Face au projet d’organiser des élections le 13 décembre ou l’année prochaine, sans souveraineté , avec ou sans Fils-Aimé, une force de résistance patriotique se construit à travers des organisations de la société civile et les mouvements paysans dans tout le pays. Elle se démarque clairement de ces élections conçues dans le cadre d’un plan en totale contradiction avec les intérêts de la grand majorité de la population et ceux du pays en général, qu’elles se tiennent avec ou sans Fils-Aimé. Cette résistance n’a pas encore la force de bloquer le processus, mais elle existe et rappelle qu’une autre voie reste possible.
Dans cet environnement politique, social et économique dominé par l’incertitude et des intérêts croisés parfois contradictoires, les élections en Haïti, avec ce CEP, sous l’égide d’Alix Didier Fils-Aimé et avec cette pléthora de candidats sanctionnés par l’international, se résument désormais à une formule brutale : le 13 décembre 2026 ou jamais. Ceux qui décident aujourd’hui de l’avenir du pays n’ont plus qu’un choix : organiser un spectacle le 13 décembre et lui donner le nom qu’ils voudront, ou courir le risque, après les élections de mi mandat aux États-Unis, de ne jamais pouvoir tenir de joutes électorales spéciales avec Fils Aimé.
Voici pourquoi cette alternative s’impose, point par point.
1. La configuration suspecte des candidatures au CEP
Le site du CEP révèle une réalité troublante. Viktwa, le regroupement soutenu par Fils-Aimé, bénéficie des moyens et des ressources de l’État ainsi que d’une inscription gratuite. Pourtant, il n’a pas inscrit le plus grand nombre de candidats. Deux explications s’imposent : soit Viktwa sait qu’il n’y aura pas d’élections le 13 décembre et peut donc prendre son temps, soit il est incapable de mobiliser suffisamment de candidats crédibles sur l’ensemble du territoire (hypothèse peu crédible compte tenu des ressources disponibles). Dans les deux cas, la configuration officielle des candidatures est à la fois révélatrice et suspecte. Elle traduit une hésitation profonde et des incertitudes structurelles au sommet de l’appareil.
2. Le risque américain des midterms du 3 novembre
Les élections de mi-mandat aux États-Unis, le 3 novembre prochain, peuvent bouleverser la politique étrangère de l’administration Trump. Un changement de rapport de forces au Congrès pourrait modifier certaines options concernant Haïti et réduire considérablement les marges de manœuvre dont bénéficient actuellement Fils-Aimé et ses appuis, notamment des acteurs comme Erik Prince. Attendre au-delà du 13 décembre, c’est prendre le risque que la fenêtre d’opportunité se referme brutalement.
3. La manœuvre du décret électoral et la pression des sanctionnés
La dernière révision du décret électoral, orchestrée par Fils-Aimé, a permis l’inscription sans danger immédiat de Martelly et d’autres personnalités sanctionnées. En renvoyant la décision finale aux contentieux, le Premier ministre a trouvé un moyen original de jouer entre l’enclume de ses alliés sanctionnés et le marteau de l’international. Pour ces candidats, c’est maintenant ou jamais. Ils sont déjà « dans la merde ». Ils estiment que la seule voie de réhabilitation passe par la reprise du pouvoir (exemples de Martelly et Privert). C’est pourquoi ils poussent Fils-Aimé et le CEP à organiser un « spectacle » le 13 décembre, quelles que soient les conditions et les conséquences.
4. Le facteur des gangs armés
La présence des gangs constitue un élément non négligeable dans l’équation « 13 décembre ou jamais ». Comment gérer ces groupes armés pour permettre l’organisation d’un spectacle plus ou moins acceptable ? Comment trouver un accord, même partiel, avec les principaux chefs de gangs ? Comment donner au moins la perception que les routes nationales sont ouvertes avant le 13 décembre ? Ce sont précisément les questions auxquelles Erik Prince doit apporter des réponses dans les meilleurs délais. Sans un minimum de « pacification » scénarisée, le spectacle devient impossible à monter.
5. La compatibilité avec le plan de long terme pour Haïti
Un spectacle électoral le 13 décembre 2026 est-il compatible avec le plan qui s’exécute sous nos yeux, avec l’aide de Fils-Aimé : le génocide lent du peuple haïtien et la livraison progressive des ressources du pays à des intérêts étrangers ? Accélère-t-il ou ralentit-il ce processus ? C’est la vraie question pour ceux qui ont décidé de ravir le destin de grandeur du pays de Dessalines. Certains peuvent se dire que la situation est tellement sous contrôle et la population tellement frappée et désespérée que le résultat sera le même, que les élections aient lieu le 13 décembre ou l’année prochaine. Cela ne nuira pas au plan, dont une étape importante a déjà été l’assassinat d’un président en rébellion.
6. L’émergence d’une force de résistance patriotique
Face à ce projet, une force de résistance patriotique se construit à travers les organisations de la société civile et les mouvements paysans. Elle se démarque clairement de ces élections sans souveraineté, qu’elles se tiennent avec ou sans Fils-Aimé. Cette résistance n’a pas encore la force de bloquer le processus, mais elle existe et rappelle qu’une autre voie reste possible.
Dans ce contexte d’incertitude généralisée et d’intérêts contradictoires, le 13 décembre 2026 n’est plus une simple date électorale. C’est le dernier créneau réaliste pour ceux qui veulent verrouiller le contrôle sous la couverture d’un scrutin. Après les midterms américains, la fenêtre risque de se fermer. Le choix est donc clair et sans appel : organiser le spectacle le 13 décembre… ou accepter le risque de ne jamais pouvoir le faire avec Fils-Aimé.

