Hausse des prix de l’essence : nouveau but du SDP, grogne dans le transport public

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Il n’est pas de l’attribution d’un ministre de la Planification et de la coopération externe d’insister sur le bien-fondé d’une décision de revoir à la hausse les prix des produits pétroliers. Ricard Pierre, membre du Secteur démocratique et populaire (SDP), en agissant ainsi, a trahi une idée qu’il a combattue sous l’administration de Jovenel Moïse.

Dimanche 12 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–

Moins de 24 heures après l’application de la décision de revoir à la hausse les prix des produits pétroliers, la grogne s’intensifie déjà dans la rue. Dans le secteur du transport en commun, l’impact de l’augmentation des prix du carburant s’est fait vite ressentir.

Des chauffeurs et passagers sont divisés sur le tarif à appliquer dans certains circuits de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, constate-t-on. 

S’il est vrai que le gouvernement de facto, à travers son ministre du Commerce et de l’Industrie, Ricardin Saint-Jean, a clairement rassuré la population sur la nécessité de maintenir les anciens tarifs dans le transport public, il n’en demeure pas vrai que les propriétaires de véhicules engagés dans ce secteur présnetent un avis contraire.

Samedi, nombreux sont des chauffeurs assurant les trajets Delmas/Pétion-Ville, Port-au-Prince/Clercine, Croix-des-Bouquets/Delmas à décider délibérément de fixer le prix de leur trajet.

Ils mettent en cause l’augmentation du diesel passant de 169 Gourdes à 353 Gourdes pour un gallon. Des passagers évoquant la mesure gouvernementale, refusent, de leur côté, de céder aux chantages des chauffeurs jusqu’à provoquer des bras de fer entre ces deux groupes.

Des invectives, des menaces verbales, des échanges musclés entre passagers et chauffeurs caractérisent la réalité actuelle du transport en commun.

Dans la foulée des mésententes, d’autres chauffeurs décident de suspendre momentanément le trafic interurbain en attendant une position responsable de l’État sur la fixation des tarifs des circuits, ont-ils avancé.

Par ailleurs, le Ministère des affaires sociales et du travail (MAST), organe chargé de réguler et de jouer le gendarme dans l’application de la nouvelle grille tarifaire est aux abonnés absents, dénoncent des observateurs. Les citoyens sont livrés à eux-mêmes et le risque d’affrontements dans le secteur du transport public demeure imminent.

Avec ces nouvelles données, des usagers du transport en commun, se livrent constamment dans un combat avec les chauffeurs pour veiller au respect du maintien des prix. Dans un autre registre, des salariés voient déjà leurs économies fragiles anéanties. Ils vont devoir dépenser davantage pour leur déplacement sans espérer une revalorisation salariale de leur employeur.

Le bouc émissaire devient les dirigeants du SDP, qui après avoir critiqué la décision en juillet 2018 et encouragé la population à se mobiliser contre Jovenel Moïse, s’affichent en partisans de la mesure et en en faisant la promotion.

L’intervention de l’ancien sénateur du Sud’Est, Ricard Pierre pour justifier l’augmentation des prix du carburant à la pompe dans un contexte d’insécurité généralisée et de l’effondrement du pouvoir d’achat de la population, a scandalisé l’opinion.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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