Flashback – 17 sept. 2017. La crédibilité peut-elle garantir la reconduction de membres du CEP de Berlanger ?

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Vendredi 24 juillet 2020 ((rezonodwes.com))–Flashback–http://rezonodwes.com/2017/09/14/la-credibilite-peut-elle-garantir-la-reconduction-de-membres-du-cep-de-berlanger/


« Formation du futur Conseil Electoral Permanent, un bouyi vidé« , opine le Sénateur Clark Parent avertissant que « ce sera pour le plus grand malheur du pays si l’on arrive à créer cette institution dans ces conditions-là ». Avec désinvolture, les autorités haïtiennes poursuivent leur mission de déstabilisation des institutions du pays. Ils ont tous un cœur, mais nous nous permettons de nous demander s’ils ont une conscience pour accompagner ce cœur ?

Port-au-Prince, mercredi 13 septembre 2017 ((Haïti-Observateur.ca/rezonodwes.com)).-La boussole est si penchée vers la corruption, le clientélisme et le sectarisme, au point qu‘il ne reste plus à la jeunesse les références qui peuvent inspirer ses choix et aspirations. L’enseignement en Haïti est devenu aussi médiocre que celui dispensé dans des pays en temps de guerre. Elle assiste au démantèlement de nos institutions régaliennes, le dernier rempart d’ une société plus juste et équitable.

La Constitution de 1987 a été un tournant de l’Histoire et nous nous référons à la version créole qui n’a jamais été falsifiée avant amendement. Elle est on ne peut plus clair dans ses dispositifs généraux : il ne doit avoir qu’une seule élection générale organisée sous la supervision d’un Conseil électoral provisoire (CEP). L’unique. Ensuite, l’on devait procéder à la constitution d’un Conseil électoral permanent.

Cette idée géniale des constituants, qui ne prévoyaient plus ou moins visiblement les mains cachées du ministère de l’Intérieur dans la tenue d’élections « bouyi vide » en Haïti, était à ce niveau l’un des points ayant contribué à son approbation avec un large consensus, en mars 1987. Hélas, les spectres de retenir le pays dans un statu quo manifesté par les nantis et affamés du pouvoir, jalousement gardé par une armée avec des généraux envieux, d’un côté, et la hantise d’aller vite en besogne par un secteur se réclamant démocratique, de l’autre, sont au tant de facteurs ayant contribué à retarder ce processus; jusqu’à attendre septembre 2017 pour voir l’administration de Jovenel Moïse en prendre avantage pour les besoins de sa famille politique. Et comme d’habitude, le mal ils le font très mal, mais ils sont vite dénoncés.

Après les démantèlements de l’UCREF et de l’ULCC, respectivement en charge du dossier de blanchiment d’argent de M. Moïse et de son épouse, et encore après la main basse faite sur la Chambre haute dans le vote d’un budget décrié, après avoir soudoyé des sénateurs en mal de s’enrichir, avec la bénédiction d’un pouvoir corrompu, selon le sénateur Salomon, l’Exécutif avance, à pas feutrés, mais sûrement, vers l’établissement d’un Conseil électoral permanent. Nèg Bannann nan semble vouloir réussir là où son mentor a échoué dans ses vaines tentatives de doter Haïti d’un groupe de vendus à la tête de l’organisme électoral en vue d’organiser des élections commanditées et téléguidées depuis le Palais national.

Néanmoins, ce sera tout à l’honneur du pays de voir finalement, après plus de trente années exactement, s’implanter une institution du nom d’un CEP (cette fois permanent) ne recrutant plus des mercenaires et des bandits de grand chemin pour venir jouer le rôle de conseillers électoraux. Ce serait trop beau pour être vrai quand on connaît les conditions dans lesquelles l’équipe tèt kale, indexée dans la dilapidation du Fonds de PetroCaribe, avec Jean-Max Bellerive, Laurent Lamothe et consorts, est revenue au pouvoir, avec un BCEN herculéen aidant extrait d’un CEP (provisoire) en mission qui fait encore perdurer le show, prétextant attendre l’installation des élus issus d‘élections indirectes. Mais d’ores et déjà la clameur publique dénonce le fait que pour services rendus, lors de la dernière présidentielle, certains des neuf actuels conseillers voudraient garder les clés du CEP pendant neuf ans encore. Ils sont sur le point de l’obtenir grâce à la complicité du Parlement devenu l’ennemi public #1 du peuple haïtien.

D’ailleurs, n’est-ce pas bien ce même Parlement qui a recommandé un homme n’ayant pas su préserver les droits de la femme, en 2005, comme potentiel « protecteur du citoyen». Entre-temps, le ministère à la Condition féminine ferme les yeux sachant que Renand Hédouville, qui s’est mis du côté des forts pour donner une pitance de 350 gourdes aux ouvriers, n’a rien en fait à venir « protéger » si ce n’est que garantir une protection des intérêts de son patron quand il était membre du Conseil supérieur des salaires.

Un juriste bien formé comme Me. René Julien, qui cadre assez bien avec cette fonction, n’est point, malgré tout, « qualifié » pour le poste de protecteur des citoyens. Pour une simple élection de protecteur du citoyen, les enjeux étaient grands. Imaginons les gymnastiques politiques auxquelles se livre le Palais national, qui dit combattre la corruption, dans le choix des neuf membres qualifiés pour faire partir du futur CEP (permanent).

Si un tel projet arrivait à se concrétiser, tout porterait à conclure que le pouvoir PHTK pour lequel les élections de novembre 2016 étaient faites sur mesure atteint finalement le but de sa mission qui est de déstabiliser les institutions du pays pour asseoir ses quatre volontés avec un Parlement acquis à sa cause. Arrivé au Palais national avec un déficit de légitimité doublé d’une accusation d’inculpation pour blanchiment d’ argent, le président Jovenel Moïse, agissant comme si de rien n’était, a entrepris la vassalisation des institutions et ce faisant s’est fait entourer d’hommes dont la crédibilité est mise à rude épreuve. Il va sans dire que cette fuite en avant d’une éventualité de l’inscription de Yolette Mengual au CSPJ désirant de revenir siéger au CEP pour 9 ans, est un ballon d’essai destiné à tester l’opinion publique. Après tout, le pouvoir Tèt kalé n’a devant lui aucun obstacle pouvant empêcher sa machine de corruption d’avancer à dessein.

Qui d’entre eux inspirent confiance ?

Si les neuf actuels membres du CEP , incluant le directeur exécutif Uder Antoine se sont bien mis en tête d’avoir fourni, au cours de ces douze derniers mois, un travail professionnel impeccable et qu’ils n’ont rien à se reprocher, ils se sont grandement trompés. La mission qu’ils avaient acceptée d’accomplir, nonobstant leurs multiples détours, finira par se révéler à tous quand ils auraient accepté de siéger au sein d’une institution électorale permanente. Il est inconcevable que ce CEP Berlanger/Hercules/Antoine continue de jouir de la confiance du peuple haïtien.

Ce CEP , à lui seul, tout comme celui de Pierre-Louis Opont, celui-ci directeur exécutif promu au grade de président, a fait plus de tort au pays que l’Armée d’Haïti avec ses coups d’État post 7 février 1986 n’en a causé. La bande à Berlanger a permis d’installer à la tête du pays un citoyen n’ayant aucune vision de la gestion publique sinon celle d‘accomplir à la lettre tous les ordres reçus d’un secteur bien déterminé.

Selon le sénateur Antonio Cheramy, qui veille au grain tout en se sachant minoritaire au Sénat, sur une liste des neuf personnes appelées à faire partie éventuellement du CEP (permanent), le Palais national a raflé les deux tiers. Opinant en direct à la radio, au micro du journaliste Luckner Désir, ce parlementaire, qui avait appelé à « bare vòlè », en pleine séance, à la Chambre haute, lors du vote de la loi des finances, a révélé que le président de la République insiste pour que certains des actuels conseillers au CEP fassent partie du nouveau conseil permanent à venir. Mais, c’est aux parlementaires qui avaient reçu 1 million de gourdes à Pâques qu’il revient d’accomplir les desiderata d’un Jovenel Moïse, novice en politique, il y a de cela moins de trente semaines.

À la publication des résultats partiels des élections, à tous les niveaux, des doutes et suspicions persistent toujours. Dans la ma jeure partie des cas, c’est le candidat évincé qui vient en tête avec les dénonciations de pots-de-vin distribués pour être certain d’être classé en position favorable. L’on se rappelle la mésaventure de Yolette Mengual, un dossier encore pendant devant la justice haïtienne. Mme Mengual, qui a échappé à l’arrestation pour tentative de corruption, actuellement directrice générale au MHAVE (Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger), serait intéressée, selon des rumeurs persistantes, à devenir beaucoup plus utile au régime tèt kale si l’on lui offrait un siège au CEP dont la durée de mandat des membres est de neuf ans.

Peu importe le choix, mais si nous sommes assez sérieux quant à la mise en question de la crédibilité d’un conseiller électoral, il ne devrait être ni celui de 2016, ni d’avant. Aucun des individus affectés au Centre de tabulation des votes, en passant par le directeur exécutif jusqu’aux conseillers, ne mérite en aucune façon d’être reconduit.

Quand le mal est trop prononcé, il doit être dénoncé afin que nul n’en prétexte ignorance

Depuis Emmanuel Ambroise, le CEP (provisoire) cherche des hommes de caractère et intransigeant, encore beaucoup plus pour le CEP (permanent). Malheureusement, tous au moment d‘entrer en fonction n’ont jamais laissé entrevoir ce côté de sous-homme et d’apatride qu’ils pouvaient être aussi facilement apprivoisés par le Palais national, à coup de millions, pour inverser les résultats. Jovenel Moïse, qui ne s’impose aucune contrainte par discrétion, a déjà récompensé des anciens conseillers en leur permettant de s’enrichir aux dépends de la République. Quel lecteur serait intéressé à lire le journal L’Union, par les temps de la presse en ligne ?

La propagande menée autour des projets et certaines réalisations du pouvoir se font à la seconde sur les réseaux sociaux. À quoi sert le poste de directeur général d’un quotidien dont la chronique de l’échec est déjà annoncée. Pour l’autre bénéficiaire de largesse du pouvoir pour services rendus, elle est casée au poste de directrice générale dans un ministère n’existant que de nom. Ces maux sont trop prononcés pour ne pas les dénoncer.

Ils ont tous un cœur, mais nous nous permettons de nous demander s’ils ont une conscience pour accompagner ce cœur ? Pourquoi vouloir faire tout ce mal au pays quand le citoyen ordinaire n’attend que le minimum. Pour composer un CEP (permanent), si toutefois, l’idée réelle serait de doter le pays de toutes les institutions prévues par la Constitution, quoi de plus louable comme note positive accordée à une administration.

Oh ! Non ! Ils veulent imposer une entité électorale avec les mêmes noms qui ont déjà inspiré le dégoût. On dirait que le niveau intellectuel des citoyens de ce pays s’arrêterait au degré d’intelligence et de performance négative des Berlanger, Hercule, Antoine, Mengual, Joseph, Manigat, qui se félicitent uniquement d’avoir bien servi leur patron, leur bienfaiteur, quand nous nous bornons à croire qu’il s’agissait de la Constitution comme boussole et repère.

Avant de venir avec la formation d’un CEP (permanent) pour nous berner, le gouvernement devait imposer plusieurs tests de crédibilité et de savoir-faire sans parti pris. Tout d’abord, en commençant par le dernier scandale, où est la publication des résultats de l’enquête sur les kits scolaires détournés ? Autres questions : La clarification de la comptabilité totale de $1,50 collectés sur chaque transfert vers Haïti. Et pourquoi encore 22 millions de gourdes pour service d’intelligence. Existe-il en Haïti une loi cadre à cet effet. À quand la comparution du chef de l’État devant la justice haïtienne pour la continuité du dossier de blanchiment d’argent en vue de son acquittement ou de sa condamnation ?

Autant de questions dépendant des réponses données à voix basse qui détermineront la crédibilité du prochain CEP (permanent) que le pays attend, mais pas dans n’importe quelle condition qui nous pousserait davantage au fond du néant.

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