par Junior Artiste
Vendredi 25 mars 2022 ((rezonodwes.com))–
La situation socio-politique du pays devient de plus en plus critique, l’espace de dialogue qui devrait paver la voie à un accord consensuel ne cesse de se faire attendre. Entre temps, l’insécurité paralyse la quasi-totalité des activités socio-économiques.
C’est dans ce contexte difficile que des organisations, de regroupements d’organisations, qui se chiffrent en vingtaine, venant des dix (10) départements géographiques du pays et de la diaspora proposent une alternative, à travers un accord baptisé « Accord pour la Paix Sociale et la Stabilité Politique (APSSP) », pour sortir le pays de l’impasse politique qu’il se trouve.
Les signataires de cet accord dressent le tableau sombre du pays avant de proposer, à court terme, la formation d’une commission multisectorielle devant faciliter un dialogue franc et sincère entre les acteurs. » Formation d’une commission avec les secteurs […] pour assurer la médiation entre les signataires des différents accords » peut-on lire dans ce document.
Mikerlange Registe, Porte-Parole de cet Accord, pense que cette crise doit être abordée différemment, pas avec des palliatifs. « Le pays a grand besoin d’un accord qui soit capable d’aborder la crise dans ses dimensions conjoncturelle et structurelle », déclare-t-il. « Après plusieurs décennies de mauvaise gouvernance, il est impérieux de commencer par poser les jalons structurels capables d’aborder les choses avec un peu de sérieux », poursuit le Licencié de l’INAGHEI.
Interrogé sur la réduction du train de vie de l’Etat, à travers la révision à la baisse de certains frais et privilèges des hauts fonctionnaires et du nombre de ministères à 11, l’ancien membre du Conseil de l’UEH estime que le pays se trouve à une situation exceptionnellement difficile, les dépenses publiques doivent être faites avec rationalité dans un souci d’efficacité. « Ce n’est pas le nombre de ministères qui garantira l’efficacité des actions gouvernementales’’, tranche le juriste en formation.
Pour sa part, le Politologue Mathias DEVERT, Porte-Parole dudit accord aussi, invite la classe politique à revoir leur mode opératoire. « Les acteurs politiques traditionnels doivent, pour une fois, prioriser les intérêts du pays au détriment des intérêts de classes, de groupes ou de clans » affirme-t-il.
Plus loin, le jeune haïtien formé à Sciences Po Grenoble et à l’URJC de Madrid souligne : « aucun des protagonistes ne détient de la légitimité pour revendiquer le pouvoir car d’une part ils n’ont pas été mandaté par le peuple et d’autre part ils n’ont pas eu le consentement des secteurs vitaux de la société ». De plus, ces mêmes acteurs sont responsables de la faillite de nos institutions, de la débâcle de la nation et de l’effondrement de l’État durant ces 30 dernières années de mauvaise gouvernance » renchérit-il.
Questionné sur le bilan du PM Ariel Henry à la tête du gouvernement, le jeune spécialiste des Relations internationales se dit insatisfait, car ce dernier montre son incapacité à résoudre la crise socio-politique. » Le PM se montre impuissant devant le phénomène de l’insécurité qui est la plus grande préoccupation du peuple Haïtien » regrette-t-il.
Espérons que cet appel de la jeunesse haïtienne touchera les bonnes oreilles.
Junior Artiste
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