26 février 2026
Rencontres bilatérales ou diplomatie sous tutelle ? Le cas Fils-Aimé au 50e Sommet de la CARICOM
Actualités Corruption Diplomatie Pages d'Histoire d'Haiti

Rencontres bilatérales ou diplomatie sous tutelle ? Le cas Fils-Aimé au 50e Sommet de la CARICOM

Même l’erreur stratégique est exécutée sans méthode. Qui fut le ministre des Affaires Etrangeres de Fils-Aime connu du pays au Sommet de Caricom?

La participation du chef du gouvernement de doublure d’Haiti, M. Alix Didier Fils-Aimé, au 50e Sommet de la CARICOM a été présentée comme une séquence active de « rencontres bilatérales » destinées à renforcer la coopération régionale. En droit diplomatique, une telle démarche suppose la présence d’un exécutif investi d’un mandat clair et accompagné de son ministre des Affaires étrangères, garant institutionnel de la continuité de l’État. Or, l’identité, la visibilité et le rôle effectif du chef de la diplomatie haïtienne lors de ces échanges interrogent la cohérence protocolaire de la délégation. Dans toute architecture étatique ordonnée, le ministre des Affaires étrangères incarne la voix officielle de la République dans ses relations extérieures.

La pratique diplomatique impose une hiérarchie fonctionnelle : le chef du gouvernement oriente, le ministre des Affaires étrangères formalise et engage juridiquement. Lorsque la communication politique met exclusivement en avant le Premier ministre sans clarifier le rôle précis du titulaire de la chancellerie, la « rencontre bilatérale » tend à devenir un exercice de représentation personnelle plutôt qu’un acte d’État. L’absence de lisibilité institutionnelle fragilise la portée juridique des engagements annoncés.

Plus encore, la crédibilité d’une bilatéralité authentique dépend de la solidité interne de l’exécutif. Si la formation du gouvernement, la nomination des hauts responsables sécuritaires et les grandes orientations stratégiques sont perçues par une partie de l’opinion comme influencées par des partenaires extérieurs, la scène bilatérale perd sa dimension d’égalité souveraine. Elle devient un espace de validation diplomatique plutôt qu’un lieu de négociation autonome.

Ainsi se pose la question de fond : la diplomatie haïtienne agit-elle en sujet pleinement souverain ou en administration dépendante d’aval externe ? La bilatéralité exige cohérence institutionnelle, clarté des responsabilités et autorité normative. À défaut, la formule relève davantage de l’affichage politique que de la diplomatie substantielle. Et dans ce contexte, une formule populaire résume le malaise : même l’erreur stratégique paraît exécutée sans méthode.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.