L’espoir et l’avenir
par Philémon Desty Estiverne
Le mépris des valeurs de la société haïtienne ne plaide pas en faveur de l’espoir et de l’avenir dans ce pays bourré d’autorités illégales
Jeudi 29 avril 2021 ((rezonodwes.com))– Haïti, quel espoir ? Quel avenir pour la jeunesse haïtienne ? Deux questions qui s’accordent dans la mesure où l’espoir et l’avenir partagent la même loge dans tous les pays.
Cependant, Haïti est la grande exception de cette règle. Car les « dirigeants-décideurs » de notre pays marginalisent même les besoins prioritaires de nos jeunes, lesquels constituent la source de l’avenir. Mais que vaut l’avenir sans l’espoir ?
Oui, les grands décideurs haïtiens ne se soucient pas de l’avenir de notre jeunesse. Ce qui compte pour eux, c’est d’amasser frauduleusement des millions pour alimenter leurs comptes bancaires à l’étranger. Des millions qu’ils encaissent en dévalisant le trésor public. Surtout depuis le renvoi des parlementaires en janvier 2020. Ce qui dépose les grandes décisions de ce pays sur le compte d’un seul homme qui se proclame « Après Dieu ».
Depuis la chute planifiée de l’inefficace et déroutant parlement, tout dépend du président. C’est quoi ça ? Le projet de Constitution largement contesté se trouve sur cette ligne. Ainsi, en cas de ratification, cette Constitution piège fabriquée sur mesure enfantera l’autoritarisme. Ce qui prouve que notre pays se dirige tout droit aujourd’hui vers le régime le plus redoutable : « La dictature ».
L’espoir et l’avenir seront réduits à leur plus simple expression si un nouveau pouvoir dictatorial se concrétise par les urnes en Haïti. Les démarches aveugles du gouvernement prouvent que le pays se trouve déjà sur cette voie périlleuse. D’autant que la peur du retour de la dictature trouble le sommet des parents qui ont vécu les épineux moments d’un pouvoir autoritaire qui a désorienté des milliers de jeunes compatriotes.
Haïti, quel espoir ? La jeuneusse haïtienne, quel avenir ? Qu’on formule ces deux questions à l’envers, la réponse sera toujours la même : « On met l’espoir et l’avenir en déroute lorsque les autorités s’en foutent des aspirations de la jeunesse ». Pourtant, ceux qui coordonnent les actions barbares pour protéger leurs privilèges connaissent le prix de la cruauté. Mais leur appétit glouton les empêche de rectifier le tir. Et les jeunes, pièces maitresses de la relève, sont les principales victimes de l’ambition sans bornes des politiciens sans scrupule.
L’orsque la « police gouvernementale » tire à balles réelles sur des élèves et des étudiants qui, au coeur des manifestations, réclament un changement de décor en matière de gouvernace, cela ensemence le terrain de l’inquiétude au sujet de l’espoir et de l’avenir en tout point. Les vrais démocrates doivent se converger pour détourner les nouvelles flèches dictatoriales.
Quand « l’impunité étatique » décore un policier qui tue froidement un étudiant exprimant son désaccord avec un pouvoir qui traine dans la boue les acquis démocratiques, l’avenir et l’espoir deviennent plus nuageux pour les jeunes Haïtiens. Désorientés, certains d’entre eux intègrent les rangs des meurtriers groupes armés qui terrorisent la population.
Lorsqu’on assassine un éminent homme de loi (Me. Monférier Dorval) et que les autorités concernés font tout pour étouffer la justice, c’est la preuve d’un jusqu’auboutisme débordant. Pour cela, les « assassins autorisés » continueront, sous couvert de l’impunité, à chasser les valeurs qui refusent d’avaliser les dérives d’un pouvoir corrompu. Demain peut-être, certains « assassins légaux » seront les ténors d’un parlement à sens unique…
En définitive, le mépris des valeurs de la société haïtienne ne plaide pas en faveur de l’espoir et de l’avenir dans ce pays bourré d’autorités illégales. C’est justement l’illégalité qui est à la base de la dictature qui frappe à nos portes. Si on la laisse entrer, cette « dictature annoncée » mettra pour longtemps l’espoir et l’avenir en quarantaine.
Philemon Desty Estiverne

