Renforcés par des armes à feu, des munitions, des bombes de gaz lacrymogènes et des gilets pare-balles récupérés vendredi lors d’une attaque armée contre la police, les bandits du groupe « Viv Ansanm » intensifient la terreur à Kenscoff. L’ancien député André Gustave Louis décrit une commune en situation de détresse.
À Kenscoff, dans la localité de Godet, moins de 24 heures après l’attaque armée de dimanche, qui a coûté la vie à un policier, provoqué l’incendie de trois véhicules et fait plusieurs blessés par balles parmi les agents de l’ordre, les bandits ont perpétré dans la nuit de lundi une nouvelle attaque contre la communauté de Madeleine. Selon l’ancien parlementaire Gustave André Louis, un policier a été grièvement blessé lors de cette attaque armée, et plusieurs familles ont dû fuir leurs maisons durant la nuit pour échapper aux violences.
Les criminels ont incendié plusieurs maisons et mené des incursions dans les zones de Thomassin 48, 52 et Fermathe. Plusieurs véhicules, dont un appartenant au service du commissariat de Pétion-Ville, ont été incendiés. Lundi matin, toutes les activités socio-économiques étaient paralysées, rapporte l’ancien représentant de Kenscoff à la 49e Législature, qui fait état de la fermeture des écoles, de l’interruption du transport public et de la désorganisation du commerce.
À ce stade, les gangs avancent progressivement vers le centre-ville de Kenscoff, faisant craindre le pire. Les localités de Viard, Godet, Belot, Turgeau et Madeleine sont sous le contrôle des bandits. Dépassée par les événements, la hiérarchie de la PNH opte pour des récits controversés afin de masquer la réalité. La version avancée vendredi par le porte-parole adjoint de la PNH, Lionel Lazare, selon laquelle des policiers se seraient retirés du front à Kenscoff pour passer la nuit avec des femmes, a scandalisé l’opinion publique.
Hervé Noël
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