La course folle des consommateurs pour faire le plein de carburant avant l’application de la mesure d’augmentation des prix des produits pétroliers a été constatée, jeudi, devant plusieurs stations d’essence à Port-au-Prince.
Jeudi 9 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–
L’idée de conserver le carburant et de tirer profit de la prochaine augmentation des prix de l’essence sur le marché national motive la tendance de cette affluence devant les pompes, confirment certains consommateurs. Moins de 24 heures avant l’application de la mesure gouvernementale, des longues files de véhicules et de consommateurs, dans un cadre désordonné, sont constatées devant plusieurs pompes à essence.
C’est la course contre la montre avant cet exercice risqué du pouvoir de facto de punir la population en augmentant le carburant dans un contexte marqué par l’insécurité galopante, alors qu’il peine à mettre les bandits hors d’état de nuire, déplorent des citoyens.
Avant l’adoption de la mesure controversée, aucune explication du gouvernement sur les marges de manœuvre des opérateurs et les structures des prix à appliquer pour éviter la grogne dans le secteur du transport public n’a jusqu’ici été apportée.
La problématique de la disponibilité du carburant dans les pompes a été mise en avant par des responsables de compagnies pétrolières et d’association de chauffeurs de camions-citernes à l’approche de l’adoption de la mesure.
Celle-ci devra-t-elle mettre définitivement un terme à la pénurie récurrente?, se questionnent des avisés.
En attendant, l’empressement des chauffeurs devant les stations de service paralyse la circulation automobile dans certains axes routiers. De longs bouchons consécutifs à l’afflux des véhicules irritent des automobilistes à s’impatienter durant des heures derrière leur volant.
Le tableau des conducteurs et acheteurs détenteurs de récipients en train de se bagarrer pour s’octroyer d’un gallon d’essence se révèle déprimant. Des pompistes sont systématiquement contraints de mettre fin aux opérations de vente pour atténuer la tension.
Sans une rupture de stock constatée, d’autres responsables de stations d’essence ont opté pour la mise à l’arrêt des opérations.
Le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) et le Ministère du Commerce et de l’industrie (MCI), organes habilités à jouer le gendarme dans la vérification des stations d’essence, se retrouvent aux abonnés absents, dénoncent des citoyens.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

