le billet de la rédaction
Lors de son intronisation en juillet 2025, comme coordonnateur du CPT, M. Laurent Saint-Cyr avait promis une réforme en profondeur de la diplomatie haïtienne, invoquant la nécessité de restaurer la crédibilité de l’État, de rationaliser les missions à l’étranger et de rompre avec des pratiques obsolètes. Le discours se voulait fondateur, inscrit dans une logique de refondation institutionnelle à la faveur de la transition.
Moins de six mois plus tard, l’écart entre le discours de réforme et la réalité de l’action publique s’est progressivement imposé comme un fait observable. La seule initiative tangible associée à cette promesse reste le changement d’immeuble de la Chancellerie, présenté comme un symbole de modernisation.
En revanche, aucune réforme effective du corps diplomatique, aucune redéfinition de la politique étrangère ni aucun mécanisme de reddition de comptes n’ont été rendus publics, laissant intacte l’architecture décisionnelle héritée des périodes précédentes.
L’observation des faits conduit à une appréciation critique de la transition : les engagements de réforme n’ont trouvé qu’une traduction marginale, sans impact durable sur la diplomatie de l’État.L’épisode renforce l’idée d’un pouvoir transitoire davantage préoccupé par les signes visibles du changement que par les transformations institutionnelles susceptibles de rompre avec les logiques de continuité et d’impunité.


