Me Louimann MACEUS : La Violation du Droit à la Sécurité par l’État haïtien entraîne de graves conséquences aux autres droits

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L’interdépendance des droits humains : la Violation du Droit à la Sécurité par l’état Haïtien entraîne de grave conséquence aux autres droits

Par Me Louimann MACEUS, av. 

La sécurité comme domaine d’intervention  publique est garantie par l’Etat et ceci à travers le monde. Et c’est en raison de cela et pour son importance que les philosophes dont Weber soutient « seul l’Etat détient le monopole de la violence legitime ». Ceci étant dit quand il y a des écarts, des dérives entre autres d’insécurité en terme de « Violence » qui entravent le bon fonctionnement de la vie publique et quotidienne, l’Etat comme institution régalienne a pour le devoir d’intervenir et rétablir l’ordre et la paix dans la Cité. 

En fait, depuis bien avant l’arrivée du président Jovenel Moïse, la situation sécuritaire d’Haïti était précaire. Mais cela a pris sa vitesse de croisière tout le long de son administration. Aucune mesure n’a été jamais prise par le président Jovenel Moise pour y faire face. Et après son assassinat , c’etait la débandade. L’élément déclencheur qui fait croire que tout homme peut mourir si ce dernier à été assassiné avec autant de faciliter. Ajouté à une « classe politique » et économique immorale qui ne priorise aucune approche axée sur le respect des droits humains et la modernité, et qui, de préférence garder les mêmes routines en alimentant en armes et munitions des groupes armés des quartiers défavorisés. 

Voilà actuellement la situation d’Haïti avec une insécurité généralisée, le kidnapping, le vol, le viol, qui n’épargne personne.

Tous les secteurs sont affectés, la santé, l’éducation, le tourisme, l’économie de manière globale.

Cette insécurité déstructure la société et déréglemente le fonctionnement de toutes ses institutions, si elle ne les détruit pas partiellement ou totalement. Le système éducatif, en raison de sa grande représentativité territoriale, en est l’une des principales victimes.
La crise s’est aggravée et s’est transformée en conflit armé interne entraînant des conséquences tragiques sur toute la structure économique, sociale et éducative du pays, à travers la destruction massive du capital humain et materiel.

« Impact de l’insécurité sur le droit à l’Éducation »

Cette une situation inexplicable lorsque l’on sait que l’avenir en terme de développement d’un pays dépend de la bonne formation éducative des ses Citoyens. Cependant en Haiti, les établissements scolaires sont fermés en raison d’une insécurité sans précédent. Lorsqu’un parent emmène son fils à l’école, il est obligé de rester dans les parages de l’établissement dans l’objectif de garder l’oeil sur l’enfant afin qu’il ne soit pas enlevé. C’est aussi du même ou pareil pour les professeurs et les directeurs d’écoles.

Haïti a perdu, dans le domaine de l’éducation, la possibilité d’élever le niveau de ses citoyens, en raison de l’importante perte en ressources humaines (en terme de professeurs, en bâtiments et en matériels détruits).Certaines écoles ont servi de camps de base aux groupes armés dans les zones soumises aux combats.

Le dernier rapport de l’Unicef, paru le 9 février 2023, dénonce l’aggravation de l’insécurité : « au cours des 4 derniers mois, 72 écoles ont été prises pour cible contre 8 au cours de la même période l’an dernier et au cours des 6 premiers jours de février, 30 écoles ont été fermées en raison de la violence dans les zones urbaines, alors qu’une école sur quatre est restée fermée depuis octobre dernier en raison de l’insécurité. Les groupes armés ont pénétré ces établissements et ont tout pillé.

La crise actuelle d’Haïti a touché les élèves, les enseignants, les parents et la société haïtienne dans son ensemble. L’impact de cette crise d’insécurité généralisée instaurée, il faut le dire, par le Régime en place s’est diffusé au-delà des quartiers voire des pays voisins avec des milliers de déplacés , qui sont d’abord des enfants privés d’éducation.

« Impact de l’insécurité sur le droit à la Santé »
Un droit consacré par les instruments juridiques internationaux dont Haïti est signataire mais aussi inséré dans la Loi mère du pays qu’est la constitution Haitienne. Ce droit était déjà bafoué par l’État Haïtien, et à l’heure actuelle devient pire avec cette insécurité généralisée. 

Le contexte actuel empêche celles et ceux qui sont malades malgré leurs faibles moyens économiques ne peuvent pas se rendre à l’hôpital pour leur prise en charge. Mais, c’est aussi le même dilemme pour les médecins. Ils sont enlevés au sein même de leur clinique. Et même si on disposait les moyens, par peur d’être enlevé ou assassiné, on est obligé de rester à la maison qui est aussi un espace dangereux, car personne n’est l’abri nulle part.

Le droit à la santé en Haiti, comme tous les autres droits, est piétiné par les personnes chargées pour les garantir. L’état de pourriture du plus grand centre hospitalier du pays « L’hôpital de l’université d’état d’Haïti » au cœur de la capitale est la preuve probante. 
Dieu seul sait combien de compatriote souffrant, qui sont morts par la faute même de nos dirigeants insouciants et immoraux.

Il faut dire que l’impact n’est seulement pas visible sur la santé et l’éducation, mais aussi sur beaucoup d’autres comme le droit à l’alimentation, le droit au logement, le droit au travail, le droit à chacun pour se divertir (droit au loisir) etc. Donc la violation d’un droit de l’homme entraîne la violation des autres droits. C’est ce qu’on appelle l’interdépendance des droits de l’homme. 

En fait, c’est un pays qui fait face au terroriste selon l’Historien Michel Soukar. Ce qui se passe actuellement en Haïti n’a rien a voir avec le banditisme. Il faut l’appeler par son nom. Sous aucune façon on ne pourrait pas assister à ces départs financiers, corruption institutionnalisée, crimes financiers, crimes de sang etc. 

Et tous ceux-la sont liés aux réalisations des élections frauduleuses dans le pays et qui ont été manipulées depuis plusieurs décennies et soutenues par une frange de l’internationale.

Le pire dans tout cela, au lieu que ces dirigeants malhonnêtes et corrompus prennent consciences, ils utilisent l’arrogance, ils profèrent des menaces de mort contre celles et ceux qui dénoncent les dérives. 

Cette situation actuellement déshumanisante est intenable dans le pays et il faut la stopper par tous les moyens.

Que la société Haïtienne dans son ensemble le sache, ce gouvernement est responsable de ces assassinats, de ces enlèvements, de ces exécutions, de ces décapitalisations par l’instauration de cette terreur, cette insécurité généralisée dans le pays. Ils sont responsables. Ils sont volontairement responsables. 

Malgré les exigences constitutionnelles, des conventions, traités internationaux dont Haïti est signataire, aucun effort de la part de ces autorités pour les rendre effectifs. Dans une telle situation, la seule réponse ce sont celles et ceux qui souffrent, qui subissent ces violations.

Donc, personnellement je suis convaincu qu’avec le peuple Haïtien , la lumière est au bout du tunnel. C’est pour cela que je dis toujours « Seul le peuple est souverain « .

Pa di n pat konnen

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Me. Louimann MACEUS, Av.
Sec. Gl. ECCREDHHSpécialiste en Droits Humains et en Droit International Humanitaire CUHD/GENÈVE.
Membre Amnesty International.Spécialiste en Politique Publique des Droits de l’Homme a IPPDH/CIDH/ Mercosur.
Point Focal OSI-HAÏTI (objectif Sciences international).
Ethnojuriste@gmail.com
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