8 janvier 2026
Reynoldson Mompoint : Moïse Jean-Charles, l’homme inculte qui se croit intelligent
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Reynoldson Mompoint : Moïse Jean-Charles, l’homme inculte qui se croit intelligent

Reynoldson Mompoint

Port-au-Prince, le 07 janvier 2026 

Il y a des paroles qui trahissent plus qu’elles ne rassurent. Des phrases qui, sous couvert de fermeté politique, dévoilent une conception brutale du pouvoir, une vision fruste de l’État et une méconnaissance inquiétante de la culture démocratique.

Le visuel diffusé par Moïse Jean-Charles en est une illustration criante. Tout y est : la menace voilée, le populisme martial, l’obsession du contrôle et cette certitude arrogante d’avoir toujours raison parce qu’on parle fort. « Nou rasire tout moun », annonce-t-il sans détour. Raser tout le monde.

L’expression n’est pas anodine. Elle relève d’un imaginaire autoritaire où l’ordre se rétablit par l’écrasement, où la complexité d’une nation se règle à coups de slogans, où le peuple est perçu non comme un sujet de droit mais comme une masse à discipliner. Nous ne sommes plus dans la politique, mais dans la rhétorique de la caserne.

T-Moy affirme qu’il n’y aura pas de vide institutionnel après le 7 février, qu’il n’y aura pas de gouvernement à deux têtes, que Didier Fils-Aimé ne fera pas partie du tableau, et qu’un mandat de « sept mois» disposera de 90 jours pour appliquer un plan de sécurité nationale et organiser des élections « libres, démocratiques, sans ingérence ». Sur le papier, la promesse est belle. Dans la forme, elle est inquiétante. Dans le fond, elle est creuse.

Car gouverner, ce n’est pas proclamer. Gouverner, ce n’est pas menacer. Gouverner, ce n’est pas réduire l’État à un commando temporaire chargé de produire des résultats à tout prix. La démocratie n’est pas un sprint de 7 mois, ni une opération de nettoyage expéditive. Elle est un processus, un équilibre fragile entre légitimité, droit, institutions et consentement populaire. Tout ce que ce message piétine allègrement.

Le plus grave n’est peut-être pas l’illusion d’efficacité que Moïse Jean-Charles tente de vendre, mais le mépris culturel qui transpire de ses mots. Mépris pour la pluralité politique, mépris pour le débat, mépris pour la mémoire historique d’un pays déjà meurtri par les expériences autoritaires, les transitions bricolées et les sauveurs autoproclamés.

En Haïti, chaque fois qu’un homme a promis l’ordre rapide et les résultats immédiats, la facture s’est toujours payée en sang, en exil ou en ruines institutionnelles.

Lorsqu’il s’en prend aux « tontons ak vwazen » accusés de vouloir semer la division pour « vin fè ti dife vole », T-Moy joue une carte dangereuse : celle du nationalisme de circonstance, où l’ennemi est toujours extérieur, jamais interne, où l’échec est toujours la faute de l’autre, jamais du projet lui-même. Et quand il conclut par « Nou pa te fè bwa kayiman pou n te sèvi etranje », il instrumentalise l’histoire, détourne le symbole fondateur de 1791 pour justifier une posture politique pauvre, simpliste, presque incantatoire.

Le drame de Moïse Jean-Charles n’est pas qu’il manque d’intelligence. C’est qu’il confond intelligence et brutalité, culture et slogans, leadership et intimidation. Il incarne cette tendance haïtienne persistante à croire que la volonté suffit, que le verbe remplace le droit, que l’autorité se décrète et que le résultat excuse tout.

Mais un pays ne se « rase » pas. Une nation ne se gouverne pas comme un champ à défricher. Et l’avenir d’Haïti ne se construira ni dans la menace, ni dans l’arrogance, ni dans cette obsession maladive du résultat à tout prix.

L’histoire, elle, a déjà jugé ce genre d’hommes. Et le verdict est toujours le même.

Reynoldson MOMPOINT

mompointreynoldson@gmail.com

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