture des inscriptions des partis politiques et de leurs candidats du 2 au 12 mars. Haïti n’a plus organisé d’élections générales depuis plus de dix ans, et la crise sécuritaire s’est intensifiée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.

Selon les Nations unies, la violence des gangs a entraîné le déplacement de près de 1,4 million de personnes dans un pays de près de 12 millions d’habitants. Environ 90 % de la capitale, Port-au-Prince, serait sous le contrôle de groupes armés. Plus de 5 900 personnes auraient été tuées et plus de 2 700 blessées au cours de l’année écoulée. De nombreuses entreprises et établissements scolaires ont fermé leurs portes.

Le chef de la police a également souligné la faiblesse des effectifs. Près de 900 nouveaux cadets ont récemment été gradués, mais les besoins demeurent importants. Les responsables onusiens estiment qu’Haïti compte moins de deux policiers pour 1 000 habitants, un ratio inférieur aux standards internationaux.

La PNH opère conjointement avec une mission appuyée par l’ONU et dirigée par la police kényane, mission confrontée à des contraintes budgétaires et logistiques. Une force de suppression des gangs devrait lui succéder dans les prochains mois. M. Paraison a enfin rappelé que les gangs disposent d’armes lourdes importées clandestinement, Haïti ne produisant pas d’armement sur son sol.

Source originale : The Independent, reprenant une dépêche de l’Associated Press signée Evens Sanon (avec la contribution de Dánica Coto).

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