Forum national sur la transformation de l’éducation : Identification des actions prioritaires

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Samedi 6 août 2022 ((rezonodwes.com))–

Après trois journées d’échanges, le ministre de l’Education nationale a clôturé, ce vendredi 5 août, les travaux du Forum national sur la transformation de l’éducation en Haïti. C’était l’occasion pour le ministre Nesmy Manigat de remercier vivement tous ceux et toutes celles des agences onusiennes, des institutions internationales, nationales et locales, les syndicats d’enseignants qui ont identifié et développé, durant ces trois, les grandes lignes de la position qu’Haïti aura à défendre lors du Sommet sur la transformation de l’éducation qui se tiendra le 19 septembre prochain à New York, suivant une convocation du Secrétaire général de l’Organisation des nations unies, António Guterres.

« Ce forum, porté par un tel thème, s’est révélé être un bel exercice qui devrait s’inscrire dans la quotidienneté du pays. Il s’agit bien d’un thème capital qui charrie les intérêts les plus élevés des parents, des éducateurs et de toute la société », a reconnu le numéro Un du ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).

En la matière, il y a urgence. Car, la résorption de tous les maux du pays – quelle qu’en soit leur nature -, passera, également par l’éducation. Il en sera de même de notre capacité à tisser les liens de cohésion sociale inoxydables, à dégager une nouvelle vision du vivre-ensemble, a fait remarquer le ministre Nesmy Manigat qui est d’un avis ferme, à savoir la transformation de l’éducation fait appel à un engagement financier, volontariste mais assez fort qui ne devrait pas se situer, présentement, en deçà de 20% du budget national. C’est un tel investissement qu’il faudra faire dans le secteur éducatif si l’on espère placer le pays sur le chemin de la croissance économique et répondre aux défis d’une école offrant les mêmes possibilités de réussite aux enfants indépendamment du fait qu’ils vivent en ville, dans les bidonvilles ou en milieu rural.

« Aucun pays ne devrait laisser le lourd fardeau de la scolarisation des enfants à la charge des familles les plus pauvres. On ne pourra pas transformer le secteur si les dépenses publiques ne continuent pas d’augmenter », a poursuivi le titulaire du MENFP conscient des efforts monstrueux auxquels sont astreints les ménages haïtiens pour supporter les coûts directs et indirects de l’éducation ; Haïti étant pays à forte dominante d’écoles privées.

La nouvelle représentante de l’Unesco en Haïti s’est félicitée de l’engament affiché par tous les participants durant ces trois jours de discussions. Selon Tatiana Villegas-Zamora, « La première étape vers la transformation consiste à exhorter les bailleurs de fonds à rediriger les ressources vers l’éducation pour combler le déficit de financement. Ensuite, le pays doit disposer d’un financement considérablement accru et durable pour atteindre l’ODD 4 et ces ressources doivent être équitablement et efficacement allouées et contrôlées. Pour combler les lacunes dans le financement de l’éducation, il faut des actions politiques dans trois domaines clés : Mobiliser davantage de ressources, en particulier nationales ; accroître l’efficacité et l’équité des allocations et des dépenses ; et l’amélioration des données sur le financement de l’éducation ».

En passant, Tatiana Villegas-Zamora a attiré l’attention sur la qualité du travail fourni par le comité technique national en charge de la préparation du Sommet ; un comité constitué de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), de l’Unesco, du Bureau de la Coordonnatrice résidente des nations unies, de l’Unicef et du Programme alimentaire mondial (PAM).

La cérémonie de clôture de Forum a été marquée, également par l’intervention de Marcandré Prost. Le représentant adjoint du PAM en Haïti a signifié, une fois de plus, la volonté de cette agence onusienne de continuer à soutenir les programmes d’alimentation scolaire basés sur les achats de produits locaux dans l’idée de contribuer à l’amélioration de la nutrition et de la santé des élèves tout en œuvrant au renforcement des systèmes agricoles locaux et de l’économie paysanne.

Chargé de prendre la parole au nom d’Armand Gnahore, le représentant adjoint de l’Unicef, Brice Saintil a déclaré espérer que « le dialogue entre les acteurs internes et externes au système éducatif va se poursuivre et ce, au-delà même du Sommet mondial prévu en septembre prochain. Ce dialogue doit nous permettre d’aboutir à des actions concrètes pour garantir à chaque fille, à chaque garçon, à chaque jeune de ce pays, notamment ceux des couches les plus vulnérables, leur droit inaliénable à une éducation inclusive de qualité d’ici 2030 ».

Quant à Robert Ndundula du Fonds des nations unies pour la population(UNFPA), il a mis l’emphase sur tout le mérite de ces assises qui ont permis d’entendre beaucoup d’acteurs éducatifs sur la question de la transformation de l’éducation en Haïti.
Durant ces trois jours, les participants ont formulé un ensemble recommandations en lien aux cinq thématiques mises en débat : Des écoles inclusives, équitables, sures et saines ; Apprentissage et compétences pour la vie, le travail et le développement durable ; Apprentissage numérique et transformation ; Enseignants, enseignements et professions enseignantes et Financement de l’éducation.

Les travaux des quelques 200 participants à ce Forum sera amplifié par deux autres ateliers qui réuniront, d’une part des jeunes, et d’autres part, des représentants des collectivités territoriales. Le poids social et démographique de ces deux secteurs étant tel qu’on ne saurait ne pas recueillir leurs points de vue sur cette question importante et pour le présent et pour l’avenir du pays, a garanti le ministre Nesmy Manigat.

Entre autres personnalités ayant pris part à la session de clôture de ce forum, il faut mentionner la secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation, le directeur général de l’Office national de partenariat en éducation (ONAPE), le directeur général du Fonds national de l’éducation(FNE), le directeur de cabinet du ministre Nesmy Manigat, la Coordonnatrice du Programme national des cantines scolaires(PNCS), la déléguée du Programme des nations unies pour le développement (PNUD) et la responsable du portefeuille éducation au bureau de la Banque mondiale en Haïti.

Comme l’a souligné Tatiana Villegas-Zamora, la représentante de l’Unesco en Haïti, en coda de son intervention, ce Sommet mondial sur la transformation de l’éducation « cherche à mobiliser l’ambition politique, l’action, les solutions et la solidarité pour transformer l’éducation ; réinventer les systèmes éducatifs pour le monde d’aujourd’hui et de demain ; et revitaliser les efforts nationaux et mondiaux pour atteindre l’ODD-4 ».

Bureau de communication /MENFP

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