Le PM Ariel Henry penserait-il à libérer les ex-soldats colombiens emprisonnés dans le cadre de l’assassinat de Jovenel Moise?
Mardi 28 septembre 2021 ((rezonodwes.com))– Le parti du Président Colombien d’Iván Duque se prépare à définir le candidat qui affrontera le candidat de la gauche, Gustavo Petro en 2022 . Il a besoin de la libération des Colombiens impliqués dans l’assassinat de Jovenel Moise avant la tenue de ces joutes electorales pour renforcer sa position au niveau de l’opinion publique en Colombie.
Pour arriver à cette fin, Duque peut-il compter sur les Etats-Unis afin de l’aider à persuader le PM de facto à inventer une théorie ou un stratagème pour permettre à tous les ex-soldats colombiens emprisonnés au Penitencier National aux ordres de la Justice en Haiti de rentrer dans leur pays?
En tout cas, dans une interview á la chaine américaine CNN , le PM s’est soudainement montré très sensible au sort des colombiens et américains accusés d’implication dans l’assassinat de Jovenel Moise.
En effet ,alors que les prisons haitiennes regorgent de citoyens emprisonnés depuis plusieurs années sans jugement, ce sont maintenant les prisonniers colombiens et américains qui retiennent sa bienveillante attention.
Ariel Henry a déclaré , en effet, qu’il ferait un suivi auprès du ministère de la Justice sur les allégations selon lesquelles des dizaines de citoyens américains et colombiens restent en détention en Haïti dans le cadre de l’assassinat, sans aucune accusation portée contre eux et un accès limité aux avocats – en violation de la loi haïtienne.
Le justicier de la ville
« Je demanderai au ministère de la Justice de faire un suivi et s’il y a des innocents, ils devraient être libérés. Nous ne voulons pas garder des gens en prison simplement parce qu’ils sont colombiens ou parce qu’ils sont pris pour assassins. et qui ne sont pas des assassins », a déclaré Ariel Henry à CNN voulant interférer directement sur les activités judiciaires.
Un amnésique placé à la tête du pays
Pour aider le PM de facto qui semble devenir amnésique, ne se souvenant même pas s’il a eu deux conversations d’une durée totale de plus de six minutes, le jour de l’assassinat de Jovenel Moise, avec un accusé très important pour la Justice (Felix Badio), nous rappelons l’histoire de ce crime telle que rapportée par Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH):
Un groupe de 28 hommes comportant trois policiers haïtiens et au moins 21 mercenaires colombiens et 2 Américano-haïtiens s’est présenté le 7 juillet 2021 vers 1h du matin (5h UTC) au domicile du président Jovenel Moïse à bord de six véhicules loués (2 vans et 4 pick up).
Selon Martine Moïse, épouse de Jovenel, il y a entre 30 et 50 gardes dans la résidence. Dans la réalité, il n’y en a que vingt trois, et un chef d’équipe (Jeanty HUBERT) est absent.
1er véhicule
Les trois policiers haïtiens, les mercenaires John Jairo Ramírez Gómez et Manuel Antonio Grosso Martínez. Leur objectif était de neutraliser les postes de garde du domicile présidentiel.
2e véhicule
Les mercenaires Mauricio Javier Romero Medina, Mario Palacios, Víctor Albeiro Pineda Cardona, Naiser Franco Castañeda et Juan Carlos Yepes Clavijo. Leur objectif était d’entrer dans le périmètre du domicile.
3e véhicule
Les Américano-haïtiens James Solages et Joseph Vincent, les mercenaires Germán Alejandro Rivera García et Duberney Capador. Leur objectif était d’entrer dans le périmètre du domicile.
4e véhicule
Les mercenaires Jheyner Alberto Carmona Flórez (ex sous-lieutenant), Francisco Eladio Uribe, Alejandro Giraldo et Gersaín Mendivelso Jaimes. Leur objectif était le contrôle du périmètre extérieur de la maison et du 1er étage.
5e véhicule
Les mercenaires Carlos Giovanni Guerrero (ex-lieutenant-colonel), Edwin Enrique Blanquicet, Enalber Vargas Gómez et John Jairo Suárez Alegría. Leur objectif était le contrôle du périmètre extérieur de la maison.
6e véhicule
Les mercenaires Ángel Mario Yarce Sierra (ex-sergent), Neil Durán Cáceres, John Jader Andela, Miguel Guillermo Garzón et Alex Miller Peña. Leur objectif était le contrôle de l’arrière du domicile. Ángel Mario Yarce était chargé de la neutralisation de la télésurveillance[18].
Les assaillants passent sans encombres plusieurs points de contrôle de la police avant d’atteindre la rue Pèlerin 5 Pétion-Ville, lieu de résidence de Jovenel Moïse. Ils viennent d’un quartier haut (Laboule 22) situé à 3 kms.
Les assaillants débarquent devant le domicile de Jovenel Moïse équipé de fausses casquettes de l’agence américaine anti-drogue (DEA). Ils étaient lourdement armés (fusils d’assaut 5,56 mm et 7,62 mm dont un Galil, et un fusil à pompe calibre .
Les assaillants forcent l’entrée du domicile présidentiel sans difficulté, le lourd portail était débloqué[18]. Il n’y a pas eu de résistance des premiers postes de garde. Mais, il y a des premiers tirs de riposte venant de la résidence12. Il n’y a ni morts, ni blessés à ce moment là[20].
Le mercenaire Juan Carlos Yepes Clavijo indique qu’il y avait un complice à l’intérieur qui donne le signal de l’opération[18]. Les trois policiers haïtiens et deux mercenaires neutralisent quatre hommes du premier p
oste de la garde présidentielle[18]. Un second poste de garde est neutralisé de la même manière[18].
En chemin, vers la chambre de Jovenel Moïse, les assaillants découvrent au 1er étage, dans un bureau, quatre à cinq hommes allongés au sol, avec des armes près d’eux. Ils demandent à être épargnés. Ils sont menottés14. Ensuite, les assaillants trouvent une femme de chambre, et un garçon d’étage, les bâillonnent et les enferment dans l’une des chambres[16],[20]. Selon les autorités colombiennes, sept mercenaires colombiens sont entrés. Ils sont identifiés par le journal colombien « Semana » (Duberney Capador, Mauricio Romero, Juan Carlos Yepes Clavijo, Víctor Albeiro Pineda, Mario Palacios, Carlos Giovanni Guerrero Torres et Naiser Franco[18]). Les autres mercenaires, dirigés par Germán Rivera[18], restent dehors[21].
1 h 30 environ
Le président Jovenel Moïse est réveillé par des tirs à l’extérieur de sa chambre. Il appelle à l’aide le chef de la garde présidentielle Dimitri Hérald à 1h34. Puis il appelle Jean Laguel Civil qui entend des tirs au téléphone. Celui-ci rappelle Dimitri Hérald, puis Paul Eddy Amazan responsable de la force d’intervention rapide[22],[23],[24].
La femme du président Martine Moïse se rend dans les chambres de ses enfants. Ils sont mis à l’abri, avec leur chien, dans une salle de bain sans fenêtres de la chambre du fils[17]. Martine Moïse revient dans la chambre présidentielle et s’allonge au sol à la demande de son mari[17].
Deux mercenaires (Naiser Franco Castañeda et Mario Palacios) se présentent devant la chambre d’un des enfants dont la porte est ouverte. Ils lancent une grenade offensive à l’intérieur[25],[26].
Quatre mercenaires sont entrés dans la chambre du président (Juan Carlos Yepes, Victor Albeiro Pineda, Mauricio Javier Romero et Duberney Capador Giraldo[18]). Il y a de nombreux coups de feu. En entrant dans la chambre Victor Albeiro Pineda tire avec un fusil d’assaut M4 sur Jovenel Moïse et sa femme[26],14 Martine Moïse est blessée et fait la morte. Le président est blessé aussi[27]. Duberney Capador Giraldo arpente la chambre présidentielle au téléphone pendant que d’autres fouillent[28]. Ils trouvent le ou les documents qu’ils cherchent, et les emportent[17]. Ils trouvent l’argent qu’ils cherchaient, rangé dans plusieurs valises et des cartons12. Selon les mercenaires, il y a plus de dix millions de dollars [25],[26]
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Un des assassins donne au téléphone une description de Jovenel Moise : « Il est grand, fin et noir ». Celui-ci est alors achevé par des tirs mortels au revolver[27]. Dehors, un des Américains- haïtien (James Solages) annonce au haut parleur, en créole et en anglais, qu’il s’agit d’une opération anti-drogue et que personne ne doit quitter sa maison [29].
Vers 1h30 les assaillants quittent le domicile du président[16]. Ils criblent de balles les véhicules présents dans la cour pour les rendre inutilisables[30] laissant de nombreuses douilles et points d’impact. Ils descendent à pieds vers le palais présidentiel. Les véhicules partent avec les seuls chauffeurs emportant de lourdes valises exfiltrées du domicile présidentiel[18].
Une partie des véhicules partent par le haut, avec les policiers haïtiens, les deux valises et trois cartons avec l’argent14, et quelques mercenaires. L’avis de recherche pour assassinat et vol à main armée lancé contre Joseph Pierre Ashkard[31] semble confirmer que la valise contenait des valeurs[32].
Jean Laguel Civil a déclaré que venant d’au-dessus de la résidence présidentielle, il avait été arrêté par le groupe de mercenaires « montants »[24].
Des forces de police conventionnelles, dont Dimitri Hérard, arrivent sur les lieux. Elles voient partir les mercenaires et les véhicules « descendants » qu’elles laissent passer craignant qu’il y ait prise d’otage.
Ces véhicules sont bloqués deux kilomètres plus bas à la hauteur du commissariat de police de Pétion-Ville. Il y a une force de police d’environ 100 hommes. Les mercenaires quittent les véhicules en laissant une partie des armes. La plupart se réfugient dans un magasin abandonné de deux étages. Ils ont deux otages issus de la garde présidentielle[33].
Jovenel Moïse est retrouvé mort, sa femme est blessée (bras, main, abdomen), deux de ses enfants présents (Jomarlie 24 ans, et Jovenel junior) sont physiquement indemnes[16].
2 h 30 environ
Martine Moïse, la femme de Jovenel est trouvée assise sur l’escalier devant la porte de sa chambre. La femme de chambre lui a apporté une cravate de son mari pour faire un garrot au bras droit[34]. Puis, elle reçoit les premiers soins de ses enfants[35],[17]. L’inspecteur général André Jonas Vladimir PARAISON est le premier sur les lieux12. Il organise l’évacuation de Martine Moïse vers un hôpital local puis, par un avion médicalisé (Trinity Air Ambulance)[16] vers un hôpital de Miami (Jackson Memorial Hospital)[36]. Martine Moise précise que lors de son évacuation de la résidence, elle ne voit aucun des gardes qui auraient dû être présents[27].
La police haïtienne est informée que les mercenaires détiennent au moins deux otages qui sont des membres de la garde présidentielle. Il est décidé d’attendre le jour avant de donner l’assaut[33].
Deux personnes venues à moto avec une caméra s’entretiennent avec les mercenaires, et s’en vont[18].
8 h 00 environ
Un mercenaire, Duberney Capador Girald, téléphone à sa sœur Jenny Capador pour lui dire qu’il y a des échanges de coups de feu avec la police haïtienne[33]. Les autres mercenaires communiquent au téléphone avec Arcángel Pretel de CTU qui leur promet d’arranger la situation14.
10 h 00
Le juge Carl Henry Destin est arrivé vers 2h, mais ce n’est qu’à 10h que la police l’autorise à entrer pour les constatations. Ces policiers ne portent ni insignes, ni uniforme selon le juge. Il ne sait pas vraiment qui ils sont[24]. Le juge de paix de Pétion-Ville constate que Jovenel Moïse gît dans sa chambre à l’étage, sur le sol, dans une mare de sang, un trou de balle dans le front, un dans chaque mamelon, trois dans la hanche, un dans l’abdomen, l’œil gauche exorbité. Plusieurs fractures seront constatées. Il est vêtu d’un pantalon bleu et d’une chemise blanche. La chambre et le bureau attenant ont été mis à sac. 12 balles seront retrouvées dans le corps, de calibre 9 mm et d’un calibre plus élevé [16],[19].
15 h 00 environ
La police haïtienne lance trois grenades lacrymogènes. Les négociations commencent via un des otages. Les deux Américains-haïtiens sortent d’abord (Solage et Vincent). Ils sont suivi des deux otages de la garde présidentielle[33].
Peu de temps après l’assaut commence. Les mercenaires réfugiés au second étage se défendent par des tirs. Ils lancent une grenade qui n’explose pas. Les échanges de feu durent deux heures environ[33].
17 h 00 environ
Lorsque la police pénètre le magasin désaffecté de « Morne calvaire », il n’y a plus que les deux morts (Mauricio Javier Romero et Miguel Guillermo Garzón)12. Une partie des mercenaires s’est réfugiée dans l’Ambassade de Taïwan située plus haut[33]. La nuit tombe. German Alejandro Riviera alias “Mike”12 rassure les mercenaires en leur disant que des soldats de l’ambassade des États-Unis vont intervenir14.
Dans la journée du 8 juillet
Tôt le matin, Duberney Capador Girald meurt de ses blessures après s’être réfugié sur un toit rue Sténio Vincent, à Pétion-Ville[37]. Son décès est constaté par le juge Fidélito Dieudonné[20]. C’est un des deux chefs du groupe de mercenaires. Sur son corps, il est trouvé 40 000 dollars pris dans la chambre du président Jovenel Moïse12.
Deux mercenaires colombiens sont appréhendés par la population dans le bidonville de Jalouzi au lieu-dit « Tchétchénie ». Ils sont remis à la police après avoir été un peu molestés[38].
Dans la journée du 8 juillet, des 28 assaillants, vingt ont été capturés, deux ont été tués (Mauricio Javier Romero…), un est mort de ses blessures (Duberney Capador Girald), cinq sont en fuite (Mario Palacios…). Deux se sont rendus (James Solage et l’informateur de la D.E.A Joseph Gertand Vincent). Les mercenaires se sont d’abord réfugiés dans une maison attenante et ont échangé des coups de feu avec la police. Sept ont été finalement arrêtés[16]. Ensuite, ils se sont réfugiés à l’ambassade de Taïwan, vide, qui les a livré à la police[37]. 13 des 18 Colombiens capturés sont d’anciens militaires. Ils étaient rémunérés 2 700 $ Américains par mois[39]. Mais plusieurs n’ont pas eu le temps de toucher leur « rémunération »[28].
Les mercenaires connus du « sous-groupe » de tueurs sont soit morts (Duberney Capador Girald, Mauricio Javier Romero), soit en fuite ( Mario Palacios), soit disent n’être pas entrés dans la chambre présidentielle ( Juan Carlos Yepes Clavijo, Carlos Giovanni Guerrero), soit sont détenus (Víctor Albeiro Pineda Cardona, Naiser Franco Castañeda).
Pour la suite, voir le lien :https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Assassinat_de_Jovenel_Mo%C3%AFse

