Séisme : le Grand Sud d’Haïti à genoux, la coordination des réponses pâtine. Avec la multiplication des répliques et le désengagement de l’État, les déplacés du séisme du 14 août dernier vivent à l’extrême la catastrophe.
Samedi 21 août 2021 ((rezonodwes.com))– En dépit des annonces, les opérations de secours en faveur des victimes peinent à s’organiser.
À l’Asile, des corps sont encore coincés sous les décombres, rapporte l’agent exécutif intérimaire Refeta Ambroise. Intervenant, jeudi, sur les ondes de Radio Kiskeya, elle a fait état d’une situation humanitaire critique dans sa commune. Les sinistrés sont privés de tout. Pas d’eau potable, pas de soin de santé, pas de nourriture et les déplacés dorment à la belle étoile.
D’autres communes des Nippes dont Petite-Rivière, Arnaud, Anse-à-Veau, Miragoane sont encore exposées à une crise alimentaire aiguë en raison de la situation des voies inaccessibles.
Dans le Sud, la situation ne s’est guère améliorée. Avec la saison cyclonique et les ondes tropicales qui s’annoncent, les familles touchées par le tremblement de terre voient leur réalité détériorée. Les différents camps d’hébergement manquent cruellement de matériels de premiers soins et des articles de secours.
À Land des Gabions, site d’accueil de plusieurs dizaines de familles, la ruée vers un abri plus ou moins confortable se poursuit. À la nuit tombée, aux premières gouttes de pluie, des gens se bousculent pour espérer se mettre en sécurité face aux averses.
Tableau presque similaire à chaque réplique. Des cris épars fusionnant à la peur d’effondrement des maisons caractérisent des instants de grand désarroi.Dans la Grand’Anse, la principale préoccupation demeure les axes routiers fermés à la circulation automobile.
Sur la route nationale numéro 7 à hauteur de la localité «Marceline», des montagnes affaissées par l’effet dévastateur des secousses obstruent le passage, observe-t-on. Le pont Estimé, jetté sur la rivière de la Grand’Anse se retrouve en piteux état. Aux dernières nouvelles, des techniciens du Ministère des travaux publics, transport et communication (MTPTC) dépêchés sur les lieux, ont interdit l’accès à cette infrastructure en attendant le lancement des ouvrages de remise.
D’autres villes de la Grand’Anse attendent encore l’intervention de l’État pour sauver des vies. Des villes comme Pestel, Beaumont, Dame-Marie ont pratiquement ete détruites par le séisme. Des initiatives de solidarité des acteurs de la société civile pour venir en aide aux sinistrés galèrent à traverser des tronçons délabrés.
Parallèlement, on annonce des élans de solidarité du pays voisin aux déplacés de Jérémie. Aux moins trois bateaux transportant des matériels de premiers soins, des kits hygiéniques ont déjà jeté l’ancre dans la Cité des poètes.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

