Martissant: Plusieurs occupants d’un autobus tués par des bandits

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La société civile de Port-au-Prince, initiatrice des marches pacifiques et des mobilisations contre l’insécurité avant l’assassinat de Jovenel Moïse, se terre dans un silence complice face à la proportion inquiétante de la violence armée qui endeuille au quotidien des familles à Martissant.

Mercredi 1er décembre 2021 ((rezonodwes.com))–

Dans l’après-midi du mercredi, des images de corps ensanglantés étaient devenues virales sur les réseaux sociaux. À l’intérieur d’un autobus, des bénévoles tentaient d’évacuer certains passagers atteints par balles dans un empressement prudent pour fuir la terreur des gangs.

D’autres séquences audiovisuelles exposant, dans un centre hospitalier de Port-au-Prince, des blessés allongés dans un couloir, ont provoqué l’indignation, le choc et la colère des internautes. Ils sont nombreux à condamner la passivité des autorités compétentes devant la cadence infernale de la violence imposée par les civils à l’entrée Sud de la capitale.

Selon des sources, un autobus qui tentait de traverser le quartier de Martissant a été criblé de balles par des hommes lourdement armés. Rares ont été les occupants à sortir sains et saufs de cette attaque armée. Les premières estimations font état d’environ 5 personnes décédées, le nombre des blessés était jusque là imprécis.

Au moins une quarantaine de passagers étaient notés partants dans le véhicule qui a  laissé le «Portail Léogane» pour se rendre à Carrefour, note un chauffeur engagé dans le transport en commun.

Le drame survenu à Fontamara 29, s’annonçait déjà prévisible. Dans le courant de la journée, des tirs nourris retentissaient déjà à Martissant, Grand-Ravine, les zones limitrophes du Sud de Port-au-Prince. Des affrontements entre groupes armés ont contraint des usagers à déserter cette voie. Il s’ensuit l’absence totale remarquée de la Police nationale d’Haïti (PNH), alors qu’à quelques pas les portes du Sous-commissariat de Martissant ont été observées fermées.

À la nuit tombée, des détonations résonnaient encore dans le conglomérat. Une ruée de gens des deux côtés de la route nationale, incapables de regagner leur domicile, commentaient la scène révoltante de citoyens exécutés gratuitement par des gangs dans l’insouciance des dirigeants. 

Qu’est ce qui explique ce silence de la société civile habituée à se mobiliser contre l’insécurité sous le règne du président assassiné Jovenel Moïse ? Combien d’âmes faut-il encore voir périr pour espérer mobiliser la conscience des autorités ? Des questions qui persistent.

En attendant, le prochain acte macabre, les citoyens continuent d’être la proie facile des bandits.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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