Les requérants, qui se bousculent devant plusieurs centres de livraison de document de voyage à Port-au-Prince, affirment être motivés par le nouveau programme de visa humanitaire mis en œuvre par l’administration américaine de Joe Biden pour lequel 30 000 ressortissants d’Haïti, du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua sont visés par un permis de travail pendant deux ans.
Le désir de fuir Haïti, de rêver un lendemain meilleur hante de plus en plus l’imaginaire collectif haïtien. Cette tendance entend se confirmer, moins d’une semaine après l’annonce du lancement du programme américain de visa humanitaire, devant les services de délivrance de documents de voyage à Port-au-Prince.
Lundi 9 janvier 2023, la foule a déferlé sur Lalue dans l’optique d’appliquer ou de renouveler le passeport haïtien afin de se faire l’heureux bénéficiaire du nouveau plan migratoire initié par l’administration de Joe Biden. Devant la Direction de l’immigration et de l’émigration, le soleil de plomb et les heurts se rivalisaient au milieu de l’affluence de requérants résolus à abandonner un pays pour lequel la chance de réussir s’amenuise graduellement.
Le discours dominant renvoie à une aubaine, une chance offerte par le Président américain Joe Biden d’espérer un futur radieux et de tourner le dos à cette République qui tue les rêves. L’optimiste de convaincre un sponsor en terre américaine est étonnant. Chaque détenteur d’une enveloppe jaune dans laquelle les pièces requises pour l’obtention du passeport semble avoir la tête dans les étoiles.
Haïti, pour certains, appartient déjà à l’histoire.
Le constat du branle-bas, devant la Direction de l’immigration et de l’émigration à Lalue est comparable à ce qui se passe au Centre de réception et de livraison de document d’identité (CRLDI) à la rue Lamarre, au CRLDI de Delmas 31 etc. Si les responsables des espaces instruits pour desservir les demandeurs paraissent dépassés par les évènements, les raquetteurs de plus en plus convoités, détiennent la cote en hausse.
Hervé Noel

