Alors que les diasporas haïtiennes du monde entier, notamment celles du Canada et des USA, se font le relais des revendications et de la lutte du peuple haïtien contre la dictature Moïse/PHTK, en France, les dirigeants associatifs et « leaders » se cramponnent, sans vergogne, dans une indifférence à la fois complice et délétère.
Lundi 29 mars 2021 ((rezonodwes.com))– Voilà que cela fait plus de deux ans que le peuple haïtien se mobilise contre l’insécurité, la précarité et l’injustice sociale. Les différentes mobilisations se soldent par des morts, des arrestations arbitraires et des assassinats d’opposants politiques. Le pouvoir anticonstitutionnel en place ne veut pas entendre raison. Il choisit de gangstériser les bidonvilles pour semer la terreur au sein de la population. Ainsi, se dessine à l’horizon un génocide. Oui vous avez bien lu, UN GENOCIDE.
Comment comprendre le silence des « leaders » associatifs de France ?
Un élément fondamental permet de saisir ce mutisme coupable. D’abord, il faut comprendre que ces « leaders » ont la double nationalité (ce qui n’est pas un problème en soi) et voient, d’une part, dans le changement de la Constitution promis par le PHTK, la possibilité d’occuper, désormais, les hautes fonctions de la chancellerie haïtienne. Et d’autre part, ce serait une aubaine pour ceux et celles qui souhaitent être candidat.es en Haïti. Ils se taisent donc pour des intérêts mesquins.
Évidemment, la question du changement de la Constitution est posée depuis quelque temps et presque tous les acteurs politiques sont d’accord pour son changement et pour l’intégration totale de la diaspora haïtienne. Mais cela doit se faire dans les normes et le respect de la constitution et non pas par un seul homme, Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin le 07 février dernier.
En effet, Jovenel Moise propose à la population un référendum pour changer la Constitution alors qu’il est écrit noir sur blanc dans l’article 284-3 de cette même Constitution ce qui suit : « Toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite ».
Défendre ses intérêts mesquins au mépris d’assassinats de juges, d’étudiants, d’opposants politiques, d’arrestations arbitraires, d’insécurité et de kidnappings ? Franchement vous valez mieux que ça cher.es compatriotes, ressaisissez-vous, il n’est toujours pas trop tard pour dire non à l’inacceptable. Avez-vous déjà entendu un audio d’une maman gémissante, suppliant tous les dieux pour faire revenir une fille, un fils, un mari ? N’entendez-vous pas ces gémissements quotidiens ? Votre indifférence est synonyme de complicité et cela, l’Histoire ne vous le pardonnera pas.
Il est temps de monter à bord de la démocratie et de l’humanisme en s’opposant au PHTK et à tout ce dont il est le nom. C’est-à-dire le trafic de stupéfiant, la corruption, le sexisme à outrance, la médiocrité, la violence… enfin la négation du vivre ensemble.
Meza Jeanty
Sitwayen angaje

