Sans une lutte armée, le retour à la paix et à la sécurité en Haïti restera vœu pieu, soutient l’ancien député de Delmas Arnel Bélizaire. Le dirigeant politique minimise les sanctions canadiennes et n’entend pas nier ses relations avec des «opprimés mal orientés».
La décision des autorités canadiennes de sanctionner l’ancien député de la circonscription de Delmas/Tabarre est perçue par l’intéressé comme un acte de peu d’importance. Arnel Bélizaire, reproché par les dirigeants du Canada pour ses liens avec des gangs armés, dénonce des officiels haïtiens qui s’engagent à livrer des citoyens haïtiens à la communauté internationale.
À propos des sanctions canadiennes, la position de l’ancien parlementaire est catégorique. Pour Arnel Bélizaire, ses relations avec des groupes armés de «G-9 an fanmi» dirigé par Jimmy «Barbecue» Chérizier étaient connues de tous. Les exactions des gangs traduisent, selon l’ancien élu du peuple, un sentiment de rejet social. Des «opprimés mal orientés» utilisés par une élite sociale, diabolisés par la communauté internationale tentent de s’affirmer, défend Arnel Bélizaire.
Le dirigeant politique, proche de Magalie Habitant, une ancienne officielle de l’État sous l’administration de Jovenel Moise, revendique son appartenance aux quartiers défavorisés, aux ghettos contrôlés par des civiles armés et blâme l’establishment canadien. Ses critiques remettent au jour le passé peu glorieux du peuple canadien et soulignent l’histoire vaillante de la première République noire au monde, terre façonnée par des idéaux de liberté et des conquêtes antiesclavagistes.
Le Canada, évoque l’ancien prisonnier, conserve ses attraits réactionnaires d’une nation sans mémoire sans patrimoine révolutionnaire. Il maintient sa position de tenir la tête haute, tout en jurant de ne pas couper les rapports avec «Barbecue», «Izo», «Ti Lapli», «Manno» et autres chefs gangs qui terrorisent la population.
Hervé Noëlvevenoel@gmail.com

