CE QUE JE PENSE
40 ANS D’AGRESSION HAINEUSE CONTRE L’ETAT NATIONAL D’HAÏTI
Par Pierre Robert Auguste
S’il faut résumer les 40 ans de survivance politique post et anti-duvaliériste de 1986 à 2026, on doit constater une guerre outrancière, inconsciente par stupidité populaire, méchante et hypocrite par des opérateurs politiques, économiques, sociaux, internationaux contre l’Etat national d’Haïti.
Le peuple est innocent. Nous sommes tous coupables. Et nous refusons d’avouer et assumer notre culpabilité, de nous en laver et nous reconvertir.
Les politiciens sont des djobistes, et non des entrepreneurs,des visionnaires, autrement dit des leaders accrochés à l’intérêt général.
Les détenteurs de capitaux à peau claire, qui se disent mulâtres par improriété biologique, croyaient se justifier dans une mouvance à contre courant de 46, sorte d’anti-noirisme idiot prenant pour noiriste classe moyenne, pour duvalieriste classe moyenne, confondant le monopole, la concentration des affaires, la corruption,la sous-taxation avec la liberté économique. Le marché s’est rétréci, la classe moyenne étant en paupérisation constante . Les débouchés, atrophiés par l’affairisme paresseux et stérile, se rassemblent autour de la spéculation sur le dollar,les produits pétroliers et alimentaires, le dol public avec les tenants du pouvoir ( Aristide, Preval, Martelly, Jovenel ).
Les rares chanceux de la classe moyenne, héritiers d’un sybaritisme existentiel, versent dans la consommation obstentatoire en guise de justification sociale sans conscience identitaire ou conscience de classe. Elle rate son rôle historique de moteur du changement et du développement. La crise multidimensionnelle actuelle la condamne à le réincarner désormais ou ,pour une fois dans le monde, à disparaitre.
Les acteurs sociaux, englués dans des sociétés civiles, peu entichés d’autonomie solidaire, se transforment en sinecuristes de l’aide internationale et cèdent au rabais leur indépendance éditoriale, n’agissant avec contention que par et pour le plaisir du financier étranger.
Les opérateurs internationaux, États-Unis, la France en tête manipulant les autres,s’acharnent à dépouiller Haïti de ses attributs impératifs d’Etat national souverain contrairement à la charte de l’ONU. Intervention militaire de 1994 orchestrée par les USA . Intervention militaire de 2004 précipitée par la France. Et 2026, transfert de la souveraineté du pays à l’ambassade américaine par le CPT et le premier ministre Alix Didier
Fils Aimé escorté de ses collaborateurs avec la complicité et l’adhésion d’une classe politique majoritairement traîtesse?
7 février 2026, » il est temps de nous entrer en nous-mêmes et de nous demander compte. » ( DUMARSAIS ESTIMÉ ). Il faut cesser de guerroyer contre le prestige de l’Etat national d’Haiti, d’avilir la dignité historique du peuple haïtien. Il faut nous reconvertir dans l’union,la solidarité sociale, la fraternité humaine. La réconciliation nationale devient une mission incontournable de toutes les forces vives et un devoir indispensable de chaque haïtien, de chaque haïtienne, où qu’ils se trouvent. Port-au-Prince et ses mécréants et magouilleurs notoires doivent cesser de décider pour tout Haïti, pour toutes les provinces. L’alliance morale des provinces est forte dans l’attachement aux idéaux de grandeur de nos ancêtres. Leurs femmes et leurs hommes ne veulent plus être des choses. Ils veulent être considérés comme des dignités humaines respectées et protégées . En 2026, une seule voie pourra garantir la stabilité réelle, inaliénable : les ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA REFONDATION DE LA NATION.
C’est l’urgence absolue et immédiate avant la tenue des élections. Où l’on choisit d’être debout dans l’honneur comme des hommes ou dans la honte comme nouveaux esclaves du 21e siècle.
Gonaïves le 7 février 2026
Pierre Robert Auguste

