19 octobre 2026
Ariel Henry et ses alliés oligarques préparent-ils une nouvelle augmentation des prix du carburant en Haïti ?
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Ariel Henry et ses alliés oligarques préparent-ils une nouvelle augmentation des prix du carburant en Haïti ?

Le carburant est de nouveau introuvable dans les pompes à essence tant à Port-au-Prince que dans les villes de province. Dans les rues la gazoline se vend à la capitale entre 1500 et 3000 gourdes et atteint les 5 000 gourdes dans certains départements géographiques, soit 5 à 10 fois le prix fixé par le gouvernement de facto

Le diesel et le Kérosène ont aussi disparu de la grande majorité des pompes à essence qui restent fermées. Pourtant par devant et à l’intérieur même de certaines pompes à essence , des vendeurs ambulants offrent le gallon de diesel à plus de 1000 gourdes et celui du Kérosène à 1500 gourdes, c’est-à-dire près de 4 fois le prix fixé par l’État lors de la dernière augmentation unilatérale en septembre dernier.

Les cinq (5) compagnies pétrolières (DNC, GO, Dinasa, Total et Capital), les associations des distributeurs de produits pétroliers et le gouvernement de facto sont-ils incapables de ramener le carburant dans les pompes à essence après avoir priorisé le marché informel au dépend du marché formel ?

Ou s’agit-il tout simplement de la reprise de la stratégie de Ariel Henry et de ses alliés du secteur privé consistant à créer une rareté artificielle afin d’augmenter une nouvelle fois le prix du carburant à la pompe, après l’augmentation de 128% en septembre dernier ?

Mardi 13 décembre 2022 ((rezonodwes.com))–

Ariel Henry et des alliés du secteur privé , avec la complicité du gang G9 qui avait bloqué durant plusieurs semaines le principal terminal pétrolier du pays, sont les principaux responsables de l’amplification et du développement du marché parallèle du carburant (le marché noir) en Haïti.

Ce marché , certes, a toujours existé, car le carburant même , avant l’installation du Premier Ministre de facto par le Core Group, se vendait également dans les rues en dehors des pompes à essence. Mais ce marché informel était marginal par rapport à celui légalement constitué et reconnu par l’État haïtien.

Cependant Ariel Henry et ses ministres avec la complicité de la communauté internationale dans leur stratégie d’augmentation du prix du carburant à la pompe, il y a trois mois de cela, ont créé une rareté artificielle occasionnant à la fois une augmentation vertigineuse du prix de la gazoline et du diesel dans les rues et explosion du nombre de vendeurs ambulants estimés  aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliers.

La stratégie du Premier Ministre de facto visant à faire accepter son augmentation de 128% par une population martyrisée et terrorisée par les gangs semble avoir  réussie. 

En effet les usagers des transports publics se sont d’avantage appauvris mais s’étaient résignés tant bien que mal  à payer les nouveaux prix fixés par le régime de facto et les propriétaires de voiture privée et publiques décapitalisés chaque jour de plus en plus avaient commencé à payer les nouveaux prix exigés par le gouvernement de facto.

Cependant, entre temps la situation a évolué : des milliers de personnes qui n’avaient rien à voir avec le carburant ont intégré le « business « du carburant au marché noir et veulent que ce juteux commerce informel du carburant continue et devienne la norme en Haïti.

Et à  un autre niveau beaucoup de distributeurs de produits pétroliers se sont habitués à des marges bénéficiaires hors du commun réalisées au marché noir et ne veulent plus s’en passer.

Bref le gouvernement de Facto se retrouve face à une multitude d’acteurs , grands et petits dans le secteur, de plus en plus nombreux, qui n’ont aucun intérêt à ce que le carburant soit distribué normalement dans les pompes à essence. Grâce à Ariel Henry et ses alliés du secteur privé , ces acteurs multiples ont tous découvert les délices du marché noir du carburant et jurent par tous les dieux que cela durera longtemps encore.

Dans son insouciance et son immobilisme , Ariel en rit et  s’en fout pas mal  de cette situation qu’il a lui-même créée avec  des éléments du secteur privé ( compagnies pétrolières, distributeurs et vendeurs ambulants) .

 Le résultat est là sous nos yeux : le carburant aujourd’hui en Haïti n’a pas de prix et Il se vent essentiellement au marché noir.

Cette situation du carburant en Haïti constitue une source d’appauvrissement de la majorité de la population, mais l’inflation générale qu’elle a engendrée était parfaitement prévisible.

En effet, en annonçant l’augmentation de 250 à 570 gourdes pour la gazoline, de 335 à 570 gourdes pour le diesel et de 352 à 565 pour le kérosène le 11 septembre dernier, le gouvernement de facto avait rallumé la flamme de la mobilisation au sein d’une population déjà très durement éprouvée par les 11 années de gestion du régime PHTK. Et les mouvements  de protestation  n’ont pas suffi pour dissuader le chef du gouvernement de facto à faire machine arrière sur cette décision qui a causé des torts irréparables à une frange importante de la population croulant sous le poids d’une inflation galopante.

En outre, quand on combine la hausse des prix  des produits pétroliers en décembre derniers à celle annoncée par l’actuel gouvernement, cela donne   en fait une augmentation totale de 183,5% (201 à 570 gourdes) sur la gazoline ; une augmentation de 296,6% (169 à 670 gourdes) sur le diesel et une augmentation de 307,9% (163 à 665 gourdes) sur le kérosène.

Le premier ministre de facto avait assuré que son gouvernement allait consentir des efforts pour rendre disponible les produits pétroliers dans les terminaux. « Le marché noir est terminé. Les motocyclistes, les camionneurs, les usines, les entreprises n’éprouveront plus de difficultés. Je compte sur chacun de vous pour un retour au calme », disait-il.

Il  avait promis d’élargir le programme gouvernemental d’apaisement social afin de venir en aide aux familles défavorisées. « Les recettes douanières et les fonds qui étaient destinés à subventionner les produits pétroliers vont permettre au gouvernement de voler au secours de la population. Dans le prochain budget, nous prévoyons d’acheter des semences et des engrais pour les agriculteurs, de réparer les systèmes d’irrigations afin d’augmenter la production nationale, de fournir un plat chaud aux écoliers, d’augmenter les restaurants communautaires, de lancer des programmes de créations d’emplois dans les 571 sections communales, […] », avait souligné le PM de facto.

Il avait également estimé nécessaire d’engager des discussions avec les patrons pour une revalorisation du salaire minimum.

Rien de tout cela n’a été respecté. Aucune des nombreuses promesses de celui installé par le Core Group à la tête du pays n’a été tenue . Ce qui amène certains observateurs à conclure que la politique menée par le PM de facto et ses alliés locaux et internationaux constitue une véritable Nuisance à la paix sociale.

Et la complicité et l’hypocrisie du secteur privé qui s’est déclaré préoccupés par la persistance de la crise multidimensionnelle qui ne cesse d’endeuiller les familles, d’asphyxier l’économie nationale et d’appauvrir la grande majorité de nos concitoyens, méritent d’être dénoncées.

En effet le commerce du carburant dont les nouveaux contours sont dessinés essentiellement par des membres de ce secteur privé et le réseau de petits vendeurs dans les rues, échappé totalement aujourd’hui au contrôle de l’État qui se charge uniquement de prélever les taxes à l’arrivée de chaque livraison.

« Il n’y a pas d’inquiétude sur le marché pétrolier. Aujourd’hui, les produits pétroliers sont disponibles dans au moins quatre compagnies: GO, DNC, TOTAL et CAPITAL. La commande de DINASSA,  avait assuré Ricardin Saint-Jean, ministre  du commerce de facto, intervenant sur les ondes d’une station de radio de la Capitale.

De son côté, étonnamment,  le président de l’Association des professionnels du pétrole (APPE), Randolph Rameau qui semble vouloir se moquer du pauvre consommateur haïtien, avait dit entrevoir le spectre de faillite de compagnies pétrolières et de stations d’essence opérant en Haïti, alors que les profits et marges bénéficiaires réalisés par ses membres  sur le dos de cette population martyrisée grâce au marché noir qu’ils alimentent au vu et au  su de tout le monde n’ont jamais été aussi grands.

« Les prix des produits pétroliers augmentent. Le dollar est rare, les compagnies commandent pour les dollars obtenus. Elles saturent leurs lignes de crédit. Leurs créanciers leur demandent de payer. Cela ne m’étonnera pas que des compagnies arrêtent leurs opérations. C’est le jonglage qui se fait. Des compagnies ont plus de ressources que d’autres. Si cette situation perdure, beaucoup de stations d’essence feront faillite. Je ne doute pas que des compagnies s’éclipseront parce que la situation sera devenue intenable » se plaignait M. Rameau , alors que le prix du Pétrole est à la baisse sur le marché international.

Ce même représentant du secteur privé avait tenté de justifier «  l’injustifiable «   en faisant la maison du prix du carburant avec le taux du dollar

« Quand l’État paie la subvention en gourdes après 15 jours, 22 jours, il faut transformer ces gourdes en dollars pour placer la prochaine commande. Très souvent, vu le temps pris, convertir ces gourdes en dollars relève du défi. Vous ne trouverez pas 60 millions de dollars américains sur le marché haïtien en deux, trois jours. Le peu que vous parvenez à acheter, vous êtes obligé de le payer au prix fort. La structure des prix est calculée sur le taux moyen d’acquisition (TMA) aujourd’hui de 117, 118 gourdes pour 1 dollar. Si l’État me donne l’équivalent de 60 millions de dollars en gourdes, il n’est pas évident que je vais acheter 60 millions de dollars à 117 gourdes. Dans la plupart des cas, les compagnies sont obligées d’acheter à 142, 143 gourdes pour 1 dollar. De pareils taux sur le marché informel, cela ne fait aucun sens. Mais pour accepter que le produit arrive, il y a des compagnies qui acceptent d’accuser des pertes. C’est ça la situation »,

 Par rapport au fait que l’Etat haïtien, à travers la Banque Centrale, met à la disposition de ce secteur privé le peu de ce qui reste encore des réserves stratégiques en dollars américains, M. Randolph Rameau admet que  l’État fait beaucoup d’efforts, beaucoup de jonglage, avec l’accompagnement de la banque centrale. Mais les faibles montants que nous recevons  ne suffisent pas en général à placer une commande, ajoute-il.

Bref , tenant compte de la conduite inacceptable du secteur privé  dans le dossier du carburant, certains mettent en doute la bonne foi du secteur privé quand il affirme vouloir changer de comportement et être en faveur du lancement « d’un programme immédiat et intensif de réformes des pratiques commerciales internes pour promouvoir la transparence, la concurrence loyale et le strict respect des normes éthiques et juridiques qui doivent guider toutes les activités économiques dans une Haïti démocratique, paisible et stable. « 

Dans l’état actuel des choses en Haïti, rien qu’en considérant le dossier du carburant et la façon dont des membres éminents se sont associés avec le gouvernement de facto pour créer une rareté artificielle, développer le marché noir informel au dépend du marché formel du carburant, ledit secteur privé aura fort à faire pour convaincre de sa volonté de « développer un code de conduite public-privé pour assurer la transparence des pratiques concurrentielles, la collecte et l’utilisation rationnelle et transparente des fonds publics, tout en exigeant l’application stricte de la loi pour lutter contre la corruption et l’impunité. »

Aujourd’hui les questions que l’on se pose  est de savoir :

Si les cinq (5) compagnies pétrolières, les associations des distributeurs de produits pétroliers et le gouvernement de facto sont-ils incapables de ramener le carburant dans les pompes à essence après avoir priorisé le marché informel au dépend du marché formel ?

Ou s’agit-il tout simplement de la reprise de la stratégie du PM de facto Ariel Henry et de ses alliés du secteur privé consistant à créer une rareté artificielle afin d’augmenter une nouvelle fois le prix du carburant à la pompe, après  l’augmentation de 128% en septembre dernier ?

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