Porté en triomphe par une foule de gens à sa sortie de prison, l’ancien porte-parole du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17), Abelson Gros-Nègre, livre un récit poignant de son séjour au Pénitencier national. L’homme qui a partagé la même cellule avec l’ancien député Anthony Dumont et Clifford Brandt estime avoir épargné la communauté de Carrefour-Feuilles d’un carnage.
Vendredi 17 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–
À l’exécution de l’ordonnance de la Cour d’appel relative à la remise en liberté de l’ancien policier Abelson Gros-Nègre, une foule de gens s’étaient massés, jeudi, dans l’entourage du Pénitencier national pour être les témoins privilégiés de cet événement.
L’attente a été longue pour les dizaine de proches, amis et militants politiques alliés du syndicaliste qui ont dû s’impatienter pendant des heures jusqu’au crépuscule avant l’aboutissement des démarches des avocats du détenu auprès des geôliers.
Après avoir franchi les portes du plus grand centre carcéral d’Haïti, Abelson Gros-Nègre a pris un bain de foule. Les premières minutes qui ont suivi son élargissement ont été vécues avec émotion.
Le public qui l’attendait, après des embrassades et de longues étreintes, l’a accompagné dans son fief de la communauté de l’impasse Eddy, à Carrefour-Feuilles. Tout au long du défilé, des chants et des invectives lancées contre l’ancien directeur général ai de la PNH, Léon Charles, ont marqué cet épisode.
«J’ai épargné des vies pendant l’intervention des forces de l’ordre aux heures succédant mon arrestation. Les policiers étaient instruits pour exterminer certains de mes proches. J’ai fait montre de sang-froid pour surmonter cette épreuve», a restitué Gros-Nègre.
Lors de son intervention, le policier révoqué, a tenu à saluer le courage de ses compagnons de cellule Anthony Dumont et Clifford Brandt et celui de son avocat Arnel Rémy. Il a livré un témoignage déchirant sur les conditions de sa détention, jugée horrible.
«Des petits bandits comme des grands bandits m’ont accueilli au Pénitencier national. Dans ma cellule, j’ai connu de désillusions et des instants d’égarement», a-t-il témoigné.
En outre, il révèle avoir refusé des offres politiques pour abandonner la lutte syndicale. Abelson Gros-Nègre, figure emblématique de la création du SPNH-17, militait en faveur de meilleures conditions pour ses collègues policiers.
Accusé d’appartenir au groupe des «Fantômes 509», redoutable mouvement policier violent, Abelson Gros-Nègre a été arrêté en mars 2021, non loin de son domicile, à l’impasse Eddy.
Père de 8 enfants, il déclare déterminé à poursuivre la lutte pour le bien-être. Avec sa libération dans le cadre d’une procédure judiciaire revendiquée par l’entité poltique SDP, de la coalition au pouvoir, d’aucuns redoutent une mainmise de la politique sur le judiciaire.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

