Par Reynoldson Mompoint
Port-au-Prince, le 10 janvier 2026
Cette fois, il n’y a plus d’ambiguïté possible. La Communauté des Caraïbes (CARICOM), par la voix de son Eminent Persons Group (EPG), vient de rappeler ce que le Conseil présidentiel de transition (CPT) s’acharne à ignorer depuis des mois : le mandat prend fin le 7 février 2026. Point final. Pas de clause cachée. Pas de rallonge morale. Pas de prolongation par fatigue nationale.
Ce rappel sonne comme un constat d’échec cinglant. Car cette échéance n’est pas une surprise. Elle avait déjà été rappelée fin 2025 par l’ambassadeur du Canada, parlant au nom de la communauté internationale. Le message était clair : la transition n’est pas un patrimoine privé, ni un bail reconductible au gré des combines locales.
Mais à Port-au-Prince, le CPT a choisi l’arrogance tranquille, le mépris feutré, la politique du “n ap wè”.
La déclaration de la Communauté Caribéene du 9 janvier 2026 met à nu ce que beaucoup savaient déjà : les acteurs de ce pouvoir de transition n’ont jamais cherché le consensus, seulement le temps, le contrôle, la survie. Malgré plusieurs propositions convergentes rendues publiques, rien n’avance. Pourquoi ? Parce que l’immobilisme est devenu une stratégie. Une rente politique. Une assurance-vie.
Sous couvert de débats institutionnels, le CPT s’est transformé en machine à bloquer, en espace de négociations opaques où chacun protège son couloir, son réseau, son immunité informelle. La transition a été confisquée par une coalition de malveillants, plus préoccupée par la gestion de l’après-7 février que par l’intérêt national.
Quand la CARICOM parle de patriotisme, elle pointe en creux son absence flagrante. Car ce pouvoir n’a jamais agi comme un organe de salut public, mais comme un club de survie politique, prêt à précipiter le pays dans le vide institutionnel plutôt que de renoncer à ses privilèges. Laisser pourrir l’échéance, créer l’urgence, provoquer la peur, puis se présenter comme dernier rempart : le scénario est grossier, mais familier.
La Communauté des Caraïbes avertit désormais de « répercussions indésirables » en cas d’échec. Traduction brute : isolement diplomatique, désengagement, délégitimation totale. Mais même cette menace semble glisser sur un CPT enfermé dans une logique de fuite en avant, incapable de produire une sortie digne.
La vérité est brutale : le CPT n’a pas échoué par manque de moyens, mais par excès de médiocrité politique. Il n’a pas été saboté de l’extérieur ; il s’est auto-neutralisé par calcul, lâcheté et refus de l’Histoire.
Le 7 février 2026 ne sera donc pas seulement la fin d’un mandat. Il risque d’être le verdict d’un pays contre un pouvoir racaille, qui aura préféré les combines à la refondation, la manœuvre à la responsabilité, la survie personnelle à l’intérêt collectif.
L’horloge tourne.
Et cette fois, même la diplomatie a cessé de chuchoter.
Reynoldson Mompoint, Avocat, Communicateur Social, Journaliste
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