« Le génie n’a qu’un siècle ; au cours de règne de médiocratie sinistre qui chasse les vertus de la méritocratie, il faut qu’il dégénère ». La justice dans le coma, l’éducation à « cinq pieds » sous terre, la santé en passe d’exhaler son dernier souffle, le loisir proche de sa date d’expiration ; les institutions sacrées sont quasiment réduites au néant.
Parallèlement, l’insécurité et son cortège de malheurs montent en flèche, à vitesse de propulsion d’une fusée pour désemparer les étoiles de leurs belles promesses d’illuminer les lieux de la cité. C’est dans ce contexte de débâcle sociétale qui a atteint son apogée en raison de la nonchalance des officiels démentiels que la Faculté des Sciences (FDS) a déclaré une période sabbatique sine die.
Triste nouvelle pour la famille académique, mais juste décision au regard des valeurs suprêmes. Car rien ne vaut la vie. Aucune initiative pour salutaire qu’elle soit ne vaudrait jamais la peine si elle hypothèque la santé ou la vie. La transmission de la connaissance ne s’y érige point en exception à ce principe divin. La vigilance imprégnant la FDS l’a tout bonnement incitée à souscrire à la portée pragmatique de la maxime de Hobbes qui stipule : « Primum Vivere, Deinde Philosophari ».
Mardi 16 aout 2022 ((rezonodwes.com))–
Depuis 2011, Haïti est entortillée par une gouvernance macabre qui fissure les pylônes centraux de sa stabilité et de son développement. Tous les indicateurs économiques et sociaux s’exhibent dans un rouge vif pour reléguer la première république noire en position du seul mouton noir de l’Hémisphère, entêté à dégringoler en empruntant la trajectoire de l’ingouvernabilité. Cette descente catastrophique de la république historique au fond des hypogées n’est certainement pas une surprise.
La méfiance expulse la confiance, la cupidité ridiculise l’intégrité, la rature fait fuir la droiture, les dépressions évincent les aspirations. Notre société moissonne les fruits toxiques d’une semence de galvaudage des institutions qui se transforme « logiquement » en un paysage sauvage. Les psychologues Américains George Kelling et James Wilson ont théorisé sur cette observation empirique à travers leur fameux « Broken Window Effect ». D’une seule fenêtre brisée en 2011 qui a ouvert les veines vitales du pays à toutes les entrées toxiques, une vanne a été pétée pour imploser l’édifice social en entier.
Martellisation et Jovenélisation des institutions
Depuis l’intronisation de l’ancien prisonnier « Michaël Martelly » à la première magistrature de la cité, c’est la médiocrité dans une fière allure sur toute la ligne. Le cannabis à l’hypophyse de la sphère publique, la bêtise a damé le pion à la matière grise. Toutes les fesses perverses, de toute origine et de toutes les morphologies osent aspirer à trôner à la tête des plus prestigieuses institutions nationales au son de notre fière Dessalinienne aujourd’hui vilipendée.
Perversion, concussion, tergiversation, lamothisation, martellisation, jovenélisation ; le mensonge se dégaine sans gêne au sommet de l’État. Hier, il se tonitruait en des décibels de tonnerre des promesses creuses de bananes pourries à mettre dans les assiettes et de l’argent dans les poches du peuple jovenélisé. Projets farfelus de téléphériques, hôpitaux, campus universitaires, stades, ports et aéroports ; ces espiègles au cœur de l’administration publique prennent les enfants du Bon Dieu comme des canards sauvages.
À la vérité, ces véreux corrompus ont transporté les finances publiques en des paradis fiscaux au profit de leurs progénitures. Ce n’est pas cette BRH flagorneuse qui empêcherait le blanchiment d’argent en des opérations financières mafieuses de ce clan qui a recruté le dernier conseil épave de la rue Pavée. Question : Que se passera-t-il aux comptes bancaires posthumes aux plusieurs digits détenus par le défunt Jovenel Moïse ?
Aujourd’hui, la plaque officielle sert de passeport diplomatique pour faciliter le kidnapping dans une cynique connivence officielle officieuse. Policiers, sénateurs, ministres, artistes, personnalités de la presse, hommes d’affaires ; nombreux sont les têtes sans cœur qui adoptent cette nouvelle forme d’enrichissement ignominieux. Les « Habitants » champions des sales boulots de banalisation institutionnelle ont envahi les positions stratégiques. Débandade.
Opposition à califourchon
Le sophisme guidé par la convoitise de la jouissance des privilèges indus se met au service du crime pour décimer le syllogisme de la justice et l’algorithme de la raison. Honteusement, les intellectuels thuriféraires soutiennent l’arbitraire moyennant un poste ministériel, une subvention de l’épave Banque Centrale, une consultation au palais en chute libre ou un contrat juteux à la primature dénaturée. À l’avarice dans la disette, les officiels corrompus jettent quelques os desséchés pour faire valser les labradors de la frange de l’opposition sans conviction.
Véritable « fusion » ignoble en des « supplices » de dialogues monologués au détriment de la collectivité, le vilain parrain caché sous le jupon de la communauté internationale perfide est détenteur des moyens de sa politique luciférienne pour mobiliser des batteries d’avocats prêts à innocenter le bourreau et à incarcérer la victime. Ariel « en rit » en servant du vin et du caviar en contrepartie du sale boulot de nettoyage du badigeonnage du PHTK pour soûler les « bouda chire » de l’opposition à califourchon.
Entre temps, le peuple bafoué est convié à épouser des barricades de pneus enflammés pour danser un dernier tango les deux pieds dans un seul soulier. Véritable diner de cons concocté par des mauvais larrons locaux de concert avec des condescendants des coopérations multilatérales qui embrassent Haïti à la Judas Iscariote.
Devant cet échec cuisant d’une factice coopération, les « blancs hypocrites » de l’OEA, des ambassades et des Nations Unies doivent cesser de fourrer leurs longs nez belle longueur dans les affaires souveraines de la nation. Du partenariat, oui Haïti en veut. Mais de l’ingérence qui ne fait que conduire à la dégénérescence, que cela cesse. Haïti est indépendante ; elle est bourrée de personnalités dignes au bercail et à la diaspora en mesure de mener le peuple à la terre promise.
Puissent les prochaines élections à planifier par la transition incontournable se piloter par un CEP autonome non dicté par les « observateurs pharisiens » afin qu’elles soient effectivement libres, honnêtes et démocratiques.
L’arme de la dialectique, sans munition
Tout s’écrit, se lit, se dit, se prescrit et se vit dans la passivité et la permissivité, en absence de la censure des institutions de vigie dont le chef de file actuel a été installé dans « l’omnipotence occidentale » par un tweet du Core-Group aux « gros orteils ». Les références sont inversées dans la perversité. Dans une condescendance grandiloquente, la médiocrité croise ses cyniques genoux sur le coup de l’excellence.
C’est bizarre que l’université se conforte à trottiner sur le chemin de l’injustice bouche bée et les yeux bandés. À force d’être envahie par des charlatans et des bluffeurs aux faux manteaux de pasteurs et de prophètes, l’église est en perte de crédibilité. La raison ne peut plus compter sur l’autorité ecclésiastique pour brandir : « Il faut que quelque chose change » analogue au support papal précurseur de la chute de la dictature en 1986.
Bouilli vidé, priorité de la fesse sur la face, « pito nou lèd nou la », les poumons de l’exquisité n’arrivent guère à inhaler des bouffées d’oxygène dépouillées de gaz lacrymogène. L’imposture aux agendas vides fait le vedettariat sur la pensée structurée ; les improvisations caravanières dénudées de termes de référence évincent les projets planifiés selon les règles de la politique publique.
Quand est-ce que les entités régaliennes concernées mèneront-elles une investigation poussée sur le gaspillage des fonds de la Caravane ? Avec l’argent du trésor public, le faux ingénieur se ferait partenaire avec une kyrielle de racketteurs pour monter des entreprises individuelles. En plus du focus sur le « Kob Petrocaribe », des stratégies devraient être mises en œuvre pour récupérer les investissements du myope Jovenel Moïse en tandem avec de nombreux dealers de la cité.
Au lieu de jouer un rôle de vigie pour contrebalancer les dérives des autorités sans notoriété, la presse se prostitue dans l’accumulation de la richesse déloyale. Dans leurs courses effrénées à l’enrichissement illicite, une palanquée de journalistes et patrons de média affairistes n’écartent même pas dans l’univers des possibles de s’associer avec des criminels et des kidnappeurs.
Une vraie république de bananes pourries, notre société est mal barrée. Cet archipel de la Caraïbe en panne de vision magnanime en ce deuxième millénaire est tombé sur la tête. Les étudiants et professeurs aux esprits vifs à manier le crayon et la plume, mais aux triceps impotents à manœuvrer les manches longues payent au prix fort le pot cassé de la dérive sociale. Il faut définitivement un déclic à amorcer par une masse critique consciente en vue d’assurer un retour à l’équilibre.
Étudiant, un Tarzan de la jungle
Totale opacité en des jours ardus sans un brin de lumière, des nuits blanches sans sommeil, des sommeils l’œil gauche fermé et l’œil droit ouvert afin de sursauter au premier cri balistique. Les étudiants voient rouge dans une misère « rose et blanc » au fond de ce tunnel où coule au quotidien du sang innocent de nos consanguins. Sont énormes les obstacles à surmonter par nos étudiants majoritairement aux prises avec l’insécurité exterminatrice et la précarité économique dévastatrice.
Mental d’acier incarné en des esprits de guerriers, nos étudiants sont confrontés à une myriade de pièges sur le parcours curviligne de leurs domiciles à leurs destinations académiques physiques. Ils côtoient la fin ultime en des asymptotes obliques convergeant vers la ligne verticale de la mort. Certains observateurs les catalogueraient de kamikazes prêts à se suicider pour cette cause noble de la quête de meubler le cerveau qu’ils adoptent dans l’optique de se préparer pour l’avenir à des fonctions complexes au profit de la patrie.
Ce sont en des multiplications de stratégies, des déviations de points d’inflexion et des translations géométriques innovantes que les étudiants défient les détraqués du Village du diable qui bloquent les coordonnées axiales de la cité. Des tonnes de devoirs obligent, ils doivent s’allonger au matelas, sinon s’aliter sur des bancs et des tables de leurs facultés, de manière très tardive. Ils ouvrent les deux yeux avant l’aube pour poursuivre la trajectoire imperceptible des axes géographiques les moins garnis d’escadrons de la mort ; ils brisent les lignes droites en des polygones de multiples degrés.
Ces âmes « mal nées » sous un ciel non clément aux génies cogitent à tout bout de champ à trouver les formules magiques pour résoudre les nombreux exercices abstraits quasiment insolubles. Ils aiguisent leurs matières grises en des frottements avec les immortels nés des siècles passés.
Principes d’Archimède, théorème de Bayes, théorie de relativité d’Einstein, crible de Poincaré, binôme de Newton, double pesée de Bordas, équilibre de Nash ; l’étudiant remplit son cerveau d’un ensemble de fichiers appartenant au répertoire des axiomes et théorèmes mathématiques qui apprivoisent les caprices physiques du cosmos. Le fardeau académique est déjà très lourd. Aucun facteur exogène ne devait s’incorporer dans la spécification du modèle complexe de la réussite des études universitaires.
Quand on sait que les pratiques empiriques de la trigonométrie, l’économétrie et la géométrie requièrent l’accès à des axes géographiques sécurisés, on perçoit de la sagesse dans cette mesure dialectique de cesser les activités de la FDS. Squattérisant les quatre points cardinaux et les quatre points collatéraux, les monstres de la jungle ont exhibé leurs griffes en laissant des traces de projectiles sur la cour de l’entité académique de référence.
Puisque les armes et munitions des guerriers de l’arène académique sont entre autres le crayon, la craie, l’équerre, le papier, le tableau, le livre et la plume, ils ne peuvent qu’être intimidés par les débris de projectiles étalés par les mitraillettes et les kalachnikovs. Les instruments de construction des architectures aux mains des étudiants et professeurs à manier dans la dextérité ne peuvent jamais garantir la victoire sur la manche longue des groupes sanguinaires. Il revient à l’État (au gouvernement) de jouer la partition d’assurer la paix dans la cité.
Étudiants et gangs, ce sont deux catégories diamétralement opposées dont les chemins ne devaient guère se croiser. L’une détient superpuissance là où prévaut « la dialectique des armes » qui vise à exterminer les biens et les valeurs. Alors que l’autre s’inscrit dans l’arène de « l’arme de la dialectique » qui se décline en des argumentaires, thèses et antithèses pour tirer des synthèses au profit du bien-être collectif.
Trop longtemps sur le qui-vive en des gymnastiques inimaginables ; la paix dans la cité est une condition préalable – non négociable – pour que les activités soient entreprises en bonne et due forme. Il faut un « Punto Final » à ces mascarades. À titre d’écho au vœu de Montesquieu, « Que les Haïtiens et Haïtiennes honnêtes et courageux deviennent dirigeants de la cité ».
Clôture de la FDS aujourd’hui, une réponse raisonnable dans la déraison publique
Pour surprenant qu’il soit, l’arrêt des activités académiques de la Faculté des Sciences (FDS) ne se révèle pas plus choquant que le mode de fonctionnement délabré qui prévaut au sein des institutions académiques de l’Université d’État d’Haïti (UEH). J’imagine l’amplitude du scandale international aux décibels de tonnerre si la Harvard, la Sorbonne, l’Université de Montréal, l’ELAM ou le CLACSO devaient être contraints de fermer leurs portes. Perte de temps, d’argent, d’image ; les déficits seraient énormes.
Mais aussi, j’imagine la magnitude de la honte si une entité académique de renom de cette ère moderne devait se convertir en refuge d’hébergement occasionnel pour accueillir en des acrobaties ignobles certaines âmes qui la fréquentent en vue d’échapper à la terreur des va-nu-pieds qui auraient pris la sécurité en otage.
Instinct de survie oblige dans un contexte de traitement en parents pauvres, les stratégies développées par un bon nombre d’étudiants Haïtiens pour défier le fidèle couple pauvreté et insécurité consistent à empiler chaises et tables des facultés à la tombée de la nuit pour dormir un œil ouvert et un œil fermé. Les sans figures officielles de la PNH et de l’UEH n’ont jamais exprimé une sainte colère devant cette infamie. Gravissime !
Edifice fermé ou édifice converti en maison d’hébergement pour les étudiants risqués et menacés de mort, ce sont deux cas regrettables d’un point de vue de bien-être social. Tous deux tributaires du climat sécuritaire délétère, le deuxième scénario paraît sans ambages plus avilissant.
C’est en vertu des principes de la démocratie que fonctionnent les sociétés modernes. En dehors des références de justice, toute société se réduit à une jungle. Haïti est un exemple probant qui établit que les répercussions néfastes d’une seule faille de la société tendent à rejaillir sur tout le système pour hypothéquer le fonctionnement normal de tous les secteurs vitaux dont la santé, l’éducation, le loisir.
Ce ne sont pas des feux de paille allumés par une PNH infiltrée de figures cagoulées du kidnapping qui vont éteindre le blackout sociétal provoqué par les gangs à cravates et les criminels à sapattes.
Pour ressusciter la science et enterrer l’ignorance, une réforme politique en profondeur s’impose. Le point de départ : Haïti doit se débarrasser du cartel criminel PHTK.
Carly Dollin

