15 octobre 2026
COVID-19 : Le gouvernement de facto resserre dangereusement l’étau sur la presse haïtienne
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COVID-19 : Le gouvernement de facto resserre dangereusement l’étau sur la presse haïtienne

Par : Vitalème ACCÈUS

Mercredi 29 avril 2020 ((rezonodwes.com))– Au cours  de la matinée du 29 avril 2020 , la nouvelle de la bastonnade du journaliste de Radio Caraïbe FM, Georges E. Allen a fait l’effet d’une bombe dans la presse haïtienne.

La veille, le journaliste s’empressait de rentrer chez lui après son édition de nouvelle de 7 heures, mais, il a été stoppé par un barrage policier qui voulait faire respecter le couvre-feu imposé par le gouvernement de facto  dans le cadre de l’état d’urgence. En dépit du fait qu’ il se soit identifié et a brandi un laisser-passer délivré par les autorités, il a été sévèrement brutalisé par les agents de la PNH.

Pourtant, dans la législation haïtienne la liberté de la presse  est consacrée par l’ article 28.1 de la Constitution de 1987 amendée  le 9 mai 2011 : « Le journaliste exerce librement sa profession dans le cadre de la loi. Cet exercice ne peut être soumis à aucune autorisation, ni censure sauf en cas de guerre ».

Aujourd’hui, un gouvernement de facto et une police très décriée ces derniers jours décident de s’en  prendre aux journalistes. Ceci est sans doute l’un des pires moyens de lutter efficacement contre la propagation du virus.

Avec la pandémie qui  se propage dans  le pays, les associations de journalistes doivent dénoncer une multiplication des actes d’intimidation, d’agression et de censure visant les journalistes et médias de la zone métropolitaine de Port-au-Prince qui couvrent la crise sanitaire en cours. Ces dernières doivent demander aux autorités de ne pas se tromper de combat en garantissant la liberté de l’information, plus que jamais essentielle durant cette période.

Jusqu’à ce 29 mars, Haïti compte 76  cas et 6  décès des suites du coronavirus et l’étau se resserre dangereusement sur les journalistes du pays. Ces derniers  temps, il existe aussi des machinations plus discrètes pour museler la presse. Il s’agit notamment de trier sur le volet les médias qui ont accès à la communication officielle et d’écarter ainsi les plus critiques. Dans sa dernière conférence de presse, le Premier Ministre Jouthe Joseph a décidé de limiter l’accès à la salle de conférence à une poignée de médias, presque tous contrôlés ou proches du pouvoir.

Si les journalistes étaient isolés par un plan machiavélique élaboré de censurer des patrons des médias et si les médias étaient contraints de suivre les instructions des groupes de l’opposition, le public et les autorités locales se seraient sans doute intéressés à cette information provenant du gouvernement de facto et qui fait écho dès le début de l’épidémie en Haïti en mars dernier.

Les gouvernements du régime Tèt kale se montrent très forts dans la tactique du Salami. Dans le cas de la presse haïtienne aujourd’hui , la tactique qui  consiste à s’attaquer à la liberté de l’information peut avoir des conséquences particulièrement graves en ce moment.

Les autorités du gouvernement de facto et policières doivent savoir que si les journalistes et médias chinois avaient pu effectuer librement leur travail, des milliers de vies auraient sans doute pu être épargnées et l’épidémie ne serait peut-être pas devenue une pandémie à l’heure actuelle.

Vitalème ACCÈUS
acceus2009@gmail.com

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