14 octobre 2026
Capitaliser sur les succès des Haïtiens pour inspirer et stimuler !
Actualités Société

Capitaliser sur les succès des Haïtiens pour inspirer et stimuler !

« Le facteur essentiel du développement et du progrès n’est pas le capital, comme on l’a cru longtemps, mais le savoir des hommes, leur aptitude à créer des richesses ». Alfred Sauvy

Permettez que j’enfonce cette porte grande ouverte en rappelant que « le capital humain demeure un facteur clé pour la croissance inclusive et le développement durable des sociétés modernes». Haïti ne fait pas exception à cette formule éprouvée au cours de l’ère technologique de la concurrence huilée par un savoir et un savoir-faire de qualité. De nombreux pays exhibant des caractéristiques communes au décor social et économique semblables sur bien des aspects à celui d’Haïti, ont pris la résolution de transformer leurs pratiques pour casser rendez-vous avec la croissance équilibrée et des conditions de vies décentes. Le Rwanda, l’Afrique du Sud, l’Inde, l’Indonésie et récemment le Chili figurent parmi les exemples notoires de pays qui ont rattrapé le train de la création de la richesse pour dépeindre des tableaux miroitants au profit de leurs peuples. Au lieu de répliquer les initiatives de ces sociétés, Haïti se situe plutôt à l’antipode des « best practice » en crachant sur ses propres ressources humaines.

A l’origine des changements drastiques de ces nations cloitrées jadis dans le dénuement et le chaos, les expériences de succès individuels et collectifs des acteurs politiques crédibles, des intellectuels, des artistes, des hommes et des femmes de valeurs, ont inspiré en vue de servir de catalyseurs pour des projets soutenables. Tant sur le plan culturel, intellectuel et sportif, au terroir et à la diaspora, des succès époustouflants garnissent les galeries qui accueillent une série de sommités et personnalités haïtiennes honorifiques qui ont marqué les esprits par leurs œuvres et leurs réalisations inouïes.

Influencer positivement

Il y a nécessité de disséminer les parcours rayonnants en vue d’attirer le focus sur la culture de l’excellence.

Les histoires fascinantes racontées incessamment aux enfants feront pondre des œufs dans leur subconscient qui ne peineront à s’éclore aux plus prochaines opportunités. Le cerveau est un récepteur fidèle des œuvres explorées et des pensées reçues. Etant enfant, je me rappelle qu’après chaque vendredi 13 devant le petit écran, des cauchemars se soldant certaines fois en des sursauts de réveil au fond de la nuit, empoisonnant tout un sommeil, s’ensuivaient comme si Freddy ou Chocky allaient nous emmener dans des cimetières réels pour nous engloutir. Parallèlement, les « dix commandements » du Vendredi Saint, avec le libérateur Moïse, nous invitaient à la bravoure, le sens de l’obéissance à Dieu, du dépouillement, de la dignité et de la justice. Les séries romantiques nous emportaient et nous évadaient vers des illusions jouissives ; les longs métrages tragiques et dramatiques nous faisaient couler des larmes, de vraies pleurs, car les histoires imaginaires ou réelles qui nous étaient racontées via les petits écrans, dans les livres, par des amis ou la famille, ont été sauvegardées dans les fichiers de notre psychè, dans une pure sincérité.

À l’âge adulte, nous prenons, de toute évidence, certains reculs par rapport à nos lectures, aux films que nous regardons et aux récits qui nous sont racontés. Mais, toujours est-il que des dépôts sont effectués dans notre subconscient pour façonner nos actions et nos pensées dans un sens ou dans l’autre. Pareille observation est décrite par la théorie de la fenêtre brisée «Broken Window» enfantée en 1982 par les chercheurs Américains, James Q. Wilson et George L. Kelling, qui explique la fragilité des sociétés qui prêtent le flanc à des légèretés, des incivilités et des actes criminels. Une seule fenêtre brisée incite à la multiplication des fissures et des cassures du tissu social. Dans le sens inverse, les expériences remarquables, empreintes de courage et d’exquisité, aromatisent les milieux ambiants et activent les incitations à répliquer et propager les mêmes exercices pour conduire à des victoires et des triomphes.

Le retour incalculable du succès  

Un maillot porté par Messi ne vaut plus 100 dollars ; un ballon de basketball dans les mains de Jordan prend de la valeur et ferait l’objet de vente aux enchères. Un livre n’est plus qu’une question de lettres et de mots harmonieusement combinés, s’il a été feuilleté des mystérieux doigts de Dany Laferrière, Joseph Stiglitz ou Jhon Maxwell. Les raquettes tenues des mains bénies de Nahomie Osaka, Serena Williams, Nadal et Federer sont devenues des objets d’arts à conserver dans les musés sportifs mondiaux.

Voilà pourquoi le Nike, l’Adidas, les grandes marques du sport, de l’esthétique et de la cosmétique se battent toujours pour voir leurs produits accoler aux corps des célèbres artistes et des figures sportives emblématiques de grand acabit comme Messi, Christiano, Ranaldhinho, Neymar, Nahomie, Serena, Federer, Nadal, Jordan, Usain Bolt, Kobe Bryant, Stephen Curry, Lebron James, etc. Les nobles institutions internationales telles que l’Unicef, l’ONU et l’Unesco font également véhiculer leurs messages de paix, de justice et de culture d’excellence par le canal de ces modèles de courage, de discipline et de succès incontestables.

Je ne saurais relater de manière exhaustive les multiples exemples d’Haïtiens à succès époustouflant au Canada, en Europe, en Amérique Latine, aux Etats-Unis et au terroir. Je voudrais juste attirer l’attention sur un échantillon sélect de sommités internationales dont nous disposons et comment nous pouvons en profiter.

Dany Laferrière, extraordinaire figure littéraire mondiale, un immortel assis au deuxième fauteuil de l’Académie française, celui qu’occupaient Montesquieu et Alexandre Dumas Fils, aurait pu orienter des centaines de nos enfants et nos jeunes dans des pratiques littéraires et culturelles. Des myriades d’écrivains haïtiens auraient pu être éclos si Haïti savait que ce sont de telles personnalités que l’on nomme ambassadeurs de la jeunesse.  

Le Canada a reconnu en Samuel Pierre, un érudit dans le domaine scientifique. De nombreuses médailles d’honneurs ont été décernées à cette figure de l’Ecole Polytechnique de Montréal. Pourtant, à peine si les ingénieurs et aspirants ingénieurs haïtiens connaissent l’existence de cette icône de la science, notamment au Canada.

L’une des rares spécialistes dans les domaines de l’Oncologie et l’hématologie, Shella Saint-Fleur Lominy, professeure et chercheure à l’université de New-York, est une sommité dans le domaine médical au niveau international. En raison de la prévalence des forces des ténèbres qui se targuent d’exposer dans nos vitrines, les artistes Chawa-Pete et les imposteurs, comme les références du pays, de telles personnalités sont tout bonnement occultées.

Des millions de femmes pratiquent le tennis à travers le monde. A 22 ans seulement, Nahomie Osaka, l’une des nôtres, puisque ses gènes paternels sont de souche Jacmélienne. En outre, la championne témoigne un attachement viscéral avec la terre natale de son papa, Léonard François. Malheureusement, Haïti ne sait jusqu’à présent comment profiter d’un tel atout sur le plan sportif.

Longue est la liste des personnalités haïtiennes à succès fou, qui seraient prêtes à contribuer substantiellement au développement de notre pays. Si Haïti avait compris ce qu’une image valait dans l’arène de la compétitivité internationale, elle aurait fait de ses dignes fils et filles des ambassadeurs, des motivateurs, des conférenciers et des formateurs pour inspirer les enfants et les jeunes sur le chemin de l’effort et du succès.

Il s’avère nécessaire de monter un projet de connexion entre les centaines de personnalités remarquables du terroir et de la diaspora, pour constituer un bastion de plénipotentiaires en vue de vendre les images et défendre des projets d’envergures au profit du pays. Construction de stades, campus universitaires, bibliothèques, théâtre, cinéma, des stages sportifs, des échanges culturels et des bourses d’études sont autant de programmes que pourraient faciliter ces références internationales qui peuvent facilement avoir audience auprès des institutions internationales, des universités étrangères et des fondations philantropiques.

Le paradigme « Ouvè lespri » doit enfin supplanter celui de « Ouvè le kò ! » afin d’assurer le contrôle du sol, du sous-sol, de la mer et de cet espace riche et merveilleux de 27 750 km carrés.  Temps de cesser cette dérive ; Haïti doit emboiter le pas au Rwanda, aux tigres asiatiques et aux pays émergents qui ont su accorder une place princière au renforcement de leur capital humain afin d’emprunter des sentiers de croissance durable et florissant. Nous disposons des richesses, mais nous sommes assis dessus. Qu’il me soit loisible d’emprunter l’expression de Maurice Sixto : « An Nou Bay Bouda Nou De Tap ! ».

Carly Dollin

carlydollin@gmail.com  

1 Comment

  • Endijèn 28 avril 2020

    Devoir de Mémoire…

    Au cours des trois dernières décennies, « Ouvè kò » a le champ libre. C’est le monde à l’envers, « Ouvè lespri » prend du plaisir à rester en arrière, à faire la promotion des ratés de tous poils et des kokorats. Le temps passe très vite. En 1990, l’historien/économiste Gérard Pierre Charles faisait la promotion du “prêtre” Jean Bertrand Aristide. Un homme qui n’avait rien à voir avec la politique. Se la Vann nan komanse ouvè. En maintes fois, on avait vu JB Aristide à l’oeuvre, yanm yanm kaka chat! Il n’était pas capable et il avait d’autres priorités. C’est la raison pour laquelle, il jetait son dévolu sur l’ « agronome » René Préval, au lieu du professeur Victor Benoit.

    Les Claude Moise… et Cary Hector allaient s’offrir en spectacle à des travers des « commissions présidentielles » djòl bokyè. Je vous donne le bénéfice du doute, vous n’êtes pas dans l’attente des différents rapports. Après avoir été au service dun raté et faux démocrate, à quoi ça sert, “constitutions et luttes de pouvoir en Haiti.”

    Sans aucune honte, Daniel Supplice [1] avait pris les colonnes du Nouvelliste pour parler de sa relégation avec amertume. Et tenez-vous bien, il est encore disposé à servir! Peu importe à devenir le numéro I du Mhave. Sinécure.

    Issu de Lavalas, on peut toujours s’en passer de l’attitude de Jean Claude Desgranges en intégrant une commission présidentielle mort-née, mais par rapport à sa profession, Fritz Dorvilier devait réfléchir avant de plonger tête baissée Ce qu’il n’avait pas fait. Et vous connaissez la suite.

    Pour sortir du règne des ratés et des kokorats, votre génération doit s’engager aussi sur le terrain politique et de ne pas suivre l’exemple de Pierre Charles, Hector… et Péan. Attention, ce n’est pas avec une baguette magique vous allez entrer dans l’ère du « savoir et du savoir-faire. » Comme en 1990, dès le départ, les compatriotes avisés étaient contre le « pays lock » et l’avènement de Privert II. Il n’existe pas de génération spontanée, dit-on. 34 tran “Shithole” montre nou sa!

    [1] Daniel Supplice, le patriote frustré. https://lenouvelliste.com/article/199091/daniel-supplice-le-patriote-frustre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.