17 janvier 2026
Bilan de la saison cyclonique 2024 dans l’Atlantique Nord : une année de défis et de résilience
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Bilan de la saison cyclonique 2024 dans l’Atlantique Nord : une année de défis et de résilience

La saison cyclonique 2024 dans l’Atlantique Nord, qui s’est officiellement déroulée du 1er juin au 30 novembre, restera gravée dans les mémoires comme une période atypique et particulièrement intense. Avec 18 phénomènes nommés, dont 5 ouragans majeurs, elle a marqué les populations et mis à rude épreuve les infrastructures de nombreux pays, notamment les États-Unis, les Grandes Antilles et certaines régions de la mer des Caraïbes.

Les experts ont initialement anticipé entre 20 et 23 phénomènes cycloniques, mais la saison s’est finalement stabilisée à 18 systèmes, dont 11 ouragans. Cette relative sous-estimation n’a toutefois pas réduit l’impact dévastateur de certains événements climatiques. Si Haïti et certains pays des  Petites Antilles ont été globalement épargnés des cyclones majeurs, elles ont néanmoins connu de fréquents épisodes de pluies torrentielles, d’orages violents, et d’inondations. La tempête tropicale Ernesto, par exemple, a gravement affecté les réseaux d’eau potable dans certaines îles, laissant des milliers d’habitants sans accès à une ressource essentielle pendant plusieurs jours.

L’ouragan Béryl a marqué un tournant dans la saison. Développé dès la fin juin, il est devenu le cyclone le plus précoce à atteindre les catégories 4, puis 5, sur l’échelle de Saffir-Simpson. Son passage sur les Grenadines a laissé un sillage de destruction massive : 7 morts, des milliers de déplacés et des infrastructures essentielles détruites. Les îles touchées peinent encore à se relever de cette catastrophe, avec des efforts de reconstruction qui s’annoncent longs et coûteux.

Les États-Unis, et en particulier la Floride, ont payé un lourd tribut durant cette saison cyclonique. Fin septembre, l’ouragan Hélène, de catégorie 4, a frappé la région de Big Bend, causant plus de 230 morts et des dégâts matériels colossaux. Moins de deux semaines plus tard, l’ouragan Milton, après avoir brièvement atteint la catégorie 5, a touché terre en Floride en catégorie 3, aggravant encore davantage la situation.

Les dommages combinés de ces deux ouragans ont été estimés à 180 milliards de dollars, un coût économique qui a lourdement impacté l’État. Des centaines de maisons ont été détruites, des milliers de personnes se sont retrouvées sans abri, et les efforts de rétablissement se poursuivent encore.

Les Grandes Antilles n’ont pas été épargnées non plus. L’ouragan Rafael, parmi les plus puissants jamais enregistrés en novembre, a causé des ravages en Jamaïque, aux Îles Caïmans, et à Cuba. Des pannes d’électricité généralisées et des routes détruites ont paralysé ces régions, compliquant l’accès aux secours et ralentissant le rétablissement.

Contrairement aux attentes, la saison cyclonique a débuté tardivement, avec la formation du premier système tropical, Alberto, le 19 juin – le départ le plus tardif depuis 2014. Cependant, une fois lancée, l’activité cyclonique a été intense et prolongée, avec des phénomènes actifs jusqu’à la fin novembre. L’ouragan Oscar, en octobre, a d’ailleurs établi un record en devenant le plus petit cyclone jamais enregistré, avec un rayon de seulement 10 km affecté par des vents d’ouragan.

Le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes ont été les bassins les plus actifs de cette saison. L’ouragan Debby, qui s’est formé en août dans le golfe, a touché la Floride et la Caroline du Sud, provoquant des inondations jusqu’au sud du Québec, au Canada.

De même, l’ouragan Ernesto a durement frappé les Petites Antilles, Porto Rico, et les Bermudes à la mi-août, avant qu’une accalmie inhabituelle ne s’installe à la fin du mois. Cette pause a été de courte durée, car dès la fin septembre, l’ouragan Francine a émergé dans le golfe et a frappé la Louisiane, provoquant des dégâts importants.

Début novembre, l’ouragan Rafael a frappé l’ouest de Cuba avec une intensité de catégorie 3. Il a ensuite traversé le golfe du Mexique, égalant le record de l’ouragan Kate de 1985 en tant que cyclone de novembre le plus puissant jamais enregistré dans cette région. Les pluies torrentielles et les vents violents associés à Rafael ont causé des destructions considérables, notamment sur les infrastructures portuaires et routières.

La saison s’est clôturée à la mi-novembre avec la tempête tropicale Sara, qui a déversé des pluies abondantes au Honduras, au Belize, et dans plusieurs pays voisins. Bien que moins puissante que les ouragans précédents, Sara a provoqué des inondations localisées, affectant des milliers de personnes et perturbant les activités économiques dans ces régions.

Au total, la saison cyclonique 2024 a causé près de 400 morts et des pertes économiques dépassant les 152 milliards de dollars américains. La Floride a été la région la plus touchée, avec trois ouragans majeurs, mais d’autres territoires insulaires et côtiers ont également subi des pertes humaines et matérielles importantes.

Cette saison cyclonique met en lumière l’importance de la préparation et de la résilience face aux catastrophes naturelles. Plusieurs recommandations peuvent être formulées :

  • Renforcement des infrastructures : Les décideurs doivent investir dans des infrastructures résistantes aux ouragans, notamment pour les réseaux de communication, d’électricité, et d’eau potable.
  • Amélioration des systèmes d’alerte précoce : Des systèmes de surveillance et d’alerte performants sont nécessaires pour anticiper les impacts des cyclones et organiser l’évacuation des populations à risque.
  • Éducation et sensibilisation : Les communautés doivent être informées des risques liés aux ouragans et des mesures de sécurité à adopter en cas d’urgence.
  • Coopération internationale : Les pays de la région peuvent collaborer avec Haïti pour partager des ressources, des connaissances, et des stratégies de gestion des catastrophes.

La saison cyclonique 2024 dans l’Atlantique Nord a été un rappel brutal de la puissance destructrice des phénomènes climatiques extrêmes. Face à la multiplication et à l’intensification de ces événements, la résilience des infrastructures et des communautés est plus que jamais une priorité. En tirant les leçons de cette année mouvementée, les décideurs pourront mieux se préparer à affronter les défis futurs et protéger leurs populations.

Enfin, une coordination plus étroite entre les autorités locales, la société civile et les partenaires internationaux est essentielle pour garantir une réponse rapide et efficace en cas de catastrophe. Haïti doit investir dans la résilience climatique pour réduire sa vulnérabilité et protéger ses populations face à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes.

Talot BERTRAND, Ing-Agr./M.S.c

Spécialiste en Education Relative à l’Environnement

Assistant de recherche en évaluation environnementale stratégique

Communicateur et mentor certifié par Toastmasters International

Directeur national Projet Haïti-METEO 

E-mail: haitimeteo@gmail.com 

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