11 janvier 2026
Haïti/Crise: Les associations patronales vont-elles persister à supporter à l’aube de 2024 ce pouvoir de facto qui cohabite avec les gangs armés criminels ?
Actualités Société

Haïti/Crise: Les associations patronales vont-elles persister à supporter à l’aube de 2024 ce pouvoir de facto qui cohabite avec les gangs armés criminels ?

Les mandataires des associations patronales et divers regroupements de patrons du secteur privé en Haïti ont paraphé l’Accord du 21 décembre 2021 qui a permis au gouvernement de facto de Ariel Henry de cohabiter avec les gangs armés criminels qui empoisonnent la vie de la population en Haïti depuis plusieurs années.

Dans leur dernière note publique , ces mandataires se sont  déclarés interpellés par la persistance de la crise multidimensionnelle qui ne cesse d’endeuiller les familles, d’asphyxier l’économie nationale et paupériser la grande majorité de nos concitoyens, et ont lancé un véritable « cri d’alarme » aux acteurs politiques du pays en vue de résoudre sans délai leurs différends et de se rallier, s’ils ne l’auraient déjà fait, aux signataires de l’accord politique du 21 décembre 2022, dont l’objectif ultime est de conduire à la tenue » d’élections honnêtes, transparentes et équitables. « 

L’heure est grave et la Nation ne peut plus attendre , affirmaient les patrons.

Les associations patronales avaient pris  l’engagement solennel de continuer à appuyer l’accord politique en question, en vue d’engager sans plus tarder le pays dans «  un processus électoral et d’accompagner, à travers leurs représentants, la mise en place des réformes qui seront menées et des institutions qui seront créées pour atteindre l’objectif visé ».

 Dans cette même optique, ils avaient encouragé  leurs concitoyens et toutes les forces vives de la Nation à soutenir « le travail patriotique « du Haut Conseil de Transition (HCT) dans l’accomplissement de son mandat de promotion « d’un dialogue inclusif visant à faciliter le rétablissement des institutions démocratiques du pays. »

Ces membres du secteur privé en  Haïti avaient lancé également un appel pressant aux membres de la diaspora haïtienne pour qu’ils joignent leurs voix et leurs efforts à ceux de leurs concitoyens vivant dans le pays, afin d’encourager et d’appuyer de toutes leurs forces ce mouvement citoyen vers le relèvement de notre patrie commune, en proie à une crise et à des souffrances sans précédent.

Les patrons d’Haïti dont certains ont été sanctionnés par le Canada et les États-Unis pour avoir sponsorisé les gangs criminels armés en Haïti déclarent « constater, non sans tristesse mais avec le sens des réalités qui les anime tous en tant qu’entrepreneurs, hommes et femmes d’affaires, que la faiblesse criarde de nos institutions a amené, une fois de plus, le Gouvernement Haitien à inviter ses partenaires étrangers à lui apporter leur assistance en vue de l’aider à remplir sa fonction régalienne et d’assurer la sécurité des vies et des biens sérieusement mise à mal par la prolifération de gangs armés de plus en plus violents, laquelle constitue, nous le savons tous, une puissante entrave à toute tentative de normalisation de la vie publique et à la tenue d’élections démocratiques et de relance de l’économie nationale ».

Ils disent en appeler instamment l’ensemble de ses concitoyens et plus particulièrement les femmes et hommes politiques, élites économiques et intellectuelles et l’ensemble de la société civile de notre pays, à faire preuve de compréhension, de réalisme et de patriotisme avisé, en vue de transformer cette nouvelle assistance étrangère au rétablissement de la sécurité, la dernière, en opportunité pour accompagner la reconstruction effective et durable de nos institutions républicaines, afin que notre nation soit finalement capable d’affronter seules ses défis et accidents de parcours de toutes natures.

La souveraineté nationale à laquelle nous aspirons tous, incluant notre capacité à vivre ensemble et en sécurité, à résoudre nos conflits sans recours à la violence et à promouvoir la libre entreprise et l’investissement générateur d’emplois, ne sera en effet possible qu’avec des institutions fortes et efficaces, écrivaient -ils dans cette note en date d’Avril 2023.

 « C’est notre devoir, hommes et femmes politiques, entrepreneurs, élites intellectuelles de ce pays, de surmonter nos querelles stériles, nos intérêts étroits, pour offrir à la majorité écrasante de notre peuple, qui n’en peut plus de souffrir, un avenir meilleur, empreint de dignité et d’espoir. Ceci constituera, nous en sommes convaincus, la seule voie réaliste pour que cet ultime recours à une présence étrangère soit le dernier de notre histoire ! «   affirmaient ces mandataires parmi lesquels Martine L.CUVILLY , Edouard BAUSSAN , Bryan GONZALES , Gérard LABORDE, Raina FORBIN, et Delphine GARDERE.

Enfin ils en avaient conclu qu’ils devaient tous rester conscients que le chemin à parcourir sera long, semé d’embûches, de défis et de revers, qui ne devront jamais nous décourager ou même nous distraire de notre rêve collectif.

Sept (7) mois après la sortie de cette NOTE du secteur privé en Haïti, la situation a empiré. Le gouvernement mis en place avec l’aide et l’appui des associations patronales ,  suite à l’assassinat du Président Jovenel Moïse n’a rien entrepris pour faire face à l’endeuillement des familles haïtiennes, l’asphyxie de l’économie nationale et la paupérisation de la grande majorité des citoyens haïtiens.

Quant au résultat du «  travail patriotique  du Haut Conseil de Transition (HCT) dans l’accomplissement de son mandat de promotion « d’un dialogue inclusif visant à faciliter le rétablissement des institutions démocratiques du pays »,  n’en parlons pas. C’est l’échec et la déception sur toute la ligne.

Pire, le nombre de «  territoires perdus » n’a fait qu’augmenter et les gangs armés se sont multipliés dans le pays , continuant de pourchasser et de randonner une population livrée à  elle-même.

L’appui inconditionnel apporté par les associations au gouvernement de facto soutenu par la coalition PHTK/Fusion/SDP/INiTE/RDNP , le Core Group et le BINUH est aujourd’hui diversement interprété.

Certains observateurs  font remarquer qu’il s’agit d’un support intéressé apporté à Ariel Henry et son équipe dans l’espoir que ce dernier pourra aider d’éminents membres du secteur privé à échapper à la liste des sanctions des Nations Unies.

D’autres l’interpréter comme l’expression pure et simple de cette corruption des élites économiques d’Haïti dont certains officiels américains ont dénoncé l’existence  qui sont révélés justement incapables de  « contribuer aux changements profonds et durables qui s’avèrent  indispensables à l’harmonie et au bien-être du peuple haïtien. « 

Aujourd’hui, après le bilan désastreux du gouvernement de facto conduit par le Docteur Ariel Henry et ses amis et à l’approche du 7 février 2924, date convenue entre les associations patronales et le PM de facto pour le départ de ce dernier du pouvoir, beaucoup de demandent si les associations patronales vont persister à supporter après  ce gouvernement de facto  qui cohabite avec les gangs armés criminels  ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.