25 octobre 2026
L’Edito du Rezo | France-Présidentielle 2022 : la permanence des fondamentaux de l’extrême droite
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L’Edito du Rezo | France-Présidentielle 2022 : la permanence des fondamentaux de l’extrême droite

L’Edito du Rezo | France-Présidentielle 2022 : la permanence des fondamentaux de l’extrême droite

Samedi 23 avril 2022 ((rezonodwes.com))–

La supercherie dure depuis 20 ans. Le 21 avril 2002, soir du premier tour de la présidentielle, la France a paru stupéfaite en voyant s’afficher, à 20h, à la télévision, le visage de Jean-Marie Le Pen (16,86%), candidat du Front national (FN), en 2ème position derrière Jacques Chirac (19,88%), président sortant, candidat du Rassemblement pour la République (RPR). Instigateur d’un « cordon sanitaire » face au FN, ce dernier a refusé de débattre avec le leader de l’extrême droite, lors de l’entre-deux-tours, pour ne pas « banaliser » ses idées.

Hélas, force est de constater que, au fil des années, de l’eau boueuse et nauséabonde n’a cessé de couler sous les ponts, et que ce cordon sanitaire, si tant est qu’il ait vraiment existé, a volé en éclat tant à droite qu’à gauche de l’échiquier politique. C’est ainsi que la « dédiabolisation » du FN, accélérée ces derniers mois avec l’entrée d’Éric Zemmour, autre figure de l’extrême droite, sur la scène politique, a suivi son petit bonhomme de chemin, jusqu’au soir du 10 avril 2022, premier tour de la présidentielle. À dire vrai, « la dédiabolisation de Le Pen a été médiatisée avant même sa mise en œuvre », selon la politiste Nonna Mayer, spécialiste du vote FN-RN (AOC, 23 avril 2022).

Alors, qu’en sera-t-il, finalement, dans les urnes, ce 24 avril, où le second tour opposera le président-candidat Emmanuel Macron de la République en marche (LREM) et la fille de Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) ? Bien malin qui pourrait le dire, la veille du scrutin, un nouveau séisme politique n’étant pas à écarter ! D’autant que, dans la dernière ligne droite, l’écart entre les deux finalistes dans les sondages d’intentions de vote semble se resserrer.

Une chose est sûre, le RN de la fille n’a rien à envier au FN du père, en matière de haine de l’Autre. Tel père, telle fille donc ! En témoignent, les attaques racistes proférées sans complexe, en 2013, par une élue de l’extrême droite contre la ministre de la Justice, garde des Sceaux, Christiane Taubira, ainsi que tous les propos et actes xénophobes, racistes et antisémites enregistrés de 2002 à nos jours dans les rangs de ce parti.

Ce « racisme à ciel ouvert », pour reprendre la formule de la journaliste Anne Sinclair (Huffington Post, 12 novembre 2013), n’a pas outrément ému la classe médiatico-politique, laquelle a, en revanche, largement facilité et entretenu la dédiabolisation-banalisation-normalisation de l’extrême droite.

Prétendant qu’elle avait changé de visage et de programme, elle lui a, en effet, déroulé le tapis rouge. Pire, il s’est même trouvé un philosophe pour accorder publiquement sa caution de « gauche » à l’héritière du domaine de Montretout, l’hôtel particulier de la famille Le Pen. En dépit de toute évidence, ce philosophe, qui a visiblement perdu la boussole, considère que celle-ci, différente de son père, n’est pas d’extrême droite !

Ce genre de naufrage intellectuel et politique ne contribue qu’à brouiller les pistes dans la perspective de ce second tour. Il ne faut surtout pas tomber dans cette entourloupe car, comme elle l’a prouvé, par ses propres déclarations tendancieuses, Marine Le Pen est plus que jamais parfaitement en phase avec son père sur la permanence des fondamentaux xénophobes et racistes du FN-RN. « Le chien n’abandonne jamais sa façon déhontée de s’asseoir », dit un proverbe africain.

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