Le professeur haïtien Rhodner J. Orisma écrit au président américain, Joe Biden

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Lettre au Président Américain Joseph R. Biden

Rhodner J. Orisma, ancien chef de département de sciences politiques à l’Ierah-Iserss, Ueh, a écrit, d’une manière respectueuse, au Président américain Joseph R. Biden en date du 13 octobre 2022 à propos de ce dont Haiti a réellement besoin au lieu de la demande d’intervention étrangère faite par le gouvernement haitien la semaine précédente. Sans commenter cette intervention, la lettre précise pour le Président américain que les programmes prioritaires du pays doivent être agricole et urbain pour fournir des besoins primaires à la population. Très formelle, ladite lettre exhorte les partenaires américains et canadiens de se concentrer constamment sur les supports matériels et financiers  pour aider Haïti à réussir les programmes susmentionnés. Voici une copie de la lettre suivie de traduction:

Port-au-Prince, October 13, 2022

Mr. Joseph R. Biden
President of the United States of America (USA)
The White House1600 Pennsylvania Ave NW
Washington, DC 20500

Subject:  Towards National Conference to Rebuild Economy and Peace in Haiti
Sujet :  Vers une conférence nationale pour reconstruire l’économie et la paix en Haïti

Dear Mr. President,

Haiti, at this time, needs help to modernize its State with new visions and strategies related to international development. It needs to develop urban and agricultural programs and provide basic needs to the population. However, to avoid recurrent issues such as gang violence, security crises, water and food scarcity, housing, healthcare, and educational problems, the Haitian people must initiate its vision and action for an appropriate change. For this process, we envision one of the two following scenarios: 
The country needs strong involvement in a national conference, with the supervision of the United Nations (UN) and the U.S. Bureau of Western Hemisphere Affairs, in order to reach political and socioeconomic consensus. Accordingly, in a neoliberal context, public and private players can freely draft new programs for urban and non-urban areas to replace the traditional systems that have been in place since the 1820s.

We need new professionals (urban planners and agricultural managers) trained in advanced development theories to draft these new programs. For instance, after the 2010 earthquake in Haiti, these urban and agricultural planners, along with the Prince Charles Foundation, came together to design a new Port-au-Prince.

Alternatively, Haiti can create a new ministerial position, such as the Urbanization and Housing Development. Accordingly, qualified urban planners will work with international consultants to map or remap cities, build roads and bridges, and create standardized affordable housing programs. As the country has faced the natural disasters over the last two decades (2000-2022), the Haitian State can rely on the Public Development Aid (PDA/APD) or particularly on the American and Canadian governments to run this ministry with specialized financial and material assistance to build these programs. Without such programs along with a sustainable agricultural program, any type of social change or peace is almost impossible to achieve.

Our country’s ancestors accomplished the Revolution of 1804 by overthrowing slavery and the colonial system to pave the way for these programs. But unfortunately, post-colonial contradictions or internal conflicts, external threats, and disaster management issues prevented the country from progressing. Now, we are analyzing the daunting challenges facing the country and are ready to share the sacrifices needed to help the country move forward alongside America and get on the right track.

As a sociologist, professor, former department head of political science for over ten years, and author of articles and books about Haiti and the U.S., I am trying to remind your government and the international community that the country seriously needs consistent urban and agricultural cooperation. As the previous international support efforts and foreign interventions have shown their weakness, Haiti needs now a firm focus on urban and farming programs to make a lasting impact on the country and its people.

According to these standards, the country can look towards sustainable development by 2030 or soon after, providing the population with clean water, food, housing, public security, health care, education, etc. With its people’s fighting spirit and latent strength, Haiti can, once again, be again a viable land for future generations. Helping Haiti reach this goal will either solidify the Panamericanism birthed from Haiti or set the country up to pay forward the aid it has received.

Thanks for your time !

Most Respectfully,
Rhodner J. Orisma, PhD
Professor of Urban Sociology and Methodology
Port-au-Prince, Haiti
rhodner.orisma@ueh.edu.htrhodner.orisma@yahoo.com

CC: 
Mr. Antonio Guterres UN Secretary-General
Mr. Justin TrudeauCanadian Prime Minister
Mr. Brian A. NicholsUS Assistant Secretary of State for Western Hemisphere Affairs
The Prince Charles Foundation London, UK

***

(Traduction française)

Sujet :  Vers une conférence nationale pour reconstruire l’économie et la paix en Haïti
Monsieur le Président,

Haïti, en ce moment, a besoin d’aide pour moderniser son État avec de nouvelles visions et stratégies liées au développement international. Elle a besoin de développer des programmes urbains et agricoles et de fournir des besoins primaires à la population. Cependant, pour éviter les problèmes récurrents tels que la violence des gangs, les crises sécuritaires, la pénurie d’eau et de nourriture, les problèmes de logement, de santé et d’éducation, le peuple haïtien doit initier sa vision et son action pour un changement approprié. Pour ce processus, nous envisageons l’un des deux scénarios suivants : 
Le pays a besoin d’une forte implication dans une conférence nationale, sous la supervision de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et du Bureau des affaires de l’hémisphère occidental des États-Unis qui est déjà en cours, afin de parvenir à un consensus politique et socio-économique.

Ainsi, dans un contexte néolibéral, les acteurs publics et privés peuvent librement élaborer de nouveaux programmes pour les zones urbaines et non urbaines afin de remplacer les systèmes traditionnels en place depuis les années 1820. Nous avons besoin de nouveaux professionnels (urbanistes et gestionnaires agricoles) formés aux théories avancées du développement pour élaborer ces nouveaux programmes. Par exemple, après le tremblement de terre de 2012 en Haïti, ces urbanistes et gestionnaires agricoles, ainsi que la Fondation Prince Charles, se sont réunis pour concevoir un nouveau Port-au-Prince.

Alternativement, Haïti peut créer un nouveau poste ministériel, comme celui de l’Urbanisation et du Développement du Logement. Ainsi, des urbanistes qualifiés travailleront avec des consultants internationaux pour cartographier ou remodeler les villes, construire des routes et des ponts, et créer des programmes de logements standards et abordables. Comme le pays a fait face aux catastrophes naturelles des deux dernières décennies (2000-2022), l’État haïtien peut compter sur l’Aide Publique au Développement (APD) ou plus particulièrement sur les gouvernements américain et canadien pour faire fonctionner ce ministère avec une assistance financière et matérielle adéquate pour construire ces programmes. Sans ces programmes, ainsi qu’un programme agricole durable, tout type de changement social ou de paix est presque impossible à réaliser.

Les ancêtres de notre pays ont fait la Révolution de 1804 en renversant l’esclavage et le système colonial pour ouvrir la voie à ces programmes. Mais malheureusement, les contradictions post-coloniales ou les conflits internes, les menaces extérieures et les problèmes de gestion de catastrophes naturelles ont empêché le pays de progresser. Aujourd’hui, nous analysons les défis de taille auxquels le pays est confronté et sommes prêts à partager les sacrifices nécessaires pour aider le pays à se positionner aux côtés de l’Amérique et à se mettre sur la bonne voie.

En tant que sociologue, professeur, ancien chef de département de sciences politiques pendant plus de dix ans, et auteur d’articles et de livres sur Haïti et les États-Unis, j’essaie de rappeler à votre gouvernement et à la communauté internationale que le pays a sérieusement besoin d’une coopération urbaine et agricole cohérente. Les précédents efforts de soutien international et les interventions étrangères ayant montré leur faiblesse, Haïti a maintenant besoin de se concentrer fermement sur les programmes urbains et agricoles pour avoir un impact durable sur le pays et sa population.

Selon ces normes, le pays peut envisager un développement durable d’ici 2030 ou peu après, en fournissant à la population de l’eau potable, de la nourriture, des logements, la sécurité publique, des soins de santé, l’éducation, etc. Grâce à l’esprit combatif et à la force latente de son peuple, Haïti peut, une fois encore, redevenir une terre viable pour les générations futures. Aider Haïti à atteindre cet objectif permettra soit de consolider le panaméricanisme né en Haïti, soit de préparer le pays à payer aux partenaires dans le besoin l’aide qu’il a reçue.

Merci pour votre temps !
(Fin de traduction française)

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