25 octobre 2026
Débat sur la dictature en Haïti : des organisations de la société civile en mode vigile
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Débat sur la dictature en Haïti : des organisations de la société civile en mode vigile

Le thème ‘’ Dictature, migration et résistance en Haïti’’, mis en débat le vendredi 26 mars dernier à l’Université Quisqueya à Port-au-Prince à l’initiative du Centre de réflexion et de recherche sur la migration et l’environnement (CERRENMEN) et du Mouvement organisé de citoyens pour l’intégration et le développement (MOCIDE) vise à mobiliser les consciences sur les formes de la dictature qui s’installent en Haïti.

Mercredi 31 mars 2021 ((rezonodwes.com))– Des intellectuels, des professeurs d’université, des témoins de la dictature des Duvalier, des activistes alertent sur des traits caractéristiques de l’autoritarisme remis au jour par le régime en place. Les panélistes dont l’historien Lionel Trouillot, le professeur Victor Benoit, Camille Charlmers, le psychologue Hancy Pierre rappellent sur la nécessité de briser les liens.

Les analyses considèrent que le terrain propice à la dictature prend corps et que ses racines n’ont jusqu’ici été reniées. Le régime du PHTK, en initiant un projet de référendum constitutionnel, en rêvant des élections sans consensus, en s’appuyant sur des fractions de gangs est en train de prendre le relais pour faire renaitre les périodes sombres de l’histoire.

L’écrivain Lionel Trouillot rappelle les péripéties et les conséquences de l’exil vécu ailleurs pendant la dictature. L’intellectuel dresse un diagnostic inquiétant des actes de violence subis dans le corps et ceux exercés sur le corps au cours de la période de la dictature.

‘’L’exil est impie. L’exil massif désarticule le corps social et favorise un vide face à l’intelligence sociale du pays’’, a-t-il souligné.

 ‘’Migration et dictature : entre contrôle de population et promotion pour l’émigration, contraste et pierre d’achoppement et Environnement et pouvoir dictatorial : analyse des choix politiques des régimes duvaliériens dans ce domaine’’, cette thématique a été largement débattue, discutée et approfondie. Les professeurs Hancy Pierre et Wilson Jean-Baptiste  ont longuement épilogué sur les conséquences de la migration à la croisée de la dictature.  

‘’La concentration des monopoles du capital en période fasciste ou autoritaire engendre la déstabilisation de la classe paysanne. Le caractère intrinsèque des régimes autoritaires dans le système capitaliste donne naissance à ce qu’il appelle économie de la migration’’, ont analysé les deux intervenants.

Selon les chiffres communiqués, entre 1971 et 1983, un nombre important de 744 000 et 842 000 citoyens ont fui Haïti pour s’installer aux États-Unis d’Amérique. Ces données reflètent la situation de la masse paysanne qui en paie le lourd tribut.

‘’ Les paysans, fuyant la terreur des officiers de l’époque, ont été forcés de laisser le pays puisque la migration était dans le plan politique des Duvalier. Pour terminer, il a mis l’accent sur le fait que cette migration n’a pas seulement été un point d’achoppement. Elle était aussi un mouvement social dans la mesure où les gens s’en servaient pour faire valoir leurs revendications’’, a documenté Hancy Pierre.

Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

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