Alors que l’insécurité s’enracine dans l’Artibonite, le Plateau Central et à Martissant, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) continue de dépenser des fonds publics pour organiser un référendum-bidon illégal et inconstitutionnel. En envoyant des agents sur le terrain dans des zones entièrement sous contrôle de gangs, le CEP feint d’ignorer l’effondrement sécuritaire et institutionnel du pays. Quatre ans après l’assassinat du président Jovenel Moïse, aucun mécanisme viable ne permettrait la tenue d’une telle consultation.
Dans ce contexte délétère, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme à l’ouverture de la saison cyclonique. « Un seul cyclone pourrait plonger des centaines de milliers d’Haïtiens dans la faim », alerte Lola Castro, directrice régionale du PAM pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Faute de stocks humanitaires et de fonds d’urgence, le pays est exposé à une catastrophe imminente.
Le PAM signale également une explosion des violences sexuelles à Port-au-Prince : plus de 6 000 femmes et filles ont signalé des agressions. « C’est sans doute aujourd’hui l’un des endroits les plus dangereux au monde pour une femme ou une fille », déclare Castro. À cela s’ajoute l’absence de toute autorité légitime depuis 2021, et l’emprise croissante des gangs sur 85 % de la capitale.
Dans un tel climat de terreur et d’effondrement, l’idée même d’un référendum porté par un CEP sans mandat, sans légitimité et sans sécurité relève d’un simulacre institutionnel aux frais d’un peuple déjà à bout.

